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Saturday, April 4, 2020

De l'inutilité de l'armée suisse

J'ai l'impression que je vais enfoncer une porte ouverte pour bien des gens, mais peut-être pas pour une majorité des Suisses - quoique je serais intéressé d'avoir l'avis nuancé de la population suisse sur la question, mais je n'ai encore jamais vu d'initiative populaire ou de sondage posant la question autrement que de manière simpliste.

Ce matin, j'entendais une journaliste de la RTS dire à la radio que la situation actuelle mettait en évidence l'utilité de l'armée suisse. Si je me faisais l'avocat du diable, je pourrais comprendre ce point de vue et même le défendre, jusqu'à un certain point.

Mais je n'ai pas envie de me faire l'avocat du diable ; j'ai juste envie de pointer du doigt l'absurdité de la situation. Un peu d'étymologie, d'abord : dans le mot "armée", on trouve le mot "arme". Une arme, c'est un "instrument qui sert à attaquer ou à se défendre". Or, dans la situation actuelle, nous avons besoin d'une organisation qui protège la population, qui l'aide dans un contexte qui n'est pas une attaque armée.

Protéger la population : n'aurions-nous pas déjà une organisation dont c'est censé être le rôle ? Réponse : oui, bien entendu, c'est la protection civile suisse. "Dans la protection civile, on distingue les engagements en cas de catastrophe ou de situation d’urgence, les travaux de remise en état et les interventions en faveur de la collectivité." Il me semble que la définition colle parfaitement à la situation du moment (pandémie).

Alors prenons l'armée actuelle, débarrassons-la de tous les jouets onéreux que sont les chars, les fusils d'assault et, finalement, tout ce qui n'a de sens qu'en cas de guerre, et renommons-la "protection civile". Ou supprimons l'armée et donnons plus, beaucoup plus de budget à la protection civile actuelle. Donnons-lui des moyens (y compris matériels) à la mesure de sa mission. Mais cessons de prétendre que l'armée suisse a encore un quelconque sens à notre époque.

J'ai travaillé dans les protections civiles valaisannes et vaudoises. Les deux sont probablement à l'image de la protection civile suisse dans sa globalité : beaucoup d'amateurisme, pas assez de formation, beaucoup du temps perdu, certains gradés qui ont oublié que la guerre froide est terminée et qui se prennent beaucoup trop au sérieux. La Suisse mérite mieux que cela.

Attention : je ne dis pas que les soldats engagés à l'heure actuelle font un travail inutile. Au contraire, je pense qu'ils font un travail trop utile pour le laisser dans les mains de l'armée, qui a par ailleurs de la peine à leur garantir des conditions convenables.

Ça ressemble à un coup de gueule, mais c'est en fait surtout l'expression d'un rêve : celui d'un monde un peu moins bête et méchant, un peu plus humain, un peu plus rationnel, moins motivé par des craintes moyenâgeuse.

Mon prochain article sera un peu moins négatif, je le promets !

Wednesday, May 17, 2017

Confort et Bois / Centre Romand de la Literie / Idealit : notre mauvaise expérience

Résumé

Nous avons acheté un canapé pour notre nouvel appartement à Habitat-Jardin à Lausanne en 2014. Comme en témoignent les photos ci-dessous, le canapé livré n'est pas conforme à ce que nous avons vu à Habitat-Jardin. La manière un peu moins polie de dire les choses est qu'on nous a vendu de la camelote, très cher. Le magasin refuse de prendre ses responsabilités et de réparer correctement le canapé (le rembourrage a été changé deux fois, mais le résultat est toujours inacceptable).
Le canapé tel que nous l'avons vu à Habitat-Jardin (2015)
L'état de notre canapé après intervention de Confort et Bois / Centre Romand de la Literie (2016-2017)
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L'état de notre canapé après intervention de Confort et Bois / Centre Romand de la Literie (2016-2017)
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L'état de notre canapé après intervention de Confort et Bois / Centre Romand de la Literie (2016-2017)
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A plusieurs reprises, le vendeur nous a fait ce genre de recommandations, même après avoir vu les photos : "c'est un canapé qui est très moelleux dont [sic] il faut secouer les coussins comme un oreiller en plumes." Cette recommandation n'a aucun sens : le rembourrage est tout simplement complètement inadapté.

Nous n'avons plus la moindre nouvelle du vendeur depuis le 29 mars 2017, malgré plusieurs tentatives de contact par mail et par SMS.

Historique détaillé

Voici un historique détaillé de notre mésaventure :
  • 14 mars 2014 : achat du canapé à Habitat-Jardin à Lausanne, sur le stand du magasin Déco Maison ; nous payons un acompte (20% du prix total).
  • 7 juin 2014 : nous allons dans le magasin Déco Maison à Etoy pour choisir les tissus de notre canapé (et des coussins).
  • 6 octobre 2014 : date de livraison prévue du canapé ; à cause d'une entreprise générale et d'un architecte incompétents, nous ne pouvons pas prendre possession de notre appartement avant de nombreux mois ; la livraison est donc remise à plus tard.
  • 22 novembre 2014 : fermeture définitive du magasin Déco Maison ; notre canapé est stocké dans un garde-meuble ; ce stockage nous sera plus tard facturé.
  • 27 novembre 2014 : reprise de contact par téléphone avec Déco Maison ; j'apprends que le magasin a fermé ; je comprends mal ce que le vendeur m'explique (je pense en effet que le magasin a fait faillite !), mais suis rassuré par le fait que le vendeur me donne son numéro de téléphone mobile et me garantit que le canapé sera livré.
  • 16 février 2015 : nous avons enfin les clés de notre appartement ; le canapé est livré à notre appartement (non sans quelques dommages causés aux murs et aux plafonds dans la cage d'escalier, ainsi qu'à un mur de notre appartement) ; nous remarquons tout de suite que la méridienne du canapé est anormalement bombée.
  • Les mois suivants seront particulièrement durs pour nous à cause d'un conflit avec notre entreprise générale / architecte. Nous avons finalement peu de temps pour nous occuper des défauts de notre canapé (notre appartement n'étant pas terminé et plein de défauts).
  • 25 avril 2015 : je prends sérieusement le temps d'essayer de "débomber" la méridienne de notre canapé, en sortant le rembourrage, en le remettant dans le tissu, etc. Sans succès. Notre canapé a toujours un aspect très peu esthétique.
  • 27-29 mai 2015 : j'essaie plusieurs fois de rappeler le vendeur de Déco Maison que j'ai eu au téléphone en novembre 2014. Sans succès.
  • Le conflit avec notre entreprise générale / architecte empire. Nous avons très peu de temps pour penser à notre canapé.
  • 9 juillet 2015 : je tente à nouveau de téléphoner au vendeur de Déco Maison ; il me rappelle ; je suis rassuré, car il me propose de nous rappeler fin août (après les vacances) et m'assure que quelque chose serait fait pour réparer notre canapé.
  • 1er septembre 2015 : je téléphone au vendeur de Déco Maison ; il me demande de lui envoyer des photos du canapé par mail.
  • 3 septembre 2015 : je prends le temps de prendre plusieurs photos du canapé et les envoie par mail au vendeur de Déco Maison, qui travaille désormais pour le Centre Romand de la Literie à Morges.
  • 13 septembre 2015 : sans réponse, je relance le vendeur.
  • 15 septembre 2015 : 12 jours après mon premier mail, le vendeur me répond enfin ; il est en attente du fournisseur.
  • Les mois suivants (en octobre, décembre, janvier et février), je relance plusieurs fois le vendeur, qui m'explique parfois que mes mails arrivent dans ses spams.
  • 13 octobre 2015 : bonne nouvelle, le vendeur nous explique que le fournisseur accepte de remplacer le rembourrage défectueux de la méridienne.
  • 17 février 2016 : le nouveau rembourrage de la méridienne est enfin arrivé au magasin, plus de cinq mois après l'envoi par mail des photos de notre canapé défectueux.
  • 23 février 2016 : nous récupérons le nouveau rembourrage au Centre Romande de la Literie à Morges.
  • 27 février 2016 : je trouve enfin le temps de changer le rembourrage de la méridienne ; la situation est encore pire qu'avant ; le rembourrage est clairement trop épais ; je prends à nouveau des photos et les envoie au vendeur ; en attendant, je remets l'ancien rembourrage dans la méridienne.
  • 16 mai 2016 : plus de deux mois et demi après l'envoi des photos, sans nouvelle du vendeur, je lui écris un mail et lui accorde une dernière chance, en le menaçant d'écrire un article sur mon blog, etc. ; en réalité, je n'ai plus beaucoup d'espoir, mais je reçois une réponse a priori plutôt positive le lendemain (le vendeur propose de passer chez nous).
  • 19 mai 2016 : un spécialiste qu'on nous a recommandé vient examiner notre canapé et établit un devis pour une réparation ; c'est évidemment cher.
  • En mai et juin, des échanges plus ou moins infructueux ont lieu avec le vendeur (par mail et SMS). Comme d'habitude, le temps passe et rien ne se fait.
  • 21 juin 2016 : je passe une dizaine de minutes au téléphone avec le vendeur, qui semble coopératif et qui promet de chercher une solution.
  • En août, je relance plusieurs fois le vendeur, par mail et SMS, sans réponse.
  • 7 septembre 2016 : le vendeur nous contacte par mail ; l'assise de la méridienne va être renvoyée en Italie pour réparation.
  • En septembre, je relance plusieurs fois le vendeur, à nouveau par mail et par SMS. Comme d'habitude, je ne reçois aucune réponse.
  • 15 novembre 2016 : je relance le vendeur, qui me répond cette fois-ci que quelqu'un devrait venir chercher l'assise de la méridienne "début janvier" 2017.
  • 9 janvier 2017 : une société de transport (la même depuis le début) vient récupérer l'assise de la méridienne de notre canapé, ainsi que le rembourrage de remplacement. Nous passons plusieurs mois avec un canapé sans assise sur une bonne partie de sa surface.
  • 29 mars 2017 : la société de transport vient nous livrer une nouvelle (?) assise ; le rembourrage est toujours beaucoup trop épais ; le livreur lui-même trouve la situation complètement ridicule et téléphone directement au vendeur, lui demande de commander des assises complètement neuves, prend des photos et les envoie au vendeur.
  • Nous n'avons plus de nouvelles depuis, malgré quatre relances en mars, avril et mai.
  • 17 mai 2017 : je publie le présent article sur mon blog ; à 22h13, j'en informe le vendeur de Déco Maison / Centre Romand de la Literie par SMS ; littéralement deux minutes plus tard (un record absolu, bien entendu), à 22h15, celui-ci m'informe que "tous les coussins d'assises [sic]" sont "maintenant [...] en commande" ; je ne comprends pas à partir de cette réponse si les coussins d'assise ont été commandés fin mars, en avril, le 17 mai ou le lendemain, le 18 mai.
  • 29 septembre 2017 : comme il fallait y attendre, je n'ai plus jamais eu de nouvelles du vendeur de Déco Maison / Centre Romand de la Literie. Celui-ci ne répond pas à mes messages. Entre-temps, selon leur site web, "le centre Romand de la Literie a déménagé à Lausanne, sous l’enseigne Idealit Sàrl". Cette société est décidément difficile à suivre...
  • 18 décembre 2017 : une nouvelle commande est effectuée par notre contact.
  • 26 juin 2018 : tout le rembourrage de l'assise de notre canapé est remplacé ; le problème initial est toujours présent ; lors du changement du rembourrage, une partie du tissu du canapé a été endommagé.
  • 22 septembre 2018 : je relance notre contact, qui ne me répond pas, comme à son habitude. Trois ans et demi plus tard, la situation est encore pire qu'au début.
  • 18 mai 2019 : 11 mois plus tard (!), nous récupérons le tissu du canapé qui avait été endommagé par le livreur, avec un nouveau rembourrage, toujours aussi peu esthétique. Notre canapé a toujours l'apparence des photos ci-dessus. Le vendeur considère que "l'incident" est définitivement clos. Pour se faire pardonner, il nous offre deux oreillers, vendus 99 CHF dans leur magasin (et que l'on trouve pour 65 EUR sur des sites français). Nous n'en avons aucune utilité, mais j'imagine que je me dois de souligner ce geste, par souci de transparence.

Informations sur les sociétés

Le magasin auquel nous avons eu affaire en mars 2014 s'appelait Déco Maison. Ce magasin, situé à la rue de l’Industrie 12 à Etoy, a fermé ses portes le 22 novembre 2014. Voici l'état du site web du magasin lorsque nous avons commandé notre canapé : deco-maison.ch (via archive.org).

Le magasin Déco Maison appartenait à la société C.B. Confort et Bois Sàrl, qui est inscrite au registre du commerce du Valais depuis 2000.

Le gérant de cette société est également impliqué dans les sociétés suivantes :
Sept sociétés en tout, donc, dont six actives.

Les différents magasins Centre Romand de la Literie (Morges, Genève et Conthey) appartiennent à la société C.B. Confort et Bois Sàrl.

Conclusion

Nous avons l'impression que le vendeur auquel nous avons affaire depuis juillet 2015 a constamment cherché à gagner du temps et n'a jamais vraiment cherché à résoudre notre problème. A deux reprises, des pièces de rechange ont été commandées chez le fournisseur, mais ne sont clairement pas adaptées (aspect complètement difforme et mauvaise qualité). Le magasin refuse de prendre ses responsabilités et ne communique plus avec nous. Mise à jour (18 mai 2017) : suite à la publication de cet article, le vendeur a finalement répondu à mes SMS ; nous attendons, une fois de plus, une solution de sa part.

Morale de l'histoire :
  • évitez d'acheter quoi que ce soit dans un magasin dont vous ne connaissez pas la réputation ;
  • évitez de donner une somme d'argent importante à une société à responsabilité limitée (Sàrl), à moins d'en connaître la réputation (voir point précédent) ; l'expression "responsabilité limitée" prend parfois une dimension inattendue et, malheureusement, décevante ;
  • de manière générale, évitez d'acheter un meuble avant d'avoir un endroit où le faire livrer.
Mise à jour (29 septembre 2017). Mise à jour de l'historique. Le problème n'est toujours pas réglé.

Mise à jour (26 septembre 2018). Idem

Mise à jour (16 juin 2019). Idem

Sunday, February 1, 2015

Mémoire Vive (Lausanne) : incitation à des réparations inutiles ?

Il y a huit ans, je donnais un gros "bonnet d'âne" (façon Fédération Romande des Consommateurs) à un magasin d'informatique genevois. Aujourd'hui, j'aimerais en donner un petit à Mémoire Vive, un magasin d'informatique lausannois.

Le 14 janvier 2015, je suis allé déposer mon laptop chez eux, pour un devis, suite à un problème de Wi-Fi. Premier mauvais point : on m'annonce que le devis est payant (90 francs suisses). Ce qui m'étonne, ça n'est pas tellement que le devis n'est pas gratuit (je peux comprendre le principe), c'est qu'on ne me l'ait pas annoncé lorsque j'avais pris contact avec eux. Peut mieux faire au niveau de la communication, mais soit : j'aurais dû y penser.

Deuxième problème : il a fallu quinze jours à Mémoire Vive pour me communiquer un diagnostic et un devis, après plusieurs téléphones de ma part. Anecdote plus ou moins amusante : l'un des symptômes que je leur avais communiqué était que la connexion Wi-Fi de mon laptop s'interrompait complètement au-delà de cinq mètres de distance par rapport à un point d'accès. A un moment, on m'a téléphoné pour me dire que tout allait bien : la connexion Wi-Fi tenait systématiquement plus de "cinq minutes" selon leurs tests...

Troisième problème : Mémoire Vive s'est permis de tester mon disque dur (plutôt positif, a priori), m'a annoncé qu'il fallait le changer, car il arrivait bientôt en fin de vie, et m'a donné le prix du remplacement (pas donné). Après récupération de mon laptop, sans aucune réparation, il y a deux jours, j'ai testé mon disque dur avec plusieurs outils. Un SMART extended self test n'a mis en évidence absolument aucune erreur. J'ai donc demandé des détails à Mémoire Vive, qui m'a simplement répondu : "Nous avions un état smart failed." Pas très loquaces... Nouvelle demande de détails. On me répond que l'outil utilisé pour le test du disque dur est un outil "pro", pas disponible dans le commerce. 

Un outil plus efficace ? Ou un outil découvrant des problèmes qui n'existent pas et profitant financièrement aux réparateurs ?

En l'absence de plus d'informations, j'accorderai le bénéfice du doute à Mémoire Vive. L'erreur est humaine, somme toute. Mais combien de personnes acceptent-elles de changer/réparer des pièces qui fonctionnent encore très bien, sans poser plus de questions ?


Saturday, March 10, 2012

City Disc et le prix unique du livre

Il y a quelques jours, il a été annoncé que City Disc, la dernière chaîne de magasins de disques suisse, va bientôt disparaître. Orange Suisse, propriétaire de la chaîne, va apparemment transformer les enseignes actuelles en points de vente Orange traditionnels, dès le 1er avril 2012. "La fin d'une époque", commente 20 Minutes.

C'est vrai que j'en ai passé du temps, dans les magasins de disques ! Mon premier achat musical date de 1993. Selon mes notes personnelles, j'ai acheté chez City Disc des classiques tels que Kind of Blue de Miles Davis, My Song de Keith Jarrett, Heavy Weather de Weather Report ou Sign 'O' The Times de Prince. Selon ces mêmes notes, j'ai acheté mon dernier disque dans un magasin "physique" (un brick-and-mortar store, en anglais) en 2005, chez MediaMarkt, une chaîne de distribution allemande spécialisée dans l'électronique et l'électroménager.

Pourtant, depuis, je n'ai pas cessé d'acheter de la musique. Certes, ces dernières années, mes achats musicaux ne sont plus aussi nombreux qu'il y a quinze ans, mais cela est surtout dû au fait que ma collection musicale commence à "suffire". Parmi les enregistrements que je considère comme des classiques, certains ont probablement déjà été écoutés des dizaines, voire des centaines de fois. Outre ce phénomène, il y a aussi celui des achats sur Internet, dans des magasins tels qu'Amazon ou Fnac, mais aussi directement sur les sites officiels des labels (ECM Records, par exemple), ceux des musiciens ou encore sur des sites de ventes aux enchères (donc via des particuliers). Ce ne sont pas les alternatives qui manquent.

J'ouvre ici une parenthèse pour préciser que, oui, en 2012, j'achète encore des CD sur Internet. Des morceaux de plastique et de papier, envoyés physiquement par la poste. Les gens qui me connaissent verront peut-être là un paradoxe, car je préfère, autant que possible, une alternative complètement "dématérialisée", pour mes médias (musique, vidéos, livres, documents, etc.). L'explication est simple : je ne supporte pas l'idée d'acheter ma musique au format MP3. Pourtant, je ne me considère par comme un audiophile. Je serais bien incapable de faire la différence entre un MP3 bien encodé et un fichier lossless (au format FLAC, par exemple, que j'utilise pour stocker toute ma collection musicale). Le format MP3 souffre toutefois de certains défauts :
  • bien que certaines solutions à ce problème existent, il ne s'agit pas d'un format gapless ;
  • selon le débit et l'encodeur utilisés, il y a toujours un risque que le résultat soit réellement mauvais (et que mêmes mes oreilles peu entraînées puissent faire la différence avec une source non-compressée) ;
  • en cas de réencodage dans un autre format (Vorbis ou AAC, par exemple), des artefacts de transcodage, bien réels, à nouveau, peuvent apparaître.
Certains magasins en ligne vendent de la musique dans des formats lossless, sans DRM et avec les livrets au format PDF, comme par exemple HDtracks, mais le choix est encore malheureusement restreint. J'espère vraiment que le CD meure complètement ces prochaines années et que les alternatives fleurissent. Et je referme ici la parenthèse.

Il y a un peu moins de cinq ans, je m'exprimais, non sans une certaine nostalgie, sur la disparition des petites salles de cinéma de Lausanne. Aujourd'hui, c'est quasiment sans nostalgie que j'assiste à la fermeture des magasins de disque et ce sera aussi sans nostalgie que j'assisterai à la fermeture des librairies. Difficile, ici, de ne pas mentionner la votation populaire sur le prix unique du livre du 11 mars 2012 en Suisse. Je cite le troisième argument listé sur le site oui-au-livre.ch : "[Le prix unique du livre] contribue au maintien de librairies partout en Suisse. (...) Sans une réglementation appropriée, les lecteurs des plus petites villes et des régions périphériques risquent fort de ne plus bénéficier d’une offre variée et de conseils personnalisés." Cela aurait pu être vrai il y a quelques années à peine (pour l'offre variée, en tout cas), mais il me semble que c'est un argument qui, en 2012, manque particulièrement de perspective. Le livre électronique suit la musique en ligne avec à peine 5-10 ans de retard. Dans quelques années, les "liseuses" seront moins chères, offriront une meilleure qualité graphique, une surface de lecture plus grande, etc. Le livre électronique se démocratise à une vitesse impressionnante. Il est quasiment certain qu'il aura le même succès dans quelques années que la musique en ligne aujourd'hui.

Evidemment, le livre en papier a encore de beaux jours devant lui. La question n'est pas là. Il y aura toujours un marché pour les vieux livres et les éditions plus luxueuses (je pense, par exemple, à la Pléiade). Tout comme il y a toujours un marché aujourd'hui pour les vinyles, neufs ou de collection. D'un certain point de vue, en passant à des formats dématérialisés, on pourrait dire qu'il y a un appauvrissement du rituel de l'écoute et de la lecture. Bien qu'étant né quasiment en même temps que le disque compact, je suis familier avec le "rituel du vinyle" : sortir le disque de sa pochette, le déposer sur le tourne-disque, regarder le bras se déplacer au-dessus des sillons, se lever à la moitié d'un album pour changer de face, etc. De même, pour un livre, je comprends qu'on puisse apprécier le toucher du papier, son odeur, feuilleter les pages, etc. Ecouter un morceau de musique sur son iPhone ou lire un livre sur son Kindle n'a peut-être pas le même charme. Pourtant, je n'ai jamais autant écouté de musique et autant lu que maintenant. C'est pour moi un retour à l'essentiel. A la musique. Au texte. La disparition de l'objet physique peut être déroutante, mais rien n'empêche de trouver d'autres rituels, si vraiment le besoin est là. Pour moi, ça n'est pas le plus important. Tout comme la musique et le musicien sont plus importants que le magasin de disques, le texte et l'écrivain sont plus importants que la librairie. Ne nous trompons pas de combat.

Saturday, December 15, 2007

Hypocrisie de Noël

Ah... Noël ! Les décorations, les sapins, le Père Noël, les cadeaux, les repas de famille et... le foie gras ? En tant que végétarien, ça n'est pas la première chose que j'associerais à cette période de l'année, mais une dégustation de foie gras organisée récemment par mon employeur m'a rappelé que cette tradition était tenace. Evidemment, on pourrait dénoncer les aspects matérialistes de Noël, mais je préfère aujourd'hui rappeler une chose, comme l'a déjà fait la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA) : le gavage, nécessaire à la production du foie gras, est une pratique barbare qui entraîne des souffrances chez les animaux. C'est une pratique d'ailleurs interdite en Suisse et dans quatorze pays européens. La Suisse permet toutefois l'importation du foie gras. Tout comme celle des oeufs pondus par des poules élevées en batterie. C'est là que réside l'hypocrisie. J'ai cessé de rêver à un monde où l'on ne tuerait plus les animaux pour les manger, mais je pense qu'il n'est pas irréaliste d'élever les animaux destinés à la production de viande dans des conditions éthiques strictes, sans souffrances. A défaut d'avoir des lois qui garantissent ces conditions dans tous les cas, j'espère que les gens prendront de plus en plus conscience de ce qu'ils mangent. Merci donc à la SVPA pour sa campagne d'information !

Mise à jour (24 décembre 2007). Dans son numéro du 13 décembre 2007, l'Hebdo, revue suisse romande, racoleuse, mais qui fait des efforts (?), propose dans ses pages un court commentaire à propos de la campagne de la SVPA. Elle donne la parole à GastroVaud, l'antenne vaudoise de GastroSuisse, qui ne trouve évidemment rien de bien positif à en dire. Rappelons que GastroSuisse, championne de la mauvaise foi et des combats dépassés, défendait encore, il y a quelques années à peine, le droit de fumer dans les lieux publics.

Plus sérieuse et objective, l'émission A Bon Entendeur (ABE) de la TSR a proposé récemment un reportage sur le foie gras, en général, et le gavage, en particulier. Huit produits ont été testés, classés de "très mauvais" à "passable". Apparemment, il n'y a pas que les animaux qui sont perdants, sur ce coup-là : les consommateurs le sont aussi. Encore une raison pour boycotter ce produit décidément détestable qu'est le foie gras !

Enfin, si vous vous sentez d'humeur militante ou tout simplement pour en savoir plus, vous pouvez lire ce court texte consacré au foie gras sur le site de LausAnimaliste.org.

Wednesday, December 5, 2007

Moins de droits pour les consommateurs suisses

Les Suisses sont encore sur le point d'être pris pour des imbéciles, dans l'indifférence générale des médias. Et a fortiori de la population suisse. La modification de la loi fédérale sur le droit d'auteur et les droits voisins a en effet été acceptée par le parlement et le conseil national le 5 octobre dernier.

Sous couvert de protection du droit des auteurs, cette modification de la loi encourage purement et simplement ce que l'on appelle les dispositifs de protection anti-copie. Vous savez, ce qui fait que vous ne pouvez pas lire certains de vos CDs sur votre autoradio. Ou que les chansons achetées sur le magasin iTunes d'Apple ne peuvent être lues que sur un iPod et pas sur un autre baladeur numérique. Ce ne sont que deux exemples parmi les plus connus. En réalité, on prétend protéger les auteurs, mais on protège surtout les maisons de disques, qui n'en ont pas besoin (contrairement à ce qu'elles prétendent, elles se portent très bien). En résumé, ces dispositifs anti-copie ne marchent pas et ne font que rendre la vie des consommateurs plus difficile. Et la loi qui vient d'être acceptée rend le contournement de ces dispositifs tout simplement illégal.

Il faut réagir. Allez donc sur le site no-dmca.ch, téléchargez le formulaire et faites-le signer ! Un référendum est toujours possible ! Et, pendant que vous y êtes, parlez-en autour de vous, à vos amis, à votre famille, au travail, etc. Distribuez le formulaire de signatures dans votre immeuble. Informez vos amis sur Facebook (un groupe concernant cette loi existe).

Voir aussi l'article de mon frère sur le même sujet.

Thursday, October 11, 2007

Le "piratage" de la musique est légal en Suisse

C'est en tout cas le message que donne, probablement malgré elle, la SUISA (Société suisse pour les droits des auteurs d’œuvres musicales) avec sa nouvelle taxe sur les baladeurs numériques introduite en Suisse le 1er septembre 2007. Finalement, pour un utilisateur qui n'écoute que de la musique "légale", c'est-à-dire de la musique gratuite ou pour laquelle il a déjà payé, que signifie cette taxe ? A mon avis, c'est une des questions principales que soulève la nouvelle redevance. Question à laquelle je n'ai toujours pas trouvé de réponse. Satisfaisante, du moins.

Le problème de ce genre de taxes, à la base, c'est qu'elles sont généralement forfaitaires. Pour la redevance radio et télévision, par exemple, peu importe que l'on regarde la télévision moins d'une heure par mois ou plus d'une heure par jour. Le prix est le même. Soit. Je peux comprendre ce genre de simplifications pratiques.

Je peux également comprendre que l'on fasse une supposition simplificatrice quant à l'utilisation présumée d'un support, à partir du moment où cela reste raisonnable. Par exemple, la taxe sur les cassettes vidéo (VHS) était, à l'époque, relativement acceptable. La redevance pour la télévision donnait droit à la visualisation, unique, d'un programme. La taxe payée à l'achat d'une cassette VHS donnait droit à la visualisation, répétée, cette fois, d'un programme. Ça se tenait plus ou moins. Si l'on ignore la problématique des chaînes de télévision étrangères et le fait qu'une cassette VHS pouvait également servir à l'enregistrement de vidéos personnelles.

Là où tout commence à se gâter sérieusement, c'est lorsque l'on cherche à appliquer de tels modèles dépassés à des supports aussi versatiles que les mémoires flash, disques durs et autres supports numériques. Bien entendu, mon "baladeur numérique" sert d'abord à écouter de la musique, mais il sert également à stocker mes photos, lorsque je suis en voyage, pour décharger la carte mémoire de mon appareil photo. Il me sert également comme disque dur portable, pour mes données personnelles. La limite entre "baladeur numérique" et ordinateur devient bien fine... Du coup, ça n'est plus du tout raisonnable : on ne parle plus de taxes de quelques dizaines de centimes, mais bien de taxes de plusieurs dizaines, voire centaines (très bientôt), de francs suisses. Pour l'utilisation supposée et de moins en moins vérifiée d'un support.

Reste la question initiale : pourquoi devrais-je payer pour écouter de la musique que j'ai déjà achetée ? Payer une taxe qui, soit dit en passant, n'ira vraisemblablement pas du tout dans la poche des musiciens que j'écoute. Lorsque je copie l'un de mes CD sur le disque dur de mon ordinateur, je ne paie pourtant rien. Quelle est la solution à ce paradoxe ? Introduire une taxe sur les disques durs d'ordinateur ? Ça n'est évidemment pas la solution que je propose, mais j'en connais qui y songent probablement depuis longtemps...

En fin de compte, j'ai peine à croire qu'en 2007, des gens comprennent encore aussi mal la problématique de la "musique numérique". À force de mesures contre-productives (protections contre la copie, prix élevés, taxes, poursuites judiciaires, etc.), on dirait que les maisons de disques et les sociétés censées assurer le droit des auteurs font tout pour assurer leur disparition à long terme.

Wednesday, July 4, 2007

"La fin programmée du cinéma Atlantic"

C'est ce que m'annonce aujourd'hui le Lausanne Cités retrouvé dans ma boîte aux lettres en rentrant du travail : l'Atlantic va fermer ses portes (encore ?) le 31 août 2007. "Le cinéma va mal" et tout ça.

Et c'est avec nostalgie que je pense à toutes les salles de cinémas qui ont fermé depuis que j'habite à Lausanne : ABC, Athénée, Bourg, Cine Qua Non, Eldorado, Lido, Palace, Richemont et Romandie. Neuf salles en dix ans. Bientôt dix. L'ABC devient le D! Club, l'Athénée devient une Migros, le Romandie devient le club de rock de Lausanne, etc. Bref, les choses changent...

Alors, au lieu de se lamenter, pourquoi ne pas aller un peu plus souvent dans les "petites" salles de cinéma de Lausanne ? A l'Atlantic (bien sûr). Au Bellevaux (oui, c'est un peu décentré, mais le détour en vaut la peine). Au Zinéma (oui, derrière les poubelles). Au City Club de Pully (pas tout à fait à Lausanne, mais pas loin).

Ou pourquoi ne pas rendre visite à la Petite Dame du Capitole ? Le Capitole est une salle impressionnante. Gigantesque. La plus grande et la plus ancienne de Lausanne. Et de loin. Plus de 800 places ! La dernière fois que j'y suis allé, la soeur d'un de mes amis n'en revenait pas. Cela fait plusieurs années qu'elle étudie à Lausanne, mais elle n'avait jamais mis les pieds dans cette salle. Nous étions quatre. Il y avait seulement deux autres personnes à part nous... Peut mieux faire.

Tuesday, October 31, 2006

Geotagging with map.search.ch

Flickr (the well-known photo sharing Web site) introduced geotagging on August 28, 2006, but I didn't get interested in that feature until a few weeks ago, mainly because I don't own a GPS (yet). However, using a GPS and a tool such as RoboGEO is not the only way to geotag your photos. With Flickr, you can simply drag and drop a photo to a map, and position it more or less precisely. The problem, for me at least, is that Flickr uses Yahoo! Maps (quite logical, since Yahoo! acquired Flickr in 2005), which is by far not the best mapping service for Switzerland (check out my Flickr map and you'll see why). Fortunately, somebody created a very handy bookmarklet which allows to geotag your photos on Flickr using Google Maps, which is already better for Switzerland than Yahoo! Maps. Even better yet is map.search.ch, certainly the most detailed mapping service for Switzerland.

As far as I know and contrary to Google Maps and Yahoo! Maps, map.search.ch does not offer an API to develop third-party applications. So how exactly do you geotag your photos using that service? The first step is to use the following URL:

http://map.search.ch/600000,200000

This will force map.search.ch to use Swiss coordinates (at least for its reference point, located in Bern). By default, you will be in "interactive mode", so simply use the mouse to navigate across Switzerland and to zoom in and out. When you have found the position you were looking for, simply switch to "static mode". You will get a URL like this:

http://map.search.ch/600000,200000?x=-123746&y=102334&z=1024

The Swiss coordinates of the point at the center of the image are given by:

Y = 600000 + (x * 1024 / z) / 1.25
X = 200000 - (y * 1024 / z) / 1.25

You can convert the Swiss coordinates above to WGS84 coordinates using, for example, the formulas given by swisstopo:

Y' = (Y - 600000) / 1000000
X' = (X - 200000) / 1000000

L' = 2.6779094
   + 4.728982 * Y'
   + 0.791484 * Y' * X'
   + 0.1306 * Y' * X'^2
   - 0.0436 * Y'^3
P' = 16.9023892
   + 3.238272 * X'
   - 0.270978 * Y'^2
   - 0.002528 * X'^2
   - 0.0447 * Y'^2 * X'
   - 0.0140 * X'^3

L = L' * 100 / 36
P = P' * 100 / 36


Then, simply add the following tags to your photo:

geotagged
geo:lon=xx.xxxxxx (value of L)
geo:lat=xx.xxxxxx (value of P)

Finally, use the Flickr Map GeoCoding Bookmarklet I mentioned above, for example, to geotag your photo using the coordinates given in the tags. And, voilà, your photo is geotagged!

To make the whole process easier, I'm currently using a simple utility that monitors the clipboard and automatically converts the map.search.ch URLs directly into Flickr tags. Of course, this is not a satisfying solution, but it's still better than nothing!