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Sunday, May 14, 2017

Just asking questions

Quel est le point commun entre Charles Murray, auteur de The Bell Curve, et Scott Adams, auteur de Dilbert ? Involontairement ou non, ils ont provoqué, et provoquent encore, la controverse.

Je ne connaissais pas Charles Murray avant cette semaine. J'avais vaguement entendu parler de son livre, The Bell Curve, mais n'y avais jamais vraiment prêté attention. Puis j'ai eu l'occasion d'entendre son point de vue grâce au podcast de Sam Harris, dans un épisode intitulé Forbidden Knowledge. Conclusion personnelle : Charles Murray ne mérite certainement pas toutes les critiques qu'il a dû subir, mais je ne trouve pas convaincante son explication quant à la nécessité de présenter les différences de QI entre différents groupes de population (et, en particulier, entre les blancs et les noirs, qui est le point qui a provoqué le plus de réactions négatives). Il s'agit néanmoins de quelqu'un qui ne paraît pas raciste et qui semble agir par intérêt académique pour une question sensible, taboue. Un intérêt peut-être un peu naïf, mais pas mal intentionné.

Le cas de Scott Adams est également compliqué, mais pour d'autres raisons. Le strip Dilbert du jour semble mettre en doute les conséquences négatives du réchauffement climatique. Mais Dilbert est un webcomic. Adams est connu pour son humour, plus ou moins drôle. Faut-il prendre sa critique au pied de la lettre ? Ce qui est certain, c'est qu'Adams n'en est pas à son premier coup d'essai. Selon RationalWiki, il s'est déjà attaqué à la Shoah, à la théorie de l'évolution, au féminisme, etc.

J'appréciais Adams un peu plus il y a 5-10 ans qu'aujourd'hui. Son obsession récente (2015) pour Donald Trump a largement participé à me désintéresser de ses écrits. Il ressemble de plus en plus au cliché que certains cherchent à lui coller : celui d'un riche blanc qui, avec l'âge, adopte des positions politiques de plus en plus conservatrices. La conclusion de RationalWiki ("His blog, which is currently a fascinating study of a man going insane [...]") me semble toutefois simpliste et infantile. Je pense qu'au fond de lui, Adams est toujours motivé par un esprit certes enfantin, mais surtout provocateur, et parfois paresseux.

Je ne trouve plus sa démarche aussi intéressante qu'auparavant, mais, sur le fond, je pense qu'il est nécessaire de tout questionner : le féminisme, le végétarisme, le réchauffement climatique, les idées politiquement correctes et, oui - pourquoi pas ? - l'Holocauste (à ce sujet, je suis plutôt de l'avis que la négation de la Shoah ne devrait pas être illégale, mais tournée en ridicule comme il se doit). Pour en revenir à Scott Adams, je pense que sa démarche est surtout affaiblie par ce que je perçois comme de la paresse. Il appelle souvent ses lecteurs à avoir une approche nuancée par rapport à ce qu'il écrit, mais, en même temps, il ne semble pas toujours suffisamment se renseigner sur les questions qu'il pense légitimement poser. Le cas du nombre de morts causés par la Shoah est frappant, par exemple. C'est une question intéressante, mais, avant de la poser, il semble impératif de se renseigner un tout petit peu, vu la sensibilité du sujet (que nul ne peut prétendre ignorer).

RationalWiki propose un concept pour cette manière un peu naïve et irresponsable d'aborder certains sujets : just asking questions (ou, plus vulgairement, JAQ-ing off).

C'est un concept qui s'applique plus à Scott Adams, qui cherche consciemment à provoquer, qu'à Charles Murray, dont la démarche semble intellectuellement plus honnête.

Je n'ai pas d'avis définitif sur la question, mais je pense que les démarches de personnes comme Murray ou Adams sont utiles (ou l'ont été, tout du moins) et, au final, je suis reconnaissant qu'elles subissent la controverse à la place d'autres personnes et participent, peut-être, à faire avancer un peu le débat.

Tuesday, December 15, 2015

La sensibilité électromagnétique : phénomène réel ou pseudo-science ?

J'ai régulièrement l'occasion de rencontrer des gens défendant une position pseudo-scientifique ou l'autre. La plupart du temps, il s'agit d'homéopathie ou de médecine alternative, mais il m'arrive plus rarement de tomber sur quelqu'un donnant un certain crédit à l'astrologie, voire au dessein intelligent.

Il y a trois ans, je suis tombé pour la première et unique fois sur une personne prétendant être électro-hypersensible, c'est-à-dire souffrant de symptômes supposément causés par certains champs ou certaines ondes électromagnétiques, y compris de faible intensité (voir également l'article en anglais sur Wikipedia). C'était un sujet que je ne connaissais pas, mais ma position par défaut a été (peut-être un peu trop vite) celle du scepticisme, à savoir :
  • Il s'agit probablement d'un effet nocebo. Or, selon mon expérience, tout à fait anecdotique, il est très difficile d'admettre que l'on est victime d'un tel effet. Il est plus facile d'accuser une cause externe.
  • La crainte des ondes n'est pas un phénomène nouveau. Le four à micro-ondes, par exemple, traîne derrière lui une mauvaise réputation depuis des décennies. Cette crainte n'est finalement pas étonnante : en dehors du spectre visible, les ondes électromagnétiques ne sont visibles à l'oeil nu qu'indirectement. Elles ont donc un certain côté mystérieux. De plus, beaucoup de gens n'ont jamais suivi de cours de science/physique et c'est bien connu : on a tendance à craindre ce que l'on ne connaît pas.
  • Les ondes font partie des boucs émissaires modernes. Au même titre que les OGM, le gluten, les vaccins, etc. Faciles à pointer du doigt, ils permettent de ne pas mettre en question d'autres facteurs plus complexes ou subtiles.
  • Les gens aiment bien les théories du complot. Or, il y a évidemment beaucoup d'argent à se faire dans les domaines de la téléphonie mobile et des réseaux sans-fil. Les industries concernées auraient donc tout intérêt à dissimuler d'éventuels dangers causés par les ondes électromagnétiques de faible puissance.
  • Bref, en résumé, on a affaire à de la pseudo-science / mauvaise science, une fois de plus.
Je reconnais toutefois que les ondes électromagnétiques, contrairement à une solution homéopathique, par exemple, peuvent avoir des effets bien réels et donc être dangereuses :
  • Le rayonnement ultraviolet (UV) peut provoquer des coups de soleil.
  • Les rayons X peuvent causer des cancers ou des brûlures.
  • Si les micro-ondes sont surtout connues pour leur capacité à réchauffer la nourriture, on imagine aisément qu'elles peuvent, comme les UV ou les rayons X, entraîner des brûlures. Heureusement, les fours à micro-ondes permettent difficilement ce genre d'accidents.
Tout dépend donc de la puissance dont on parle et de la durée d'exposition.

Mais que disent les études et, surtout, les méta-analyses (si elles existent) ? Car, finalement, il suffirait d'un cas, un seul, d'hyper-sensibilité, bien documenté, pour régler la question une bonne fois pour toute.

Durant mes recherches, je suis rapidement tombé sur une méta-analyse connue et souvent citée, datant de 2005 : "Electromagnetic Hypersensitivity: A Systematic Review of Provocation Studies". Cette méta-analyse couvre 725 participants électro-hypersensibles et conclut :
"The symptoms described by “electromagnetic hypersensitivity” sufferers can be severe and are sometimes disabling. However, it has proved difficult to show under blind conditions that exposure to EMF can trigger these symptoms. This suggests that “electromagnetic hypersensitivity” is unrelated to the presence of EMF, although more research into this phenomenon is required."
Autrement dit, nous avons bien affaire à un effet nocebo, jusqu'à preuve du contraire.

Je suis également rapidement tombé sur le site francophone traitant de l'électro-hypersensibilité : robindestoits.org. Il s'agit d'un site un peu confus, présentant énormément d'informations et de liens, en particulier sur des études démontrant soi-disant les effets néfastes des ondes électromagnétiques de faible intensité. La forme est dérangeante : plutôt qu'un message résumé, clair, c'est un véritable "mur de texte" que le site propose à ses visiteurs.

Mais la forme n'est pas tout. J'ai tout de même retenu un élément intéressant de ce site, à l'époque, c'est la preuve scientifique de l'électro-hypersensibilité : "Electromagnetic hypersensitivity: evidence for a novel neurological syndrome". Il s'agit d'un papier scientifique de 2011, portant sur une personne prétendument électro-hypersensible. La méthode semblant sérieuse (double aveugle), j'ai fini par lire ce papier en entier. La conclusion est troublante :
"EMF hypersensitivity can occur as a bona fide environmentally inducible neurological syndrome."
Serait-on donc en présence de l'exemple unique, mais suffisant, tant recherché ?

Malheureusement, non : les conclusions de ce papier sont incorrectes. Analysés correctement, il se trouve que les résultats de cette étude ne sont pas statistiquement significatifs. Retour à la case départ et à l'hypothèse nulle : l'effet nocebo.

Malgré tout cela, en 2012, ma patience intacte, j'avais encore pris le temps d'écouter une enquête de la RTS datant de 2009 : "Ondes : vous êtes cernés !" (épisode 1 / épisode 2). Deux éléments m'avaient marqué : l'intervention d'un ingénieur de l'EPFZ (Peter Schlegel), ainsi que celle d'un professeur de l'EPFL (Juan Mosig).

Le premier semblait néanmoins peu critique, ne remettant pas en question l'interprétation de ses "clients" (certains électro-hypersensibles), pour lesquels il effectue des bilans à domicile avec des instruments de mesure.

Le second, quant à lui, mentionnait un test mené à l'EPFL sur un sujet, test montrant apparemment qu'un être humain peut détecter un champ électromagnétique, même de faible intensité. Je n'avais alors trouvé aucune publication concernant ce test, ni aucune précision concernant le protocole ou les éventuels symptômes. Lassé par ma recherche, j'en étais resté là...

En 2015, je me suis penché à nouveau sur la question, suite à la diffusion d'une série de cinq épisodes sur le sujet réalisés par l'émission Vacarme de la RTS : "Faut-il craindre les ondes électromagnétiques ?"

A nouveau, je suis assez déçu par la qualité de cette enquête. Au début de celle-ci, il est question d'une ligne à haute tension à Grône, en Valais, et du combat de certains habitants pour faire enterrer cette ligne (pas encore construite, à ma connaissance). On entend l'intervention d'une doctoresse, expliquant les dangers pour la santé d'une telle ligne. Mais, très rapidement, cette doctoresse se discrédite complètement en mentionnant qu'elle s'est spécialisée dans l'homéopathie. Ca ne vole pas haut...

Je peux néanmoins avoir de la sympathie pour ces habitants et me joindrais volontiers à leur combat. Les lignes à haute tension, c'est très moche et, lorsqu'on s'en approche, ça fait du bruit.

Plus tard, l'enquête s'intéresse à des adolescents dans une école qui s'est récemment débarrassée de tous ses réseaux wi-fi, mais les interviews sont pénibles à écouter. Ces jeunes font à peine la différence entre internet, la 3G et le wi-fi. A nouveau : rien de sérieux.

Enfin, et c'est plus intéressant, il est à nouveau question de Juan Mosig, le professeur de l'EPFL qui était déjà intervenu dans l'émission de 2009. Ce dernier rappelle ce fameux test qui a été réalisé à l'EPFL, supposé mettre en évidence l'existence d'une sensibilité aux champs électromagnétiques de faible intensité.

Cette fois-ci, j'ai voulu en avoir le coeur net et l'ai contacté pour avoir plus de précisions concernant ce test mystérieux. Je reproduis ici sa réponse sans la modifier :
"Je n'ai que des vagues souvenirs de cette expérience, qui avait été faite il y a bien longtemps dans notre laboratoire par un collègue maintenant retraité. Mais elle était tout à fait informelle (pas de double aveugle ou de contrôle scientifique significatif), elle n'était pas statistiquement significative (une seule personne, un essai pas répété) et elle n'a pas été documentée."
Je répète : "informelle", "pas de double aveugle", "pas de contrôle scientifique", "pas statistiquement significative", "pas documentée". Décidément, je ne sais pas pourquoi M. Mosig pense qu'il est nécessaire de revenir sans cesse sur ce "test" quand on l'interroge sur le sujet... Bref, retour, une fois encore, à l'hypothèse de l'effet nocebo.

En conclusion :
  • Jusqu'à aujourd'hui, personne n'a encore réussi à mettre en évidence un seul cas d'électro-hypersensibilité !
  • L'effet nocebo est toujours l'effet le plus probable.
  • Dans les cas les plus graves, n'a-t-on pas affaire à des personnes ne supportant plus l'environnement moderne (ordinateurs, villes, pollution sonore, déluge constant d'information, travails ingrats, répétitifs ou vides de sens, etc.) ? Ces personnes ne sont très probablement pas folles, mais je ne pense pas que traiter la piste de l'électro-hypersensibilité sérieusement va les aider. Au contraire : cette approche ne fait que retarder des solutions véritables à leurs problèmes.
  • Comme d'habitude avec ce genre de sujet, on rencontre beaucoup de confusion, beaucoup d'ignorance scientifique. Bref, au risque de me répéter, beaucoup de mauvaise science.
Mise à jour (14 septembre 2022). NutritionFacts.org a publié un excellent résumé des études menées sur le sujet ("EMF Sensitivity Put to the Test"). La conclusion est sans appel : à ce jour, il n'y a toujours pas la moindre preuve scientifique de l'existence de l'électro-sensibilité, malgré 46 études menées sur un total d'un millier de sujets.

Sunday, September 30, 2012

Nous ne sommes pas si intelligents

Je viens récemment de terminer la lecture de You are not so smart, de David McRaney. C'est un livre que je ne peux que recommander, tout comme je recommandais il y a quelques mois Bad Science, de Ben Goldacre.

L'idée principale de You are not so smart n'est pas nouvelle : nous nous berçons constamment d'illusions ; ou, pour être un plus précis, notre cerveau ne nous renvoie pas une image fidèle de la réalité. En quarante-huit chapitres, McRaney passe en revue autant de biais cognitifs, d'erreurs logiques et d'idées reçues, avec juste ce qu'il faut de légèreté pour ne jamais perdre son lecteur.

Ces raccourcis que se permet de prendre notre cerveau permettent d'expliquer certaines des erreurs de jugement que nous décelons chez les autres personnes, mais il ne faut jamais oublier qu'ils déforment également nos propres raisonnements. Un bon sceptique est un sceptique qui met tout en doute, y compris son propre schéma de pensée. Et c'est en ayant une vue d'ensemble de toutes les manières dont on peut se tromper qu'on peut... moins se tromper ! Car la prise de conscience que nous percevons très souvent la réalité de manière fortement filtrée, altérée, ne doit pas entraîner une forme de frilosité intellectuelle. Au contraire, chaque chapitre de "You are not so smart", bien compris, peut devenir un outil pour mieux comprendre le monde qui nous entoure ou mieux argumenter dans un débat, ce qui est très précieux.

Une partie des chapitres sont disponibles gratuitement sur le blog de McRaney.

Voir également mes notes en anglais (résumé de chaque chapitre, liens sur Wikipedia, etc.).

You are not so smart

I've just finished reading You are not so smart, by David McRaney. Like Bad Science, by Ben Goldacre, it is a must read. Basically, the point of the book is that we're all self-deluded. It lists and explains forty-eight misconceptions (cognitive biases, psychological phenomena, etc.) or, to put it another way, "lies we tell ourselves everyday".

What follows is a summary of the book, including the introduction to each chapter ("misconception" and "truth" parts - note that these are actual excerpts from the book, not something I wrote myself), links to Wikipedia and, if available, to youarenotsosmart.com.

1. Priming
THE MISCONCEPTION: You know when you are being influenced and how it is affecting your behavior.
THE TRUTH: You are unaware of the constant nudging you receive from ideas formed in your unconscious mind.

THE MISCONCEPTION: You know when you are lying to yourself.
THE TRUTH: You are often ignorant of your motivations and create fictional narratives to explain your decisions, emotions, and history without realizing it.

THE MISCONCEPTION: Your opinions are the result of years of rational, objective analysis.
THE TRUTH: Your opinions are the result of years of paying attention to information that confirmed what you believed, while ignoring information that challenged your preconceived notions.

THE MISCONCEPTION: After you learn something new, you remember how you were once ignorant or wrong.
THE TRUTH: You often look back on the things you’ve just learned and assume you knew them or believed them all along.

THE MISCONCEPTION: You take randomness into account when determining cause and effect.
THE TRUTH: You tend to ignore random chance when the results seem meaningful or when you want a random event to have a meaningful cause.

THE MISCONCEPTION: You procrastinate because you are lazy and can’t manage your time well.
THE TRUTH: Procrastination is fueled by weakness in the face of impulse and a failure to think about thinking.

THE MISCONCEPTION: Your fight-or-flight instincts kick in and you panic when disaster strikes.
THE TRUTH: You often become abnormally calm and pretend everything is normal in a crisis.

THE MISCONCEPTION: You know why you like the things you like and feel the way you feel.
THE TRUTH: The origin of certain emotional states is unavailable to you, and when pressed to explain them, you will just make something up.

THE MISCONCEPTION: With the advent of mass media, you understand how the world works based on statistics and facts culled from many examples.
THE TRUTH: You are far more likely to believe something is commonplace if you can find just one example of it, and you are far less likely to believe in something you’ve never seen or heard of before.

THE MISCONCEPTION: When someone is hurt, people rush to their aid.
THE TRUTH: The more people who witness a person in distress, the less likely it is that any one person will help.

THE MISCONCEPTION: You can predict how well you would perform in any situation.
THE TRUTH: You are generally pretty bad at estimating your competence and the difficulty of complex tasks.

12. Apophenia
THE MISCONCEPTION: Some coincidences are so miraculous, they must have meaning.
THE TRUTH: Coincidences are a routine part of life, even the seemingly miraculous ones. Any meaning applied to them comes from your mind.

THE MISCONCEPTION: You prefer the things you own over the things you don’t because you made rational choices when you bought them.
THE TRUTH: You prefer the things you own because you rationalize your past choices to protect your sense of self.

THE MISCONCEPTION: You are more concerned with the validity of information than the person delivering it.
THE TRUTH: The status and credentials of an individual greatly influence your perception of that individual’s message.

THE MISCONCEPTION: When you can’t explain something, you focus on what you can prove.
THE TRUTH: When you are unsure of something, you are more likely to accept strange explanations.

THE MISCONCEPTION: When you argue, you try to stick to the facts.
THE TRUTH: In any argument, anger will tempt you to reframe your opponent’s position.

THE MISCONCEPTION: If you can’t trust someone, you should ignore that person’s claims.
THE TRUTH: What someone says and why they say it should be judged separately.

THE MISCONCEPTION: People who are losing at the game of life must have done something to deserve it.
THE TRUTH: The beneficiaries of good fortune often do nothing to earn it, and bad people often get away with their actions without consequences.

THE MISCONCEPTION: We could create a system with no regulations where everyone would contribute to the good of society, everyone would benefit, and everyone would be happy.
THE TRUTH: Without some form of regulation, slackers and cheaters will crash economic systems because people don’t want to feel like suckers.

THE MISCONCEPTION: You choose to accept or refuse an offer based on logic.
THE TRUTH: When it comes to making a deal, you base your decision on your status.

THE MISCONCEPTION: You are skeptical of generalities.
THE TRUTH: You are prone to believing vague statements and predictions are true, especially if they are positive and address you personally.

THE MISCONCEPTION: You are too smart to join a cult.
THE TRUTH: Cults are populated by people just like you.

THE MISCONCEPTION: Problems are easier to solve when a group of people get together to discuss solutions.
THE TRUTH: The desire to reach consensus and avoid confrontation hinders progress.

THE MISCONCEPTION: Men who have sex with RealDolls are insane, and women who marry eighty-year-old billionaires are gold diggers.
THE TRUTH: The RealDoll and rich old sugar daddies are both supernormal releasers.

THE MISCONCEPTION: You calculate what is risky or rewarding and always choose to maximize gains while minimizing losses.
THE TRUTH: You depend on emotions to tell you if something is good or bad, greatly overestimate rewards, and tend to stick to your first impressions.

THE MISCONCEPTION: There is a Rolodex in your mind with the names and faces of everyone you’ve ever known.
THE TRUTH: You can maintain relationships and keep up with only around 150 people at once.

THE MISCONCEPTION: Both consumerism and capitalism are sustained by corporations and advertising.
THE TRUTH: Both consumerism and capitalism are driven by competition among consumers for status.

THE MISCONCEPTION: You evaluate yourself based on past successes and defeats.
THE TRUTH: You excuse your failures and see yourself as more successful, more intelligent, and more skilled than you are.

29. The Spotlight Effect (psychologytoday.com)
THE MISCONCEPTION: When you are around others, you feel as if everyone is noticing every aspect of your appearance and behavior.
THE TRUTH: People devote little attention to you unless prompted to.

THE MISCONCEPTION: You believe your opinions and decisions are based on experience and facts, while those who disagree with you are falling for the lies and propaganda of sources you don’t trust.
THE TRUTH: Everyone believes the people they disagree with are gullible, and everyone thinks they are far less susceptible to persuasion than they truly are.

THE MISCONCEPTION: Venting your anger is an effective way to reduce stress and prevent lashing out at friends and family.
THE TRUTH: Venting increases aggressive behavior over time.

THE MISCONCEPTION: Memories are played back like recordings.
THE TRUTH: Memories are constructed anew each time from whatever information is currently available, which makes them highly permeable to influences from the present.

THE MISCONCEPTION: You are a strong individual who doesn’t conform unless forced to.
THE TRUTH: It takes little more than an authority figure or social pressure to get you to obey, because conformity is a survival instinct.

THE MISCONCEPTION: If you stop engaging in a bad habit, the habit will gradually diminish until it disappears from your life.
THE TRUTH: Any time you quit something cold turkey, your brain will make a last-ditch effort to return you to your habit.

THE MISCONCEPTION: When you are joined by others in a task, you work harder and become more accomplished.
THE TRUTH: Once part of a group, you tend to put in less effort because you know your work will be pooled together with others’.

THE MISCONCEPTION: When your emotions run high, people can look at you and tell what you are thinking and feeling.
THE TRUTH: Your subjective experience is not observable, and you overestimate how much you telegraph your inner thoughts and emotions.

THE MISCONCEPTION: If you are in a bad situation, you will do whatever you can do to escape it.
THE TRUTH: If you feel like you aren’t in control of your destiny, you will give up and accept whatever situation you are in.

THE MISCONCEPTION: Your opinions of people and events are based on objective evaluation.
THE TRUTH: You translate your physical world into words, and then believe those words.

THE MISCONCEPTION: You rationally analyze all factors before making a choice or determining value.
THE TRUTH: Your first perception lingers in your mind, affecting later perceptions and decisions.

THE MISCONCEPTION: You see everything going on before your eyes, taking in all the information like a camera.
THE TRUTH: You are aware only of a small amount of the total information your eyes take in, and even less is processed by your conscious mind and remembered.

THE MISCONCEPTION: In all you do, you strive for success.
THE TRUTH: You often create conditions for failure ahead of time to protect your ego.

THE MISCONCEPTION: Predictions about your future are subject to forces beyond your control.
THE TRUTH: Just believing a future event will happen can cause it to happen if the event depends on human behavior.

THE MISCONCEPTION: You are one person, and your happiness is based on being content with your life.
THE TRUTH: You are multiple selves, and happiness is based on satisfying all of them.

44. Consistency Bias (spring.org.uk)
THE MISCONCEPTION: You know how your opinions have changed over time.
THE TRUTH: Unless you consciously keep tabs on your progress, you assume the way you feel now is the way you have always felt.

THE MISCONCEPTION: Knowing a person’s history makes it easier to determine what sort of person they are.
THE TRUTH: You jump to conclusions based on how representative a person seems to be of a preconceived character type. Your

THE MISCONCEPTION: Wine is a complicated elixir, full of subtle flavors only an expert can truly distinguish, and experienced tasters are impervious to deception.
THE TRUTH: Wine experts and consumers can be fooled by altering their expectations.

THE MISCONCEPTION: You know how much control you have over your surroundings.
THE TRUTH: You often believe you have control over outcomes that are either random or are too complex to predict.

THE MISCONCEPTION: Other people’s behavior is the reflection of their personality.
THE TRUTH: Other people’s behavior is more the result of the situation than their disposition.

Militer pour plus de raison

Il est difficile, face à certains évènements, tels que les manifestations violentes et les meurtres déclenchés par la diffusion de Innocence of Muslims, de ne pas se sentir complètement impuissant. Je suis conscient qu'il s'agit de la réaction d'une minorité extrémiste, manipulée, mais c'est l'occasion pour les religieux dits modérés, y compris dans les pays occidentaux, de remettre la question de la législation antiblasphème sur le tapis, en particulier, et de promouvoir une certaine limitation de la liberté d'expression, plus généralement. Extrémisme ou modération, une chose est certaine : ce n'est pas le monde dans lequel j'ai envie de voir mes enfants grandir.

Je suis convaincu que l'humanité progressera, ira vers plus de paix, plus de bonheur pour le plus grand nombre, en s'efforçant de faire appel à la raison, à la science, à l'art et à la philosophie, pas en tolérant les superstitions sous toutes leurs formes (religions y compris) et l'affaiblissement des libertés acquises péniblement au fil des siècles.

C'est ma position depuis maintenant des années. Cependant, cette prise de conscience, seule, ne me suffit pas. Comme Daniel Miessler ("Be as least worthy of a Wikipedia entry."), je n'ai pas l'intention de traverser ma vie en me contentant du minimum (naître, perpétuer l'espèce, mourir). Je suis bien déterminé à avoir une influence positive, n'importe laquelle, sur le monde dans lequel je vis. Ou, tout du moins, sur mon entourage, car il serait illusoire de penser que je puisse changer l'opinion de lointaines foules enragées.

De toute évidence, lorsque j'aurai des enfants, je m'efforcerai de cultiver leur curiosité. Je leur apprendrai que la science est le meilleur outil que nous avons à disposition pour comprendre la réalité qui nous entoure. J'essaierai de leur transmettre un goût pour l'art et la philosophie. Je leur transmettrai mes valeurs morales. Je ferai en sorte qu'à leur tour, ils aient envie d'avoir un impact positif sur leurs contemporains. Tout du moins, c'est ce que je compte faire. Naïvement, je le sais.

En attendant, j'essaie d'avoir une influence, aussi faible soit-elle, sur ma famille, mes amis et mes collègues, simplement en discutant, de vive voix, sur Twitter, Facebook ou mon blog. Si j'arrive à convaincre ne serait-ce qu'une seule personne de se passer de viande, que la religion est inutile, voire néfaste, ou que l'homéopathie n'est qu'un attrape-nigaud, par exemple, je considérerai ma mission comme accomplie. Jusqu'à présent, force est de constater que ce but apparemment peu ambitieux est pourtant difficile à atteindre.

Parfois, je crains tout de même de passer pour un "rabat-joie", pour une personne qui passe son temps à critiquer négativement les croyances des gens, qui met toujours tout en question. On me taxera peut-être d'immodestie, mais je pense que je peux aussi être un exemple positif pour les autres. En étant végétarien (depuis 1997), je suis la preuve vivante qu'il est possible de se passer complètement de chaire animale. Sans beaucoup d'efforts, soit dit en passant. En célébrant un "grand" mariage civil, en présence de nos familles et de nos amis, ma femme et moi avons montré qu'il était possible de faire une belle cérémonie de mariage, en faisant complètement abstraction de la religion, ce qui est encore loin d'être une évidence, en tout cas dans la région d'où nous sommes originaires.

Au final, j'aime penser que je pratique une sorte de "militantisme pacifique". Certes, j'ai encore bien des progrès à réaliser, en particulier lorsque je débats oralement de questions sensibles ou qui me tiennent à coeur (politique, religion, morale, etc.), mais j'ai la ferme intention de m'améliorer. Et de changer le monde, à ma manière, comme chacun de nous a le pouvoir de le faire : avec un peu plus de raison.

Mise à jour (3 octobre 2012). Une bonne nouvelle : "Diffamation des religions : échec de l’Egypte à l’ONU". Le sujet risque néanmoins de refaire son apparition en 2013.

Tuesday, April 10, 2012

Bad Science: some excerpts


About science, religion, and alternative medicine (I agree that alternative medicine is a form of "religion"):
"Just as the Big Bang theory is far more interesting than the creation story in Genesis, so the story that science can tell us about the natural world is far more interesting than any fable about magic pills concocted by an alternative therapist."
About the placebo effect (it's not a full definition, but it's an elegant way to put it):
"The placebo is not about the mechanics of a sugar pill, it is about the cultural meaning of an intervention, which includes, amongst other things, your expectations, and the expectations of the people tending to you and measuring you."
About publication bias (an example of Ben Goldacre's sense of humor):
"Not only has publication bias been demonstrated in many fields of medicine, but a paper has even found evidence of publication bias in studies of publication bias. Here is the funnel plot for that paper. This is what passes for humour in the world of evidence-based medicine."
About intuition (as a software engineer, I would say that intuitions are "heuristics" that are subject to cognitive biases):
"Intuitions are valuable for all kinds of things, especially in the social domain: deciding if your girlfriend is cheating on you, perhaps, or whether a business partner is trustworthy. But for mathematical issues, or assessing causal relationships, intuitions are often completely wrong, because they rely on shortcuts which have arisen as handy ways to solve complex cognitive problems rapidly, but at a cost of inaccuracies, misfires and oversensitivity."
About criticizing both "big pharma" and alternative medicine:
"Just because big pharma can behave badly, that does not mean that sugar pills work better than placebo, nor does it mean that MMR causes autism."

Monday, April 9, 2012

Bad Science : lutter contre la "mauvaise" science

Je viens de terminer la lecture de Bad Science de Ben Goldacre. Je ne peux que vivement recommander ce livre - dont il n'existe malheureusement pas de traduction française. Si le temps vous manque, vous pouvez regarder la présentation TED "Battling bad science", qui dure moins de quinze minutes.

En résumé, Ben Goldacre est un médecin britannique, passionné par son métier et par la science en général. Sa capacité de vulgarisation et son humour rendent la lecture de son livre passionnante. De nombreux sujets liés à la santé sont abordés : la détoxication, les produits de beauté, l'homéopathie, l'effet placebo, les nutritionistes, les compléments alimentaires, les antioxidants, la médecine fondée sur les faits (evidence-based medicine), les (bons et mauvais) essais cliniques, les biais cognitifs ("Pourquoi les gens intelligents ont des croyances stupides"), la statistique et bien d'autres encore. Le but de son livre est d'éduquer, mais aussi de dénoncer la manière dont la science est représentée, de manière erronée, dans les médias grand public. Goldacre ne mâche pas ses mots. Sa passion est évidente. Il n'hésite pas à attaquer vigoureusement quelques personnes en particulier (Gillian McKeith, Patrick Holford et Andrew Wakefield, entre autres). Evidemment, la médecine alternative en prend pour son grade, mais la médecine conventionnelle aussi. L'industrie pharmaceutique, notamment, n'échappe pas aux critiques de Goldacre, à qui on ne peut donc pas reprocher de ne pas balayer devant sa porte.

Un passage, dans le dernier chapitre, a tout particulièrement retenu mon attention (traduction approximative par mes soins) :
"(...) mais il y a aussi eu une accélération de la complexité [de la science], récemment. Il y a cinquante ans, vous pouviez expliquer le fonctionnement d'une radio AM sur le dos d'une serviette en papier, en utilisant uniquement des connaissances scientifiques scolaires, et vous pouviez construire un récepteur à cristal quasiment identique à la radio de votre voiture dans une salle de classe. Lorsque vos parents étaient jeunes, ils pouvaient réparer leur voiture et comprendre la science qui se cachait derrière la plupart des technologies qu'ils rencontraient dans la vie courante, mais ça n'est désormais plus le cas. De nos jours, même un geek aurait de la peine à expliquer comment son téléphone mobile fonctionne, parce que la technologie est devenue plus difficile à comprendre et, donc, à expliquer (...)"
Le message de Goldacre dépasse donc le domaine de la santé. C'est bien toute la science qui est devenue complexe et le besoin de la vulgariser se fait de plus en plus cruellement ressentir. En tant que scientifique, c'est un sujet qui me travaille depuis des années. Parce que de nombreux domaines m'intéressent et que je n'ai pas le temps de les étudier en détail, mais aussi parce que je pense, comme Goldacre, que la société en général pourrait profiter d'une meilleure compréhension de la science.

Je me joins donc à lui dans son appel au "réveil" de tous les scientifiques de ce monde : il est de notre devoir de vulgariser cette science que nous aimons, de l'expliquer aux gens autour de nous, de la rendre accessible, par quelque moyen que ce soit. Aucun effort n'est inutile. Chaque pas dans la bonne direction compte.

Tuesday, February 28, 2012

Le juste milieu

Comme beaucoup de gens, sans doute, il m'arrive régulièrement d'avoir des discussions assez mouvementées concernant des sujets qui me tiennent à cœur. Je me considère comme un sceptique, donc j'ai fréquemment l'occasion de dénoncer nombre de pseudo-sciences, telles que les médecines alternatives et complémentaires (homéopathie, acupuncture, etc.), l'astrologie, les effets de la lune sur la pousse des poils et bien d'autres inepties. Les légendes urbaines et autres théories du complot n'échappent pas cette habitude. En tant qu'athée, je pointe régulièrement du doigt les incohérences et les paradoxes inhérents aux croyances religieuses.

J'espère avoir l'occasion d'en parler plus en détail dans un futur article, mais j'ai également un certain nombre de "croyances" loin d'être partagées par tout le monde : existence d'une réalité matérielle et objective unique - position réaliste et matérialiste, sauf erreur -, absence de libre-arbitre, possibilité que l'être humain crée une intelligence égale puis supérieure à la sienne dans le siècle à venir, végétarisme, etc.

A plusieurs reprises, ces derniers temps, on m'a fait remarquer que la vérité se trouvait probablement "au milieu". Ou qu'il "fallait trouver un juste milieu". Je ne sais plus. Quelque chose de cet ordre-là. Plus récemment, on m'a fait remarquer qu'entre croyance et scepticisme, "il fallait un certain équilibre".

Que répondre à cela ?

Tout d'abord, que si on peut attribuer une certaine vertu à la modération, celle-ci souffre de nombreuses exceptions. Quel est le "juste équilibre" en matière de pédophilie ou de viol ? Quel est le "juste milieu" lorsque l'on parle de famine, de pauvreté ou de violence conjugale ? Le concept perd là tout son sens.

Ensuite, que cet "argument" (argumentum ad temperantiam) reflète surtout un manque d'imagination et ne signifie guère plus que celui qui l'utilise pense représenter, à tort ou à raison, cette position "intermédiaire", juste, entre deux extrêmes.

Je me demande, d'ailleurs, à quel point cette impression d'avoir une position "raisonnable", bien "équilibrée", est répandue au sein de la population. Il doit y avoir là un biais cognitif, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je vais me risquer à émettre une hypothèse : ce sentiment provient probablement du fait que toute position très différente de la nôtre paraît, a priori, extrême. (Voir, à ce sujet, l'article "The Myth of Militant Atheism".)

Pour ce qui est de mon scepticisme, il paraîtra excessif pour une grande partie de mes interlocuteurs, mais, de mon point de vue, je passe mon temps à accepter les choses sans les remettre en question (ou très peu, tout du moins). Par exemple, au volant de ma voiture, à un carrefour, je pourrais me demander systématiquement si le feu est bien vert, si je ne risque pas ma vie en ne m'arrêtant pas. Tout compte fait, le modèle que je me fais de la réalité n'est qu'une construction réalisée à partir de signaux électrochimiques envoyés à mon cerveau via mes nerfs optiques (et auditifs, olfactifs, etc.). Qu'est-ce qui me garantit que cette image n'est pas une simulation ? Un mirage ? Un rêve ? Un tour joué par un extra-terrestre ou un dieu doté d'un sens de l'humour incertain ? Rien. Je fais pourtant le pari, en permanence, que ce que mes yeux ou mes oreilles me rapportent du monde réel le représente à peu près fidèlement. Pour moi, c'est ma position qui semble correspondre au "juste milieu" en matière de croyance et de scepticisme.

En fin de compte, il n'y a que des positions plus ou moins défendables intellectuellement. Parfois, la position la plus juste (i.e. la plus défendable) se situe à ce que l'on perçoit comme un extrême. Parfois, elle se situe proche de ce que l'on identifie comme un centre situé entre deux extrêmes opposés. Toutefois, tout cela reste une construction mentale, limitée par nos connaissances et notre imagination.

Mise à jour (7 avril 2012). Cette "tyrannie de l'équilibre" est aussi dénoncée par Paul Grugman dans son article "The Centrist Cop-Out" à propos des Démocrates, des Républicains et du centrisme.

Mise à jour (17 avril 2012). Et encore un argument contre cette illusion du "juste milieu", donné, cette fois-ci, par Bill Maher : "Bill Maher on The Rally to Restore Sanity and/or Fear". (En passant, je peux aussi recommander son documentaire Religulous.)

Mise à jour (23 août 2012). Encore un exemple qui montre que le concept d'extrême (et, donc, de juste milieu) est erroné et mène facilement à une forme de malhonnêteté intellectuelle : "We’re Not on Opposite Sides of the Spectrum".

Mise à jour (16 août 2018). Je découvre avec plaisir aujourd'hui la BD "Je suis une vegan modérée." d'Insolente Veggie, qui exprime bien mieux que moi (un dessin, ça aide toujours !) l'idée que ça n'est pas le milieu qu'il faut viser, mais le juste. Il y a toujours plus extrême que la position qui nous déplaît et le "juste milieu" est donc rarement là on s'imagine qu'il se trouve.