Wednesday, April 5, 2017

Premiers pas dans la domotique

Il y a quelques mois, en décembre, j'ai fait le pas : j'ai acheté quelques appareils Z-Wave et installé Domoticz sur mon serveur Linux. Cela faisait des années que j'y songeais. Une discussion avec un ami au printemps 2016 avait un peu relancé mon intérêt pour la chose. Et puis il y a eu ces lampes que nous avons installées derrière notre canapé, difficiles d'accès. J'ai tout de suite pensé à installer un interrupteur sans fil. S'est alors posée la question de savoir si j'allais acheter un système propriétaire, moins cher, juste pour les lampes, ou réfléchir à une solution plus globale (Z-WaveZigbee, etc.). J'ai vite opté pour la seconde option.

Après avoir (rapidement, je l'admets) comparé les solutions Z-Wave et Zigbee, j'ai finalement choisi Z-Wave, qui m'avait été recommandé par mon ami et me semblait plus prometteur.

Dans la pratique, j'ai installé un contrôleur Z-Wave USB sur mon serveur Linux (Z-Stick ZW090, génération 5, d'Aeon Labs), puis installé Domoticz, sous Ubuntu. Disons-le tout de suite : l'installation de la partie logicielle n'est pas très user-friendly. Je ne sais pas si j'ai manqué quelque chose, mais j'ai été obligé de compiler OpenZWave, puis Domoticz, à partir du code source. Il n'y a a priori ni releases ni packages. Si je me trompe, dans ce cas, la documentation est clairement lacunaire.

La détection du contrôleur Z-Wave dans Domoticz est relativement triviale. Par contre, l'installation des différents appareils Z-Wave (prises télécommandées, capteurs de température/humidité, etc.) est un peu confuse. Il faut débrancher le contrôleur Z-Wave (qui fonctionne également sur batterie), appuyer sur un bouton côté contrôleur, puis côté appareil Z-Wave. Je ne me souviens jamais quel code de clignotement de la LED sur le contrôleur signifie que la connexion entre le contrôleur et l'appareil a été faite avec succès. Ni s'il faut presser les boutons brièvement ou longuement, en même temps ou l'un après l'autre. Je dois chaque fois relire la documentation. L'ajout des appareils dans Domoticz est encore plus confus. La navigation est très peu claire. On se retrouve ensuite avec de très longues listes d'appareils et de fonctions, avec des identifiants peu parlants (en hexadécimal, mais pas toujours formatés de la même manière, etc.). Bref, ça n'est vraiment pas ergonomique. Si je trouve cela confus (je suis développeur), j'ose à peine imaginer le "grand public"...

L'autre contrôleur hardware que j'ai installé sert à commander les trois stores électriques que nous avons dans notre appartement et qui ne répondent malheureusement pas à la norme Z-Wave. Il s'agit cette fois d'un contrôleur RFXtrx433E (très moche et volumineux). Sa configuration a encore été plus pénible. Les utilitaires permettant d'ajouter les stores au contrôleur ne fonctionnent que sous Windows. Impossible de les faire fonctionner sous Linux avec Wine ou Mono (j'ai essayé - ça crashe...).

J'ai également acheté un bouton Fibaro, pour commander les lumières derrière notre canapé. Car il faut bien avouer qu'une application sur smartphone (j'utilise pour l'instant Pilot, une application gratuite sous iOS) est peu pratique pour allumer ou éteindre rapidement des lampes. Il faut mettre la main sur son smartphone, le déverrouiller, lancer l'application, repérer le bon appareil Z-Wave, etc.

Et là, déception : je n'ai pas beaucoup insisté, mais, apparemment, le bouton Fibaro ne peut pas encore être intégré dans Domoticz (ou du moins pas facilement). La prochaine version d'OpenZWave devrait résoudre le problème.

A noter encore : la première version de Domoticz que j'ai installée était assez instable, plantant régulièrement. Un crontab redémarrant automatiquement le service domoticz toutes les nuits avaient amélioré un peu les choses. Depuis une mise à jour récente, la situation semble s'être stabilisée.

Les choses sont donc encore un peu chaotiques, mais il y a de l'espoir. L'été passé, il a été annoncé que Z-Wave devrait devenir un peu plus ouvert : "Z-Wave (part of it, at least) becomes an open smart-home standard". De la documentation devrait être rendue publique (ou l'a déjà été ?), ce qui devrait grandement faciliter le travail des développeurs d'OpenZWave, qui devaient jusque alors passer beaucoup de temps à faire du reverse engineering.

Quelques autres problèmes encore : les appareils Z-Wave restent chers. Plus de 60 CHF (donc près de 60 EUR) pour une prise interruptible. En Suisse, qui dispose d'un système de prises particulier par rapport au reste de l'Europe, il n'y a d'ailleurs qu'un seul modèle de prise interruptible incluant la mise à terre et ce modèle reste très encombrant (peu esthétique, pas adapté aux prises multiples car dépassant sur les prises voisines, etc.).

A l'heure actuelle, j'utilise Domoticz pour commander deux lampes derrière notre canapé, pour monter et descendre automatiquement les stores en fonction du lever et du coucher du soleil, pour allumer et éteindre automatiquement la fontaine à eau du chat, ainsi que pour monitorer la température, l'humidité et la luminosité de trois endroits dans notre appartement.

La prochaine étape est d'intégrer le bouton Fibaro.

Les scénarios plus complexes (détection d'intrusion, etc.) attendront encore quelques temps.

Tuesday, March 7, 2017

I've heard it all

En écoutant une interview d'Eric Leeds (saxophoniste de Prince en 1984-89, ainsi qu'en 1994-96 et 2002-03), j'ai été surpris de l'entendre déclarer qu'il n'avait "plus d'intérêt pour la musique" :
"I've got to to be absolutely honest with you. I no longer have interest in music. I mean, as far as the music that I love, which was basically R&B and jazz. I still listen to some young jazz artists, but I don't seek out new music any longer. Which doesn't mean that if I stumble upon something that I wouldn't enjoy it. It's just that, for me, I've heard it all."
C'est une manière de parler, je suppose. Il faut comprendre par là qu'à 65 ans, il ne cherche plus activement à découvrir de nouveaux musiciens et qu'il juge avoir suffisamment exploré l'univers de la musique. J'imagine qu'il a néanmoins toujours du plaisir à jouer, ainsi qu'à écouter les musiciens et albums qu'il connaît et apprécie.

Je dois avouer que j'ai une certaine sympathie pour cette manière de penser, même si je n'en suis pas encore au stade d'Eric.

D'abord, il y a l'effet de l'âge : la musique que nous écoutons durant notre adolescence laisse une trace particulière dans notre cerveau. Il s'agit là d'un biais cognitif qui fait que nous aimons beaucoup plus cette musique-là que celle que nous découvrons plus tard. Je soupçonne que ce phénomène est présent, de manière plus subtile, tout au long de notre vie. Cela réduit du coup fortement les potentiels "coups de coeur" musicaux à partir d'un certain âge.

Ensuite, il y a un phénomène purement physique, presque mathématique : l'espace des possibilités musicales est limité. C'est presque triste à dire, mais, connaissant Miles Davis, j'ai moins d'intérêt pour tous ces jeunes trompettistes qu'on rencontre dans les petits festivals, dans les clubs, etc., même s'ils sont bons, même s'ils sont enthousiastes. Beaucoup d'excellents musiciens ont déjà "ouvert la voie". Au bout d'un moment, il devient difficile d'innover, de trouver un nouveau vocabulaire musical, de nouvelles approches. A l'inverse, tant qu'on n'a pas rencontré un Keith Jarrett, il est plus facile de s'enthousiasmer pour un jeune pianiste doué.

Je sais que je parais forcément un peu blasé, mais je ne dis pas qu'il n'y a de la place que pour un seul guitariste, un seul saxophoniste, un seul groupe de rock, etc. sur cette planète. Je dis simplement qu'un John Coltrane rend la tâche d'un nouveau saxophoniste plus difficile. Il n'y a pas une place infinie dans le monde de la musique. Nos oreilles sont trop limitées pour cela. Ça n'est pas un problème de talent. Beaucoup de gens ont du talent. Mais, au bout d'un moment, le talent, face au génie de certains, ne suffit pas.

Le phénomène ne s'applique d'ailleurs pas qu'aux musiciens, mais aussi aux genres musicaux. On voit bien qu'on atteint parfois les limites, purement physiques, à nouveau, de l'exploration : après 4'33" de John Cage, la noise music (Merzbow, etc.), la black MIDI, etc., peut-on vraiment imaginer quelque chose de véritablement novateur ?

Enfin, il y a notre finitude. Oui, je veux parler de la mort. Ça n'est pas très réjouissant, mais notre temps est limité. Il peut d'ailleurs être utile de représenter chaque semaine de sa vie sous forme de tableau pour se convaincre, intuitivement, au niveau des tripes, que la vie est courte, très courte, et que, par conséquent, notre temps est précieux, trop précieux pour le perdre avec de la mauvaise musique, des mauvais films, des mauvais livres, des mauvaises relations, etc. Ou pas forcément mauvais, mais juste moyens.

Dans cet esprit, et après avoir vu "La La Land", j'ai eu envie de me replonger sérieusement dans le jazz. C'est une musique que j'aime et que je connais, mais pas assez, je l'ai réalisé. En 2017, je vais donc découvrir ou redécouvrir des classiques du jazz : les incontournables que je connais déjà, comme "Kind of Blue" de Miles Davis, "A Love Supreme" de John Coltrane, "Time Out" de Dave Brubeck ou "The Shape of Jazz to Come" d'Ornette Coleman, mais aussi les dizaines d'autres albums que je ne connais que de nom, mais que je n'ai jamais pris le temps d'écouter, et tous les autres, dont j'ignorais jusqu'à l'existence.

Car, contrairement à Eric Leeds, je n'ai pas encore tout entendu.

Saturday, February 18, 2017

Voyager : une source de créativité ?

En lisant "The Subtle Art of Not Giving a F*ck", ces dernières semaines, une idée récurrente m'est revenue à l'esprit. J'aime voyager. Je suis loin d'avoir fait le tour du monde ou même d'avoir mis les pieds sur tous les continents, mais j'aime aller régulièrement dans des pays proches ou lointains. Or, dans son livre, Mark Manson parle de son tour du monde (55 pays) comme de quelque chose qui lui a beaucoup apporté, mais également, si j'ai bien compris, comme quelque chose de négatif. Le fait de visiter un pays de plus, lorsqu'on en a déjà visité quarante ou cinquante apporte moins. Il y avait donc un certain côté addictif, collectionneur à sa démarche. Pour lui, le fait de voyager était également un moyen d'échapper à quelque chose. A ses responsabilités. C'était un moyen pour lui d'éviter de s'engager. Dans des relations ou dans un travail.

Cette réflexion m'a fait me demander si le fait de faire plusieurs voyages par année n'est pas une mauvaise manière d'occuper mon temps et de dépenser mon argent. Est-ce que ces voyages que je fais m'apportent vraiment quelque chose ? N'est-ce pas une sorte de compulsion, qui consiste à vouloir visiter le plus de villes possible, le plus de pays possible ? Une sorte de compétition implicite avec mes collègues, avec mes contacts sur Facebook ? Quelque chose de malsain, autrement dit ?

Et puis, il y a cette découverte il y a quelques mois du concept d'altruisme efficace. Est-il vraiment éthique de dépenser mon argent pour aller à l'autre bout de la planète alors que je pourrais donner cet argent à des associations caritatives ? Ou est-ce plutôt un moyen de prendre d'abord soin de moi pour être plus à même de prendre ensuite soin des autres ?

D'un point de vue écologique (qui revient indirectement à un point de vue éthique), la question se pose aussi : un vol en avion a un impact environnemental loin d'être négligeable.

Il y a enfin la durée d'un voyage : quelques jours, quelques semaines, puis celui-ci prend fin. Il reste les photos, mais l'expérience elle-même est terminée. N'est-ce pas un mauvais investissement ?

Bref, toutes ces questions reviennent régulièrement dans mon esprit, ces dernières années.

D'un autre côté, et c'est quelque chose que je remarque chaque fois, voyager me fait un bien fou. J'ai l'impression de voir les choses différemment. Le voyage donne une perspective unique sur mon quotidien, mon travail, mes relations, mes habitudes, etc. Perspective qu'il me semble difficile, voire impossible d'avoir lorsque je ne suis pas en voyage. Parfois, j'ai même l'impression que ma créativité est exacerbée. Que j'ai plus facilement des idées en voyage qu'en temps normal.

Y a-t-il une explication à ce phénomène ?

Il y a quelques concepts provenant des réseaux de neurones artificiels qui me font penser que ce sentiment positif de renouveau provoqué par le dépaysement d'un voyage pourrait bien prendre sa source dans la manière primordiale, basique dont se comportent les neurones.

Je fais ici une petite parenthèse technique. Lorsque l'on couple le deep learning avec le Q-learning, comme l'a fait une équipe de DeepMind pour apprendre à un réseau de neurone à jouer à des jeux Atari, il est apparemment nécessaire, pour favoriser l'apprentissage, de "rejouer" des "souvenirs de jeu" dans un ordre aléatoire. Si je comprends bien, cela permet à l'algorithme de descente de gradient d'éviter plus facilement de rester bloqué dans des optimums locaux ou de tomber dans des problèmes de vanishing gradients. Autrement dit, le fait de présenter trop d'entrées similaires entre elles au réseau de neurones l'empêche d'apprendre efficacement.

Un réseau de neurones apprend donc mieux si on le soumet à des entrées qui ont tendance à faire changer son état un peu plus que d'habitude (gradients plus importants, etc.).

Encore autrement dit et je simplifie : soumettre son cerveau à des stimuli très différents de ce qu'il a l'habitude de percevoir l'aide à le sortir "d'impasses".

Voyager, voir autre chose que son quotidien, c'est donc un moyen de "réinitialiser" son cerveau pour qu'il soit plus réceptif à de nouvelles expériences.

Et en fait, il n'est même pas nécessaire de faire appel à l'intelligence artificielle pour comprendre que le fait de comparer son quotidien avec d'autres cultures, d'autres langues, d'autres personnes, d'autres paysages, d'autres climats, etc. permet de voir que des choses que l'on considérait comme normales jusque là ne le sont pas forcément. Et par conséquent de déclencher une réflexion, un processus créatif, etc. Et je dirais, intuitivement, que ce phénomène est d'autant plus grand que le voyage est exotique, déroutant.

Personnellement, j'aime bien arriver "brusquement" dans un pays totalement différent, pour que le choc, la "réinitialisation", soit plus efficace. De ce point de vue, l'avion, bien qu'écologiquement peu recommandable, est vraiment idéal.

Quant au problème de la durée limitée des voyages, l'idée que propose la vidéo "How to Travel in your Mind", quoique romantique, est peut-être une bonne piste : nous passons souvent beaucoup trop vite à autre chose, après un voyage, mais il est toujours possible d'y "retourner", en quelque sorte, simplement en utilisant notre imagination. Ou alors en regardant les photos que nous en ramenons. Pas besoin de tomber dans la nostalgie : l'idée est, j'imagine, simplement de se souvenir qu'à tout moment, il existe d'autres endroits, d'autres pays, d'autres cultures. Pour, à nouveau, prendre du recul par rapport à notre quotidien.

Au final, pour faire référence à un autre livre que j'ai lu récemment, "Disparaître de soi", le voyage peut aussi être un moyen d'atteindre ce que David Le Breton appelle la blancheur, à savoir une démarche consistant à se perdre pour mieux se retrouver : "Pour continuer à se mêler aux mouvements du monde, il faut cesser un moment de s’y engager." Dans son livre, Le Breton décrit des démarches plus ou moins malsaines (dépression, jeux vidéos, binge drinking, disparition volontaire, jeux de non-oxygénation, etc), mais le concept peut aussi être bien plus heureux : "L’écriture, la lecture, la création de manière générale, la marche, le voyage, la méditation, etc. sont autant de refuges aux contours moins acérés que ceux que nous avons souvent arpentés au fil de ce livre. Ce sont des lieux où nul n’a plus de comptes à rendre, une suspension heureuse et joyeuse de soi, un détour qui ramène à soi après quelques heures ou quelques jours, ou davantage. Des moyens délibérés de retrouver sa vitalité, son intériorité, le goût de vivre."

Sunday, January 22, 2017

2016 en chiffres

Pour les années précédentes, voir ici : 20152014, 2013, 2012 et 2011.

En 2016, j'ai acheté 6 albums (+1)
Le dernier Kenny Garrett, "Do Your Dance!", dans la lignée de ses derniers albums, donc bon, mais sans véritable surprise. 
Le dernier Keith Jarrett, "A Multitude of Angels", un coffret de 4 CD, comprenant quatre concerts solo de la tournée italienne de 1996, les derniers suivant le schéma classique "première partie de 30-45 minutes, seconde partie de 30-45 minutes, puis un ou plusieurs rappels beaucoup plus courts". Un bon album, quelque part un peu historique. On sent ces dernières années que Keith Jarrett cherche à compléter sa discographie avec des enregistrements qu'il considère importants. C'est un processus conscient, dont il a parlé dans plusieurs de ses interviews. 
Pour la quatrième année consécutive, j'ai acheté le dernier volume de la "Bootleg Series" de Sony consacré à Miles Davis, "Miles Davis Quintet: Freedom Jazz Dance: The Bootleg Series, Vol. 5". Le premier volume a paru en 2011. Pour la première fois, il s'agit d'enregistrements studio et, en particulier, de bouts d'enregistrements non édités (session reels) où l'on peut entendre Miles donner des instructions à ses musiciens. Il s'agit donc d'un album archivistique plus qu'artistique. J'aime beaucoup le principe et espère que Sony sortira d'autres compilations similaires à l'avenir. 
J'ai également acheté deux albums de musiciens de jazz suisses découverts au festival JazzOnze+, Florian Favre et Rosset Meyer Geiger, ainsi que "TurnItUp" d'Ida Nielsen, la dernière bassiste de Prince. 
Je n'ai par contre pas acheté la compilation "4Ever" de Prince, contenant 39 classiques, mais aussi un inédit, "Moonbeam Levels", qui circule chez les fans depuis la fin des années '80 et qui, bizarrement, n'est disponible sur cette compilation qu'avec une qualité sonore similaire à ce qui circulait déjà... Prince a accumulé des centaines, voire des milliers d'inédits dans ses coffres, sans compter des milliers d'heures d'enregistrements de concerts, de répétitions et de soundchecks. Je n'ai donc pas envie d'encourager ce genre de compilations faciles. Prince mérite mieux que ça. On verra donc ce que l'avenir nous réserve (une édition spéciale de "Purple Rain" devrait être publiée en 2017).
En 2016, j'ai écrit 22 articles sur mon blog (+10)
C'est nettement plus que les années passées. Cela fait maintenant plus de 10 ans que j'ai commencé mon blog. J'essaie d'écrire plus régulièrement, plus spontanément. Ce dernier point me tient à coeur. J'accompagne d'ailleurs l'écriture sur mon blog par des sessions d'écriture spontanée, pour me "dérouiller", pour m'échauffer, en quelque sorte. Cette année, j'ai également ressenti un gros besoin de m'exprimer sur nos problèmes liés à notre appartement (quatre articles sur le sujet).
En 2016, j'ai atteint 22 des 22 buts annuels que je m'étais fixés
Comme l'année passée, il s'agissait de buts assez peu ambitieux, liés à la culture, la lecture, l'écriture, l'archivage, la programmation, la méditation, le sport, les dons/ventes d’objets, etc. C'est une manière de me forcer à faire certaines choses sur la durée, plutôt que selon des impulsions ou des envies de début d'année, qui ne durent jamais longtemps (on sait ce qui arrive aux fameuses bonnes résolutions...).
En 2016, j'ai vu 19 concerts (+6)
Dont un opéra ("Faust", à l'Opéra de Lausanne). J'ai vu beaucoup de concerts de qualité, dont ceux de Wayne Shorter, John McLaughlin, Bill Evans, Darryl Jones, Dennis Chambers & Dean Brown, Marcus Miller et Aziza (Dave Holland, Chris Potter, Lionel Loueke & Eric Harland). Depuis le décès de Prince, je me dis régulièrement que j'aimerais beaucoup revoir Keith Jarrett, que je n'ai pas vu depuis 2010. Je pense que je serais à nouveau prêt à voyager pour le voir. On ne sait jamais ce qui peut arriver... J'ai malheureusement manqué la fin de son superbe trio avec Gary Peacock et Jack DeJohnette en 2013/2014, trio que j'ai eu la chance de voir onze fois.
En 2016, j'ai suivi 1 cours sur Coursera (+0)
Il s'agissait d'un cours de programmation parallèle en Scala, dont j'attends la suite, qui devrait être disponible en 2017. J'avais aussi commencé le cours de deep learning de Google sur Udacity, mais ai laissé tomber, faute de temps. Cette année, je compte me former en autodidacte à Deeplearning4j, une librairie Java et Scala (avec un petit projet pratique qui me tient à coeur, si j'en ai le temps !).
En 2016, j'ai fait 110 sessions de crosstrainer (38 heures au total) (+39)
Nette amélioration depuis 2015 : j'ai mis à profit les horaires plus matinaux que les miens de ma femme. Depuis quelques mois, j'accompagne ces sessions d'une petite série de pompes. J'observe déjà des progrès, mais je ne me fais pas non plus trop d'illusions...
En 2016, j'ai reçu (resp. envoyé) 16658 (resp. 2906) emails (-2279/ -684)
C'est mieux qu'en 2014-15 (mon but étant de recevoir le moins de mails possible), mais je peux encore faire mieux. Il faut que je prenne l'habitude de me désinscrire des listes de distribution qui ne m'intéressent pas et que je favorise les envois hebdomadaires plutôt que quotidiens pour les listes/services qui m'intéressent.
En 2016, j'ai vu 6 expositions (+1)
A Copenhague, Berlin, Lausanne et Martigny. C'était la première fois que j'allais au Louisiana Museum of Modern Art à Humlebæk (près de Copenhague) et au Ny Carlsberg Glyptotek (à Copenhague même). Deux belles découvertes, dans des styles très différents.
En 2016, j'ai vu 31 films (-6)
Dont 19 au cinéma et un dans l'avion. J'ai revu les 3 films principaux de Prince à la Cinémathèque, pour des raisons émotionnelles bien plus que cinématographiques (quoique "Purple Rain" n'est pas trop mal, si l'on s'en tient aux scènes musicales). J'ai vu 3 films avec un orchestre ("Fantasia 2000" et deux courts films muets de Chaplin), 7 films du top 10 d'IMDb (j'avais déjà vu les 3 autres), ainsi que les 3 films restants des frères Coen que je n'avais pas encore vus. C'est suffisamment rare pour que je le mentionne : j'ai vu un bon film de science-fiction, à savoir "Arrival", qui a été bien accueilli par le public. Autre film que j'ai beaucoup aimé mais qui n'a pas forcément une note exceptionnelle sur IMDb : "Captain Fantastic".
En 2016, j'ai lu 12 livres (+1)
Dont une minorité de fiction (seulement 5 livres), contrairement à l'année passée. J'ai lu un classique de la science-fiction, "Childhood's End", un classique tout court, "Le Petit Prince", et j'ai relu "L'Insoutenable Légèreté de l'être", que j'ai (à nouveau) beaucoup aimé (j'ai découvert Kundera durant mon adolescence, je ne l'ai pas lu durant assez longtemps et me demandais si mon intérêt pour lui était toujours là...). J'ai lu 2 livres papier (un que l'on m'a prêté et un que l'auteur m'a donné) et tout le reste sur mon nouveau Kindle Voyage, que j'ai dû acheter pour remplacer mon ancien Kindle Keyboard de 2011, défectueux. Petite déception : je dirais que 4 de mes lectures se sont révélées mauvaises ou moyennes. Je vais essayer de faire mieux en 2017 (mon temps de lecture étant précieux).
En 2016, j'ai médité 210 fois (70 heures au total) (+68)
J'avais prévu d'essayer de méditer plus fréquemment (les jours de la semaine). C'est chose faite. J'ai tout de même eu plus de problèmes de motivation en seconde moitié d'année. Aurais-je atteint la limite de mon intérêt pour la méditation ? A suivre...
En 2016, j'ai écouté 3593 morceaux de musique (-1097)
A l'heure où j'écris ces lignes, la page "Your year in music" de Last.fm ne prend en compte que les données des 11 premiers mois de 2016, pour une raison que j'ignore. Selon cette page, j'ai écouté 139 artistes, dont, en tête de liste et ça n'est pas étonnant, Prince, Keith Jarrett et Miles Davis, mes idoles musicales. Suite à son décès, j'ai essayé de me familiariser un peu plus avec David Bowie, mais je dois admettre que sa musique me touche peu. J'adore "Life on Mars", que je trouve absolument brillant, mais, pour l'instant, ça s'arrête là (pour résumer). Pour combler le vide laissé par Prince, j'ai également essayé d'écouter d'autres artistes, qui ne m'ont pas non plus convaincu, comme St. Vincent ou Laura Mvula.
En 2016, j'ai vendu, donné ou recyclé 52 objets (-4)
Symboliquement un par semaine. J'inclus dans ce total des groupes de livres, de bandes dessinées et d'habits que je ne considère, un peu arbitrairement, que comme un objet unique, les ayant donnés ou vendus en une seule fois. J'ai l'impression que c'est un projet sans fin et que dans cinq ou dix ans, je me débarrasserai toujours régulièrement d'objets de toute sorte. Mais ça fait du bien.
En 2016, j'ai vu 6 pièces de théâtre (-4)
Nous sommes allés 4 fois au Pulloff et 2 fois à Vidy, à Lausanne. C'est la pièce "Dom Juan", mise en scène par Jean-François Sivadier, complètement folle, qui nous a le plus marqués. "Le Cinoche" d'Annie Baker m'a également beaucoup plu, avec une mise en scène plus classique, plus dépouillée, volontairement plus répétitive, mais des dialogues autour du cinéma (la salle et le septième art) qui m'ont vraiment touché, je ne sais pas dire exactement pourquoi. Le côté geek d'un des personnages, peut-être ?
En 2016, j'ai pris 7631 photos (-521)
Beaucoup de photos prises durant nos voyages, mais aussi pas mal de photos prises spontanément, au quotidien. Durant notre voyage en Namibie, nous avons eu l'occasion d'utiliser un appareil reflex avec un téléobjectif  Canon EF 100-400mm, que nous avions loué. Je n'ai pas l'habitude d'utiliser du matériel aussi bon. J'ai vraiment eu beaucoup de plaisir à l'utiliser (pour photographier les animaux, essentiellement). C'est clairement un cas de figure où un smartphone ne peut pas remplacer du matériel de meilleure qualité !
Sans vraiment le vouloir, j'ai désactivé l'option "Live Photos" de mon iPhone. Je pense qu'il s'est écoulé plusieurs mois avant que je le réalise. Cela en dit long sur l'utilité perçue de cette fonctionnalité... Du coup, je n'ai pas accumulé trop de fichiers MOV avec mes photos, comme je le "craignais" l'année passée.
En 2016, j'ai déposé 1 plainte pénale
Toujours pour nos problèmes d'appartement. Le vent semble avoir tourné. Le procureur prend jusqu'à présent au sérieux les plaignants, dont nous faisons partie. J'espère que 2017 nous apportera de bonnes nouvelles sur ce front.
En 2016, j'ai écouté 122 podcasts (+5)
C'est une activité à laquelle je m'étais mise sérieusement début 2015, lorsque j'ai dû passer des transports publics à la voiture pour me rendre au travail. J'écoute beaucoup le podcast de Sam Harris, ainsi que Very Bad Wizards, dont je suis en train d'écouter d'anciens épisodes. J'ai aussi beaucoup écouté le Peach & Black Podcast, qui est malheureusement beaucoup moins actif depuis le décès de Prince. J'ai également eu une période Tim Ferris, mais, si ses invités sont intéressants, j'ai toujours un peu de peine avec le personnage. Bref, j'ai tendance à tourner autour des quelques podcasts que j'apprécie le plus et cela se fait au détriment d'une certaine diversité.
En 2016, j'ai fait 3 randonnées (-3)
J'inclus dans ces trois randonnées une sortie en ski de randonnée, la première depuis très longtemps (plus de vingt ans ?). Très peu de randonnées, donc. C'est pourtant une activité que j'aime beaucoup (contact avec la nature, méditation en marche, etc.). J'essaierai de faire un effort dans ce domaine en 2017.
En 2016, j'ai eu 4 rhumes (+1)
Il semblerait que mon traitement au Dymista n'ait pas été très efficace... J'attends donc toujours le "traitement miracle". Il y a quelques années, le BTA798 m'avait redonné espoir. Cette année, c'est le SynGEM.
En 2016, j'ai commencé à regarder 2 séries télévisées (-3) et terminé 28 saisons (+15)
Nous avons dévoré Game of Thrones, dont nous avons regardé les saisons 2 à 6 en l'espace de quelques mois. Nous avons adoré la première saison de Westworld. Nous avons aussi terminé, avec pas mal de retard, Community et Moone Boy, dont il ne devrait pas y avoir de nouvelles saisons. Deux bonnes séries également, qui me manqueront. De mon côté, j'ai regardé pas mal de séries seul, en faisant mon sport du matin :  Silicon Valley (saison 3), Curb Your Enthusiasm (saisons 2 à 8), Rick and Morty (saisons 1 et 2) et Louie (saisons 1 à 5). De bonnes séries, mais je crois que c'est cette dernière, Louie, pour laquelle j'ai eu un coup de coeur : il s'agit d'une série drôle, touchante, poétique, parfois bouleversante.
En 2016, j'ai publié 746 tweets (-464)
C'est mon "pire score" depuis 2011, peut-être dû à une certaine fatigue des réseaux sociaux. Paradoxalement, je me suis remis à Facebook depuis août 2016, après deux ans de pause. Ces deux réseaux sociaux sont très frustrants, chacun à sa manière. L'une de mes résolutions pour 2017 est de les utiliser plus parcimonieusement (car je les juge malgré tout utiles). Je le fais déjà avec Twitter, en utilisant des listes, mais je compte suivre une approche similaire avec Facebook, plutôt que d'essayer, vainement, d'ajuster sans cesse des paramètres en espérant avoir un jour un fil d'actualité (news feed) qui me convienne. Je suis certain que le marchine learning sera un jour très utile pour filtrer les informations qui nous intéressent, mais les algorithmes actuels sont encore loin d'être au point.
En 2016, j'ai voté 4 fois
L'initiative qui m'a le plus intéressé est l'initiative "Pour un revenu de base inconditionnel". C'est un sujet qui me tient à coeur. On a parlé de la Suisse dans le monde entier. L'initiative a malheureusement été largement balayée (76.9% de non). Oui, c'était peut-être trop tôt, mais c'est dommage quand même. Disons que c'est l'occasion de voir le chemin qu'il reste à parcourir jusqu'à un système auquel, à mon avis, nous ne pourrons pas échapper.
En 2016, j'ai fait 3 voyages/séjours (+0)
A Copenhague, une ville que je ne connaissais pas et que j'ai beaucoup aimée, ainsi qu'en Namibie, un pays absolument magnifique, contrasté et dépaysant, que j'espère pouvoir à nouveau visiter un jour. En fin d'année, nous sommes également retournés à Berlin, pour Nouvel An. C'était mon dix-septième séjour à Berlin, le premier depuis trois ans. Une sorte de "pèlerinage", en quelque sorte.
Mes priorités pour 2017 sont de terminer notre appartement, dans lequel nous habitons depuis bientôt deux ans (énormément de travaux non achevés, de défauts à corriger, etc.) et de me concentrer à nouveau un peu plus sur ma santé et mon développement personnel. Je vais aussi mettre en pratique quelques idées liées à l'altruisme efficace (GiveWell), idées qui m'avaient vraiment fait beaucoup réfléchir il y a quelques mois. J'ai également l'intention de revoir quelques personnes que je n'ai pas vues depuis longtemps. Globalement, pas de changements radicaux, mais je suis plutôt satisfait avec la vie que je mène actuellement, même s'il est toujours possible de faire mieux.