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Thursday, October 3, 2019

Cap Nord

Ma femme, mon fils et moi avons visité le Cap Nord (Nordkapp, en norvégien) le 23 juillet dernier. Comme souvent, c'est ma femme qui avait organisé notre voyage, dans le Nord de la Norvège, en l'occurrence, et je découvrais les endroits un peu au fur et à mesure, souvent quelques jours avant.

Nous y sommes allés ensemble, tous les trois, l'après-midi. Il faisait beau et chaud. L'endroit était noir de monde. Le parking était rempli de camping-cars, de voitures, de motos et de bus, déversant des flots de touristes en provenance d'un grand bateau de croisière ayant accosté à Honningsvåg, à plus d'une demi-heure de route de là.

Nous avons tout de suite compris que nous étions dans un endroit hyper-touristique, mais nous avons joué le jeu :  nous avons pris un verre et mangé quelque chose à la cafétéria, visité la boutique de souvenirs, la chapelle, la salle de cinéma, etc.

Dans la soirée, je me suis dit qu'il était bête de ne pas profiter de l'endroit. Après 23h, je suis reparti, seul, pour le Cap Nord, depuis le camping où nous logions, non loin de Honningsvåg.‎ Après une demi-heure de route, presque seul, dans un paysage quasi-désertique, je me suis retrouvé au même endroit que l'après-midi, mais dans une ambiance totalement différente. Il était bientôt minuit. Il y avait moins de monde, certes, mais j'étais loin d'être seul. La foule, pourtant, était moins agitée. On pouvait clairement deviner qu'elle attendait quelque chose. On touchait à un phénomène de communion (au sens sociologique du terme).

Le soleil de minuit, c'est beau. Cette nuit-là, nous n'avons pas complètement vu le soleil, qui se cachait derrière un banc de nuage, mais il était là, au-dessus de l'Océan Arctique. J'ai été ému. Malgré son côté touristique, j'ai été touché par le Cap Nord.

Revenons à ce côté touristique, d'ailleurs. Pourquoi les gens vont-ils au Cap Nord, finalement ? Parfois, les gens pensent qu'il s'agit du point le plus au Nord de l'Europe.

Mais qu'est-ce que l'Europe ? Selon sa définition contemporaine, l'Europe inclut une partie de la Russie. Si l'on inclut les îles, le point le plus au Nord de l'Europe est donc Cape Fligely, en Russie. Si l'on n'inclut pas les îles, le point le plus au Nord de l'Europe est alors Cape Nordkinn, qui se trouve... en Norvège, mais un peu plus au Sud que le Cap Nord. Car le Cap Nord se trouve en réalité sur une île ! Sur l'île de Magerøya, plus précisément, très proche de la Norvège continentale et reliée à cette dernière par un tunnel sous-marin (très impressionnant à traverser, d'ailleurs).

Le Cap Nord ne fait donc pas partie des points extrêmes de l'Europe.

Pire encore : le Cap Nord n'est pas le point le plus au Nord de l'île de Magerøya ! C'est en réalité le point le plus au Nord de l'île accessible via une route. Non loin du Cap Nord, la péninsule Knivskjellodden est accessible via un sentier pédestre de 9 km depuis la route. Le bout de cette péninsule arrive plus au Nord que le Cap Nord.

Le Cap Nord n'est toutefois pas une attraction touristique totalement artificielle. C'est un endroit visité depuis le 16e siècle, par exemple au début du 20e siècle par Rama V.

Enfin, malgré tous ses défauts, je ne peux m'empêcher d'avoir une certaine fascination pour cet endroit. C'est un bout de civilisation au milieu de nulle part. Depuis notre retour de Norvège, je me surprends régulièrement à aller regarder la webcam de l'endroit, pour voir le temps qu'il y fait, le nombre de personnes visitant encore l'endroit malgré les jours de plus en plus courts.

Saturday, February 18, 2017

Voyager : une source de créativité ?

En lisant The Subtle Art of Not Giving a F*ck, ces dernières semaines, une idée récurrente m'est revenue à l'esprit. J'aime voyager. Je suis loin d'avoir fait le tour du monde ou même d'avoir mis les pieds sur tous les continents, mais j'aime aller régulièrement dans des pays proches ou lointains. Or, dans son livre, Mark Manson parle de son tour du monde (55 pays) comme de quelque chose qui lui a beaucoup apporté, mais également, si j'ai bien compris, comme quelque chose de négatif. Le fait de visiter un pays de plus, lorsqu'on en a déjà visité quarante ou cinquante apporte moins. Il y avait donc un certain côté addictif, collectionneur à sa démarche. Pour lui, le fait de voyager était également un moyen d'échapper à quelque chose. A ses responsabilités. C'était un moyen pour lui d'éviter de s'engager. Dans des relations ou dans un travail.

Cette réflexion m'a fait me demander si le fait de faire plusieurs voyages par année n'est pas une mauvaise manière d'occuper mon temps et de dépenser mon argent. Est-ce que ces voyages que je fais m'apportent vraiment quelque chose ? N'est-ce pas une sorte de compulsion, qui consiste à vouloir visiter le plus de villes possible, le plus de pays possible ? Une sorte de compétition implicite avec mes collègues, avec mes contacts sur Facebook ? Quelque chose de malsain, autrement dit ?

Et puis, il y a cette découverte il y a quelques mois du concept d'altruisme efficace. Est-il vraiment éthique de dépenser mon argent pour aller à l'autre bout de la planète alors que je pourrais donner cet argent à des associations caritatives ? Ou est-ce plutôt un moyen de prendre d'abord soin de moi pour être plus à même de prendre ensuite soin des autres ?

D'un point de vue écologique (qui revient indirectement à un point de vue éthique), la question se pose aussi : un vol en avion a un impact environnemental loin d'être négligeable.

Il y a enfin la durée d'un voyage : quelques jours, quelques semaines, puis celui-ci prend fin. Il reste les photos, mais l'expérience elle-même est terminée. N'est-ce pas un mauvais investissement ?

Bref, toutes ces questions reviennent régulièrement dans mon esprit, ces dernières années.

D'un autre côté, et c'est quelque chose que je remarque chaque fois, voyager me fait un bien fou. J'ai l'impression de voir les choses différemment. Le voyage donne une perspective unique sur mon quotidien, mon travail, mes relations, mes habitudes, etc. Perspective qu'il me semble difficile, voire impossible d'avoir lorsque je ne suis pas en voyage. Parfois, j'ai même l'impression que ma créativité est exacerbée. Que j'ai plus facilement des idées en voyage qu'en temps normal.

Y a-t-il une explication à ce phénomène ?

Il y a quelques concepts provenant des réseaux de neurones artificiels qui me font penser que ce sentiment positif de renouveau provoqué par le dépaysement d'un voyage pourrait bien prendre sa source dans la manière primordiale, basique dont se comportent les neurones.

Je fais ici une petite parenthèse technique. Lorsque l'on couple le deep learning avec le Q-learning, comme l'a fait une équipe de DeepMind pour apprendre à un réseau de neurone à jouer à des jeux Atari, il est apparemment nécessaire, pour favoriser l'apprentissage, de "rejouer" des "souvenirs de jeu" dans un ordre aléatoire. Si je comprends bien, cela permet à l'algorithme de descente de gradient d'éviter plus facilement de rester bloqué dans des optimums locaux ou de tomber dans des problèmes de vanishing gradients. Autrement dit, le fait de présenter trop d'entrées similaires entre elles au réseau de neurones l'empêche d'apprendre efficacement.

Un réseau de neurones apprend donc mieux si on le soumet à des entrées qui ont tendance à faire changer son état un peu plus que d'habitude (gradients plus importants, etc.).

Encore autrement dit et je simplifie : soumettre son cerveau à des stimuli très différents de ce qu'il a l'habitude de percevoir l'aide à le sortir "d'impasses".

Voyager, voir autre chose que son quotidien, c'est donc un moyen de "réinitialiser" son cerveau pour qu'il soit plus réceptif à de nouvelles expériences.

Et en fait, il n'est même pas nécessaire de faire appel à l'intelligence artificielle pour comprendre que le fait de comparer son quotidien avec d'autres cultures, d'autres langues, d'autres personnes, d'autres paysages, d'autres climats, etc. permet de voir que des choses que l'on considérait comme normales jusque là ne le sont pas forcément. Et par conséquent de déclencher une réflexion, un processus créatif, etc. Et je dirais, intuitivement, que ce phénomène est d'autant plus grand que le voyage est exotique, déroutant.

Personnellement, j'aime bien arriver "brusquement" dans un pays totalement différent, pour que le choc, la "réinitialisation", soit plus efficace. De ce point de vue, l'avion, bien qu'écologiquement peu recommandable, est vraiment idéal.

Quant au problème de la durée limitée des voyages, l'idée que propose la vidéo "How to Travel in your Mind", quoique romantique, est peut-être une bonne piste : nous passons souvent beaucoup trop vite à autre chose, après un voyage, mais il est toujours possible d'y "retourner", en quelque sorte, simplement en utilisant notre imagination. Ou alors en regardant les photos que nous en ramenons. Pas besoin de tomber dans la nostalgie : l'idée est, j'imagine, simplement de se souvenir qu'à tout moment, il existe d'autres endroits, d'autres pays, d'autres cultures. Pour, à nouveau, prendre du recul par rapport à notre quotidien.

Au final, pour faire référence à un autre livre que j'ai lu récemment, Disparaître de soi, le voyage peut aussi être un moyen d'atteindre ce que David Le Breton appelle la blancheur, à savoir une démarche consistant à se perdre pour mieux se retrouver : "Pour continuer à se mêler aux mouvements du monde, il faut cesser un moment de s’y engager." Dans son livre, Le Breton décrit des démarches plus ou moins malsaines (dépression, jeux vidéos, binge drinking, disparition volontaire, jeux de non-oxygénation, etc), mais le concept peut aussi être bien plus heureux : "L’écriture, la lecture, la création de manière générale, la marche, le voyage, la méditation, etc. sont autant de refuges aux contours moins acérés que ceux que nous avons souvent arpentés au fil de ce livre. Ce sont des lieux où nul n’a plus de comptes à rendre, une suspension heureuse et joyeuse de soi, un détour qui ramène à soi après quelques heures ou quelques jours, ou davantage. Des moyens délibérés de retrouver sa vitalité, son intériorité, le goût de vivre."

Saturday, May 14, 2016

Three days in Copenhagen

You can find many similar (and better) guides on the web. This is my small contribution, mainly for reference purposes.

We had a very nice hotel, Absalon Hotel, close to the Central Station (a couple of minutes away on foot). This was probably not the most interesting and/or beautiful neighborhood, but it was definitely convenient.

In my opinion, you don't necessarily need the CityPass or the Copenhagen Card. As for us, we mainly walked. A lot. We also used an electric bike on the first day, for 2-3 hours. That was really fun (I highly recommend it). We also used the train, the metro and Uber (see below).

We managed to pay everything using our credit cards. No cash at all. That was somewhat unexpected. At some point, we wanted to take the bus, but they didn't accept credit cards inside the bus and there was no ticket machine at the bus stop. We ended up using Uber, which was not too expensive compared to the bus. Note for next time: use the smartphone app for train, metro, and bus tickets.

Day 1 (May 4)
Day 2 (May 5)
  • Train from Copenhagen Central Station to Helsingør (53 minutes)
  • Kronborg Castle (gorgeous castle in Helsingør; yes, the 1-hour trip is worth it) (photos)
  • Ogier the Dane / Holger Danske (in the castle; don't miss it, it's in the basement!)
  • Train from Helsingør to Humlebæk (11 minutes)
  • Lunch: at the museum (pretty good)
  • Louisiana Museum of Modern Art (if you like modern and contemporary art, this is an absolutely fantastic place!) (photos)
  • Train back from Humlebæk to Nørreport (36 minutes)
  • Round Tower / Rundetaarn (we didn't go inside; the view is probably far better from Vor Frelsers Kirke anyway)
  • Grabrodretorv (nice square for a drink before dinner)
  • Dinner: Sole D'Italia (very small restaurant on Grabrodretorv, good Italian food)
  • Tivoli Gardens (a bit too expensive, but I guess you have to see it ; if you're not particularly interested in the rides / attractions, go there during the evening)
Day 3 (May 6)
That's it. We loved Copenhagen and I'm pretty sure we'll visit it again in the future.

My photos (Flickr):

Sunday, April 28, 2013

Our trip to Mexico (2010)

Last year, someone asked me for more details about our trip to Mexico in 2010. Since we planned our trip ourselves (no travel agency) and in the spirit of Scott Adams' "Next Big Thing" blog post, here are a few brief notes about the trip (initially sent to the aforementioned person by email).
We mainly traveled by bus (for short-to-medium distances) and by taxi (in cities), except where indicated above (i.e. two domestic flights, one rented car, and ferries to/from Isla Cozumel and Isla Mujeres), which was really convenient. We chose to rent a car in Mérida, because Uxmal and the other archaeological sites in that area are really quite far away in the jungle and there are many places to visit (and walking between the different sites is not really an option). I guess you can also go with package tours and visit most places by bus, but you will probably miss the minor sites, as always. Of course, they're less spectacular, so it might not be a problem, but I really liked Sayil, Labna, etc. I spent a long time walking really alone in the jungle (my wife was a bit sick and stayed in the car). That was a unique experience!

Buses: most of the bus companies have websites and you can even buy the tickets in advance and print them at home. Really convenient, but my credit card was blocked a couple of times (I bought the tickets from the US). The company we used the most is called ADO.

Planes: we almost missed a domestic flight, because it was canceled. We were told that we had to wait 5-10 hours for the next flight, but we were finally able to take the next flight (extra seats available), just a couple of hours later. That was a stressful experience. I guess the lesson here is that you should call the airline companies or check online the day before just to be sure your flight hasn't been canceled.

All the places we visited were fantastic. Really. Except maybe Villahermosa (which means "Beautiful Village", ironically). You can skip that one. Or at least, stay there as little as possible.

What else? Spanish. I don't speak Spanish, but my wife does. English is often useless. Some people don't even understand a word of it. I had an awkward experience in a pharmacy in Puebla, without my wife. I think it was the first time in my life I really had to speak with my hands!

Our photos: