Wednesday, April 25, 2018

LASIK + 13 : retour aux lunettes

Il y a presque trois ans, je racontais mon expérience suite à mon opération LASIK (opération des yeux). En résumé : j'en étais satisfait. Il y a peu, je me suis tout de même dit que ma vue avait peut-être un peu baissé. Je suis allé tester ma vue.

Résultat :
  • oeil droit : 0.00 (-1.50) 105°
  • oeil gauche : 0.00 (0.75) 65°
Un peu d'astigmatisme, donc. Ni myopie ni hypermétropie. Je vois bien sans lunettes. Passant presque toutes mes journées sur un écran, j'ai tout de même suivi le conseil de mon ophtalmologue et suis allé acheter des lunettes.

Ce sont les premières lunettes de vue que je porte depuis presque treize ans. L'adaptation a été longue. Au début, j'avais l'impression de voir les choses plus nettes, mais comme à travers... quelque chose. Mon champ visuel était réduit. C'est presque une banalité, mais, malgré le fait que je porte régulièrement des lunettes de soleil, il m'a fallu des semaines pour me rhabituer à porter des lunettes de vue.

Je ne les porte pas tout le temps. C'est l'avantage d'une correction aussi faible. Au travail, j'abandonne régulièrement mes lunettes sur mon bureau lorsque je quitte ma place, par exemple. C'est quelque chose que je ne faisais pas du tout avant.

En une dizaine d'années, les lunettes ont également beaucoup changé, esthétiquement. J'ai plus de plaisir à en porter maintenant, alors que j'avais clairement envie de m'en débarrasser lorsque j'ai décidé de me faire opérer.

Friday, April 13, 2018

La vie est trop courte, mais de combien exactement ?

La vie est courte. Je l'ai déjà écrit : c'est un peu une obsession, ces derniers temps. J'imagine qu'il faut que j'apprenne à prendre un certain recul par rapport à cela. En même temps, si la méditation m'a bien appris quelque chose, c'est à accepter ce qui est. Le fait est que je traverse une phase où je m'interroge sur la meilleure manière d'occuper mon temps, de plusieurs points de vue : activités culturelles (livres, films, séries, voyages, etc.), vie personnelle, vie professionnelle, etc. Plutôt que d'éviter ce questionnement, autant l'accepter et suivre le raisonnement jusqu'où il me mène.

Jusqu'à présent et comme je le mentionnais déjà dans l'article en lien plus haut, ma démarche rencontre pour l'instant une certaine incompréhension. A en croire certains, je réfléchis trop. Ou alors je réfléchis trop à des choses déprimantes. Pire : je serais peut-être même angoissé/obsédé par la mort. Pour d'autres, il semblerait que le fait que la vie est courte n'est pas une évidence. Serait-ce quelque chose dont on se rend compte plus facilement à partir d'un certain âge ? En tout cas, ça n'est pas vraiment un scoop : la plupart des gens préfèrent ne pas penser à leur mort, donc au fait que leur vie s'arrêtera un jour. Alors, oui, ils préfèrent "vivre le moment présent", en tout cas lorsqu'on leur rappelle qu'eux aussi, ils mourront un jour. Mais n'est-ce pas une solution de facilité ?

En fait, il me semble qu'essayer de vivre le plus possible le moment présent et prendre en compte notre finitude ne sont pas des approches exclusives. Que l'on n'ait plus qu'un an à vivre ou que l'on en ait encore cent, cela ne change rien au fait que c'est de toute façon une bonne idée de profiter du moment présent, d'être attentif aux gens et aux choses autour de soi.

Par contre, n'avoir plus qu'un an à disposition ou en avoir encore cent, cela change tout de même pas mal de choses, dans la pratique.

Pour ma part, je vais avoir 40 ans cette année. Selon les chiffres que j'ai pu trouver, mon espérance de vie est de 82 ans. Il me resterait donc 42 ans à vivre, en moyenne. Tout en sachant que je peux mourir demain ou alors dans 80 ans, à l'âge de 120 ans. Impossible de le savoir.

Appliquons ces chiffres à quelques cas concrets qui me parlent. Les films, par exemple. Est-il possible de voir tous les films qui ont été réalisés ? Dans le cas contraire, combien de films puis-je encore espérer voir durant mon existence ? Y a-t-il une sorte de filtre que je puisse appliquer pour ne regarder que les films qui en valent la peine ?

En première approche, il peut être intéressant de se demander combien de films existent déjà. Un premier lien sur Quora me donne une réponse de 326 609 films. Un autre lien mentionne "presque 300 000" films.

A la question de savoir combien de temps il faudrait pour regarder tous les films existants, une personne part sur la base de 541 226 films d'une durée totale de 30 603 173 minutes, à savoir 58 ans. Si on s'en tient aux films de plus de 60 minutes, on se retrouve avec 233 590 films d'une durée totale de 23 108 401 minutes, donc de 44 ans.

Même en y consacrant tout mon temps, il semble bel et bien que ce soit mission impossible. Mais je ne passe pas tout mon temps libre à regarder des films : selon mes statistiques personnelles, je regarde une trentaine de films par année en moyenne. Disons trente, pour arrondir, ce qui, sur 42 ans restants, correspond à 1 260 films.

En arrondissant généreusement vers le haut, je peux donc espérer encore voir 1 500 films dans ma vie. Soit environ 0.3% à 0.5% de tous les films existants. Il me semble donc indispensable d'être exigeant dans mes choix. Ou tout du moins d'essayer de le faire.

Selon mes calculs basés sur les données d'IMDb, il faudrait donc que je m'en tienne à des films ayant une note supérieure ou égale à 8.1 si je ne considère que les films ayant 1 000 votes ou plus. Ma conclusion personnelle était la suivante : "It appears that it's probably a good idea to stay clear of feature films with a rating lower than 7 or 8, depending on the number of films."

Je suis bien conscient que les notes d'IMDb sont une approximation très imparfaite de mes goûts cinématographiques personnels ; je le vois en particulier avec les films de Scorsese (que j'ai vraiment énormément de peine à apprécier, mais dont les films ont généralement de bonnes notes sur IMDb) et ceux de Lynch (que j'adore, mais dont plusieurs films pourraient avoir de bien meilleures notes sur IMDb selon moi). A défaut de quelque chose de plus nuancé, IMDb permet en tout cas de séparer les films a priori excellents de ceux qui sont vraiment mauvais. Entre ces deux extrêmes, il est clair qu'il faut naviguer un peu subtilement, en prenant en compte les avis des spectateurs (IMDb, Rotten Tomatoes), ceux des critiques (Metacritic, Rotten Tomatoes), mes goûts personnels, etc.

Pour les livres, la problématique est la même. Une recherche rapide m'apprend que 129 864 880 livres auraient été publiés, au total. Du côté de mes statistiques, ce sont à peu près dix livres par an que je lis. Il me reste donc encore 420 livres à lire jusqu'à ma mort. En moyenne, toujours. Ça n'est pas beaucoup. Cela représente 0.0003% de tous les livres existants.

Pour la musique, il est un peu plus difficile de me faire une idée. Il y a quelques années, iTunes avait 26 millions de morceaux à disposition, pour un total de 1 300 000 heures. Selon Last.fm, j'écoute environ 4 500 morceaux par an. Je peux donc espérer écouter encore 176 400 morceaux de musique, soit 0.7% de tous les morceaux présents sur iTunes. En réalité, je me retrouve souvent à écouter la même musique, plutôt que de découvrir quelque chose que je ne connais pas ou peu. Cela est beaucoup plus vrai avec la musique qu'avec les films ou les livres.

Ces chiffres donnent une certaine perspective. Pour quelque chose de plus visuel, Tim Urban propose quelques représentations graphiques sur WaitButWhy et rappelle que le temps passé avec les gens que nous aimons est aussi limité. Paul Graham a aussi écrit un très bon article sur la courte durée de la vie.

Donc, oui, il y a une leçon a tirer de toutes ces considérations et c'est une leçon sérieuse, mais il faut aussi prendre tout cela avec une certaine légèreté. Faire des listes est quelque chose qui m'amuse. Faire des statistiques, également. Je ne pense pas qu'il faille trop s'attacher à une note IMDb minimale ou être systématiquement trop avare avec son temps, mais je pense aussi que c'est une erreur de ne pas penser du tout au temps qui nous reste, sous prétexte que cette réflexion est déprimante. La vie est faite pour être vécue et on peut le faire plus ou moins bien, selon les choix que nous faisons. Il faut donc donner un certain poids à ces choix, en tout cas la plupart du temps.

Sunday, April 1, 2018

Point Facebook

J'ai un rapport amour-haine avec Facebook. Rien à voir avec le récent scandale lié à Cambridge Analytica ou à la campagne #DeleteFacebook. Je m'étonne encore que les gens puissent s'étonner de la mauvaise utilisation que Facebook ou des acteurs tiers font de leurs données personnelles. Cela me semble vraiment naïf. Nous sommes prévenus, depuis des années. Il n'y a rien de véritablement nouveau sous le soleil.

Non, ce rapport ambigu dure depuis des années. J'ai fait une pause Facebook entre 2014 et 2016, avant de m'y remettre, sans grande conviction.

Si Facebook disparaissait, cela ne changerait pas grand-chose à ma vie ; mais le fait est que c'est là que beaucoup de gens partagent encore leurs photos, vidéos, états d'âme, coups de gueule et coups de coeur. Je trouverais donc dommage de quitter complètement Facebook. Cela me semble trop radical. J'y trouve encore, quoique rarement, des choses intéressantes. Certains groupes Facebook sont aussi très utiles et n'ont pas d'équivalents hors de ce réseau social.

Il y a trois mois, j'ai désinstallé l'application Facebook de mon smartphone et installé l'extension pour Chrome appelée StayFocusd, qui permet de limiter le temps passé sur Facebook ou d'autres sites que l'on peut configurer (Twitter, etc.). Je suis encore en train de chercher la configuration idéale : je suis passé successivement de 10 minutes à 2 minutes, puis à 5 minutes par jour.  L'extension, encore imparfaite, est relativement bien faite, avec une touche d'humour. Il n'est pour l'instant pas possible de régler le temps maximum par site, mais cela devrait venir prochainement (c'est la première fonctionnalité demandée par les utilisateurs). Ce temps est donc pour l'instant global (dans mon cas, j'ai donc droit à 5 minutes maximum par jour pour l'ensemble des sites configurés, pas seulement Facebook).

L'expérience est jusqu'à présent concluante. Je ne la prends pas trop au sérieux et suis prêt à changer d'avis à tout moment. C'est l'occasion de lancer la discussion autour de moi. J'ai ainsi convaincu quelques personnes d'essayer StayFocusd. Depuis trois mois, je suis surtout beaucoup plus conscient du temps que je passe sur Facebook. Je vais à l'essentiel. Et c'est très agréable.

Enfin, plus que jamais, je pense que des solutions de type RSS/Atom, où l'on contrôle ce que l'on "consomme", restent d'actualité. J'utilise Feedly depuis cinq ans et il est rare que je me dise que je perde mon temps lorsque j'y lis mes articles, webcomics et autres. C'est une solution vieille d'un point de vue technologique, mais étonnamment efficace.