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Sunday, December 7, 2025

Laisser le cerveau respirer

Mon sommeil est généralement sous contrôle, mais cette dernière semaine, j'ai réussi à passer trois mauvaises nuits. Le scénario était le même les trois fois : réveil spontané vers 3h du matin, mon cerveau se met à réfléchir (au travail, à mes finances, à l'état du monde actuel, etc.). Résultat : anxiété, impossible de me rendormir. Cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps.

Je remarque que cela coïncide avec deux semaines où j'avais beaucoup de choses planifiées : une soirée avec des amis, un spectacle d'un humoriste (Ricky Gervais), un week-end à Zürich en famille (exposition, etc), un dîner avec une ancienne collègue, un concert (Matthieu Chedid), le marché de Noël à l'école de mon fils, une sortie "de Noël" avec mon fils (restaurant, film, goûter), une matinée et un dîner chez des amis, une comédie musicale, la venue d'un menuisier chez nous pour un nouveau projet et un rendez-vous chez un nouveau médecin.

Chacune de ces choses, prise individuellement, correspond à un moment agréable, à l'exception du rendez-vous chez le médecin, sympathique au demeurant, et de celui avec le menuisier, plus utilitaire, mais j'ai clairement ressenti un trop-plein. J'ai dépassé mes limites.

Trois semaines plus tôt, acheter un billet pour Ricky Gervais, un peu sur un coup de tête, me semblait être une bonne idée. Je ne l'avais jamais vu sur scène. C'était une occasion rare. Il fallait la saisir. On ne vit qu'une fois. Etc., etc.

Caser un repas avec des amis que nous n'aurions pas pu revoir avant plusieurs semaines, quelques heures avant une comédie musicale, cela semblait un bon compromis aussi. Il faut voir les gens quand on en a l'opportunité.

Bref, chaque décision, en elle-même, semblait bonne, mais j'ai oublié de prendre un peu de recul, de me demander ce que mon "futur moi" allait pouvoir penser de tous ces engagements.

Donc, note pour plus tard : il faut impérativement que je garde très régulièrement du temps pour souffler, pour me ressourcer. Je l'ai déjà remarqué de nombreuses fois : il y a un nombre maximal de sorties et autres engagements que je peux prévoir dans une semaine avant que mon côté introverti revienne à la charge et exige que je reste chez moi à regarder des séries, plutôt que socialiser, me cultiver ou "me changer les idées".

Autre note pour moi-même : en cas de manque de sommeil, le fait de prendre une vingtaine de grammes de créatine semble effectivement aider à conserver un peu plus ses capacités cognitives, comme l'explique Rhonda Patrick depuis quelques années maintenant.

Sunday, December 29, 2024

Grippe

La première fois de ma vie que j'ai eu la grippe, a priori, c'était en décembre 2019, il y a 5 ans. Les choses ont suivi à peu près le même schéma, en 2019 comme en 2024. Au mois de novembre, j'ai fait le vaccin contre la grippe, comme chaque année. Au mois de décembre, mon fils est tombé malade (fièvre, fatigue, etc.). Au bout de plusieurs jours de maladie, nous avons consulté un pédiatre. Cette année en tout cas, celui-ci nous a dit qu'il s'agissait très probablement du virus de la grippe. Et quelque jours plus tard, c'était à mon tour de tomber malade (fièvre, forte fatigue, etc.).

Ce qui me frappe à nouveau, ce ne sont pas les quelques jours les plus pénibles, où la fièvre et la forte fatigue empêchent toute activité ou presque (le travail, en particulier), mais toute la période d'après, le contrecoup, durant lequel je ressens beaucoup de fatigue, presque en permanence. Début 2020, j'ai mis des semaines à m'en remettre. Cette année, j'espère que cela durera moins longtemps, mais pour le moment, ça n'est pas gagné. Mes nuits sont perturbées. Mon nez est irrité. Je tousse. La fatigue est bien là. Pire que cela, certains jours, heureusement derrière moi, il y a même eu de la déprime comme j'en ai rarement connu.

Bref, la grippe, je n'aime pas. 

Il faut noter que l'efficacité du vaccin contre la grippe varie énormément selon les années et les personnes, entre 20% et 80%, apparemment. Toutefois, vu les symptômes qu'impliquent ce virus, je continuerai à me faire vacciner chaque année. Toute baisse de probabilité d'attraper cette calamité est bonne à prendre.

Friday, December 30, 2022

4 mois sans me tenir au courant de l'actualité

Je souffre d'anxiété depuis des décennies. Avec le temps, j'ai appris à vivre avec (méditation, sport, gestion du sommeil, psychothérapie, etc.). Cette année, toutefois, mes outils habituels n'ont pas suffi. Entre la guerre en Ukraine, la crise énergétique, la crise climatique et les nouvelles négatives habituelles, je me suis senti à un moment un peu dépassé.

Au mois d'août, durant une discussion avec un de mes collègues, j'ai réalisé l'absurdité de la situation : chaque jour, je lisais des articles anxiogènes concernant des situations que je ne pouvais en rien influencer. Un déclic a eu lieu. En présence de mon collègue, je me suis désabonné de toutes les sources d'actualité que je suivais (essentiellement via Feedly, un aggrégateur de flux RSS). Comme je ne suis abonné à aucun journal, que je ne regarde pas la télévision (et, donc, les journaux télévisés) et que je ne fréquente quasiment plus les réseaux sociaux, je me suis donc trouvé d'une minute à l'autre virtuellement coupé de l'actualité.

J'ai agi comme sur un coup de tête, mais cela faisait en réalité des années que j'y songeais. J'avais déjà lu et entendu d'innombrables fois que notre relation à ce qui se passe dans le monde n'est pas saine, que la quantité d'informations que nous consommons en permanence par rapport à ce qui se passe autant à quelques minutes de chez nous qu'à des milliers de kilomètres a une incidence négative sur notre santé mentale.

Quelques mois auparavant, en mai 2022, je m'étais même abonné à la newsletter Suisse Good (pour "faire le plein d’infos locales et positives"). Mais il ne suffit pas de lire quelques bonnes nouvelles pour compenser le torrent de mauvaises nouvelles dont on nous assène en permanence.

Je ne me rappelle pas exactement du moment où ma relation à l'actualité a changé. Je me souviens toutefois vaguement d'une discussion avec d'autres collègues, en 2011, qui m'avaient alors avoué ne pas du tout suivre l'actualité. A l'époque, cela m'avait presque choqué. J'ai toujours pensé que le fait de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde relève de la responsabilité citoyenne. On ne peut pas prendre de bonnes décisions, en particulier dans un pays qui pratique la démocratie directe tel que la Suisse, sans "savoir ce qui se passe".

Onze ans plus tard, je ne sais toujours pas quelle est la bonne solution. Il ne me paraît en tout cas pas nécessaire de se plonger quotidiennement, voire tout au long de chaque journée, dans l'avalanche d'informations et de détails dont les médias et réseaux sociaux nous gavent continuellement Chaque deux jours alors ? Chaque semaine ? Je ne suis pas sûr que cela ait beaucoup plus de sens.

Pour les votations suisses, il est possible de s'intéresser spécifiquement aux sujets soumis au peuple le moment venu, par exemple en suivant des débats. Pas besoin d'actualités pour cela. J'ai donc l'impression de jouer mon rôle de citoyen correctement.

Pour ce qui est des sujets qui m'intéressent de manière spécifique (musique, science, astronomie, etc.), je suis de toute manière des sources d'informations ou des forums / groupes de discussion spécialisés. Je l'ai toujours fait et continue à le faire. Même plus qu'avant, en fait.

Ensuite, les informations importantes remontent forcément jusqu'à moi, que ce soit par la famille, les amis ou les collègues. Alors, oui, cela ne marche que si toutes ces personnes n'agissent pas comme moi, j'en suis bien conscient, mais, pour l'instant, cela marche bien.

Quoi qu'il en soit, il est difficile d'établir un lien de cause à effet de manière certaine, mais j'ai l'impression que cette "cure de désintoxication" a un effet bénéfique sur moi. Il m'arrive très occasionnellement (une fois chaque 2-3 semaines peut-être) de parcourir un journal, par exemple chez mes parents ou dans un café, et cela ne provoque pas de stress particulier en moi. C'est plutôt bon signe.

Est-ce que je ressentirai à nouveau le besoin de me tenir informé beaucoup plus fréquemment de l'actualité ? Difficile de le dire. Pour le moment, je vais continuer l'expérience, probablement encore quelques mois. L'idéal serait peut-être une source d'informations moins "temps réel", avec un recul de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Peut-être un podcast ? Si vous avez des suggestions, je suis preneur.

Saturday, May 28, 2022

Un mois sans alcool et caféine

Durant quatre semaines, au mois de février 2022, je me suis complètement abstenu de consommer de l'alcool et de la caféine.

Cela faisait longtemps que j'y pensais, autant pour l'alcool que pour la caféine. J'ai finalement décidé de combiner deux expériences en une, ce qui m'a permis de voir ce que pouvait être ma vie sans la moindre substance psychotrope. C'est une manière de présenter les choses peut-être un peu sensationnaliste, mais, en même temps, l'alcool et la caféine agissent effectivement sur le système nerveux central et je suis régulièrement étonné de constater à quel point la plupart des gens avec qui j'ai pu en discuter consomment ces substances, même à dose modérée, comme si elles étaient parfaitement anodines.

Or, ça n'est pas le cas. Pour l'alcool, cela fait des années maintenant qu'il est plus ou moins clair dans mon esprit qu'il n'y a pas le moindre effet bénéfique sur la santé. Au contraire, durant longtemps, on a pensé qu'une consommation modérée d'alcool pouvait être meilleure pour la santé qu'une abstinence totale, mais il se trouve que cette conclusion est probablement erronée et que les études qui pouvaient le laisser penser étaient mal conçues. Par exemple, certaines d'entre elles ne distinguaient pas du tout les sujets qui n'ont jamais bu la moindre goutte d'alcool de leur vie et ceux qui sont devenus abstinents suite à des problèmes de santé (dépendance ou autre).

Je ne suis pas un grand consommateur d'alcool. Il m'arrive régulièrement de ne pas en boire durant des semaines. Mais il y a aussi des périodes (fêtes, repas, etc.) où je réalise que je dépasse facilement mes limites personnelles qui, à mon âge et à mon poids actuels, se situent à peu près à deux verres de vin, je dirais. Autrement dit, comparé au reste de la population, il serait excessif de dire que je fais des abus, mais un troisième, voire quatrième verre de vin sur plusieurs heures, me rappelle assez vite les inconvénients de l'alcool : somnolence en pleine journée, sommeil perturbé, etc. Parfois, je sens que je peux même devenir un peu plus agressif si l'on me lance sur des sujets sensibles.

Pour la caféine, le problème est tout autre. Au contraire de l'alcool, je suis de plus en plus convaincu que le café est bon, voire excellent, pour la santé. Je tiens d'ailleurs à jour un "journal de santé" dans lequel je note quotidiennement un certain nombre d'informations, dont ma consommation de caféine. Je crois que je l'ai toujours su intuitivement, mais j'ai réalisé en début d'année, en le vérifiant formellement : je consomme de la caféine tous les jours, presque sans exception. Les jours où je n'en consomme pas, c'est parce que je suis malade. Je crois donc pouvoir dire sans trop exagérer qu'avant février 2022, j'ai dû consommer de la caféine quotidiennement ou presque depuis une vingtaine d'années en tout cas.

Et je réalise du coup que je ne me souviens plus lorsque j'ai commencé à boire du café. Durant mes études universitaires ? Probablement. Ce qui est certain, c'est que cette boisson fait complètement partie de ma vie et je voulais voir quelle emprise elle avait sur moi. 

Une motivation secondaire pour mon expérience a été le concept d'inconfort volontaire du stoïcisme (que je pratique aussi sous forme de douche froide, etc.). L'idée est de régulièrement se priver de quelque chose que l'on apprécie pour mieux résister aux aléas naturels de la vie.

Durant quatre semaines, je n'ai donc consommé ni café, ni thé, ni vin, ni bière. J'ai évité également les boissons ou nourritures pouvant contenir de la caféine, comme le kombucha ou le chocolat. Concernant ce dernier point, je dois avouer que, sur la fin, j'ai fait quelques (petites) exceptions...

Durant les premières semaines, je me suis aussi astreint à ne consommer ni café décaféiné ni bière sans alcool, pour mieux comprendre comment ces boissons interviennent dans ma vie en tant que rituels.

En dehors de cela, j'ai essayé de vivre comme auparavant, de faire la même quantité de sport, de dormir aux mêmes heures, etc.

La première semaine a été la plus difficile. J'ai été victime des symptômes de sevrage de la caféine les plus courants : maux de tête, fatigue, anxiété et symptômes dépressifs. Les maux de tête n'ont duré que deux jours. La fatigue a duré plus longtemps. Il m'est arrivé d'avoir envie de faire une sieste en début d'après-midi, ce qui ne m'arrive à peu près jamais sans avoir bu d'alcool. Les symptômes mentaux (anxiété et dépression) ont duré à peu près toute la première semaine. La deuxième semaine a été ensuite nettement plus facile à vivre.

Je ne vais pas m'étendre sur les explications biologiques de ces effets apparemment spectaculaires. Je préciserai juste que les symptômes ci-dessus ne sont pas juste "psychologiques". On n'a pas affaire à un simple effet nocebo. Pour ce qui est des maux de tête, cela est dû à l'effet vasoconstricteur de la caféine. Suite à un arrêt abrupt et complet, il y a donc une phase de rééquilibrage qui doit s'opérer et qui entraînent ces effets relativement intenses. Même chose pour les symptômes anxieux et dépressifs, comme la caféine a un effet sur certains neurotransmetteurs tels que la dopamine. J'imagine aisément que l'équilibre subtil entre tous les neurotransmetteurs étant perturbé, le corps met un moment à retrouver ses marques.

Je mentionnais plus haut l'idée du rituel et j'ai pu m'apercevoir à l'occasion de certains repas de famille à quel point l'alcool et la caféine faisaient partie de nos habitudes : vin blanc à l'apéritif, vin rouge durant le repas et café avec le dessert. C'est surtout le fait de voir les gens autour de moi boire du vin et du café qui a rendu l'exercice un peu plus difficile.

J'ai réalisé que j'étais aussi très attaché au rituel du café au quotidien. Avant de réintroduire le café décaféiné à la troisième semaine, j'ai consommé à la place des tisanes et de la chicorée. Question goût, ça n'est pas complètement mauvais, mais cela ne fait pas illusion. Ce qui ne fait pas non plus illusion, c'est le café décaféiné, que je consomme en général assez peu : le goût est différent, bien entendu, mais il est clair que mon corps est conditionné et "attend" un effet différent, une stimulation, qui n'arrive jamais. Quand on y prête vraiment attention, c'est assez déroutant.

Du côté des effets positifs, je me suis aperçu que je ne ressentais aucunement l'envie de somnoler, voire de faire une sieste, suite à nos repas familiaux. Boire du vin, c'est agréable, mais cela a aussi des conséquences dont on se passerait bien.

A la troisième semaine, je me suis également remis aux bières sans alcool (les bonnes, pas les industrielles) et je crois que je peux définitivement affirmer quelque chose que j'avais déjà remarqué l'année passée : je suis fan. Il y a de plus en plus de choix en matière de bières sans alcool et les meilleures, sans être aussi intéressantes que les bières avec alcool, permettent de passer un très bon moment.

Comme je l'ai écrit précédemment, mon premier café caféiné après quatre semaines d'interruption a eu un effet absolument spectaculaire sur mon bien-être, mon énergie et ma motivation. Il ne pouvait absolument pas s'agir d'un effet placebo. De ce point de vue, il me paraît évident que la caféine n'est pas une substance à prendre à la légère.

Malheureusement, cet effet intense a rapidement laissé la place à un effet beaucoup plus subtil. Difficile de ne pas se dire alors que, dès que l'on consomme du café, il devient obligatoire d'en consommer régulièrement, ne serait-ce que pour éviter les effets désagréables du sevrage. Par exemple, après son abstinence de trois mois, Michael Pollan a essayé de consommer du café uniquement une fois par semaine, au début, mais il a rapidement laissé tomber, tellement ce rythme était difficile à tenir.

Il m'est d'ailleurs arrivé de parler de mon expérience avec des gens qui me disent pouvoir s'arrêter de consommer du café sans aucun problème. Cela me laisse un peu dubitatif. Parviennent-elles réellement à s'abstenir durant plusieurs jours (voire plus) ou pensent-elles juste l'avoir déjà fait ? Sommes-nous inégaux face à la caféine ?

Ce qui est certain est que j'ai la variante AC du SNP rs762551 dans mon génome, ce qui signifie que je métabolise la caféine moyennement lentement. Si je comprends bien, seule une minorité de la population (une personne sur quatre ou cinq ?) possède la variante AA et métabolise la caféine rapidement. Ces personnes sont-elles moins sensibles aux effets perceptibles de la caféine ?

Si je reviens à mon ressenti personnel, il est clair pour moi que mon bien-être subjectif a été clairement réduit durant mes quatre semaines d'abstinence. Si j'en crois mon journal de santé, mon anxiété et mon humeur ont tous les deux chuté de 0.1 à 0.2 point (sur une échelle sans unité allant de 0 à 4) durant ma période d'abstinence. Autrement dit, elles étaient toutes les deux supérieures avant et après.

Durant la même période, la qualité subjective de mon sommeil et la fatigue ressentie durant la journée ont chuté de 0.2 à 0.4 point.

Paradoxalement, si mon Apple Watch a mesuré une chute de la durée de mon sommeil de 12 minutes par nuit, elle a aussi continué à constater une baisse après la fin de la période d'abstinence. Sur ce point, sachant que le tracking du sommeil est particulièrement approximatif sur l'Apple Watch, je préfère m'en référer à mon ressenti subjectif durant la journée, à défaut de mieux.

Anecdotiquement, mes acouphènes ont été légèrement pires (0.1 point), mais j'imagine qu'il y a un lien avec la fatigue.

Mon rythme cardiaque au repos (resting heart rate) est resté à peu près stable avant (59.1 BPM), pendant (59.7 BPM) et après (58.0 BPM).

Ma variabilité de la fréquence cardiaque (heart rate variability) varie elle-même beaucoup d'une semaine à l'autre, donc je ne suis pas sûr que les valeurs observées me disent quoi que ce soit. Il y a toutefois eu une augmentation (un changement bénéfique, donc) entre avant (61.6 ms), pendant (82.5 ms) et après (53.8 ms). Selon les quelques études que j'ai pu trouver, la caféine ne devrait toutefois pas influencer négativement (donc faire baisser) la variabilité de la fréquence cardiaque. C'est un point qu'il vaudrait peut-être la peine de suivre d'un peu plus près.

Mon poids n'a pas changé, à quelques centaines de grammes près.

Mon nombre de calories actives (calories dépensées en mouvement, activité physique, etc.) est resté stable avant et pendant, mais a chuté d'environ 20 kcal après. Je ne sais pas à quel point cela est significatif.

Quant au taux d'oxygène dans le sang, VO2 max et rythme respiratoire, je ne pense pas que l'Apple Watch mesure ces valeurs suffisamment précisément pour que cela vaille la peine de les examiner.

Dans tous les cas, il ne s'agit d'un test que sur une seule personne (N=1), sans groupe de contrôle et sans placebo. Les conclusions que je tire de mon expérience sont relativement limitées.

Toutefois, et cela rejoint les conclusions de Michael Pollan, je conclus tout de même que je préfère vivre en consommant régulièrement de la caféine, pour le bien-être qu'elle me procure. Si l'on ajoute à la balance que le thé vert et le café sont globalement bons pour la santé, je ne vois du coup pas l'intérêt de s'en priver, à part pour des raisons éthiques et écologiques (ce qui n'est certes pas négligeable).

Ce que j'ai changé depuis quelques semaines, c'est que je ne consomme plus de caféine dès midi, à l'exception des quelques milligrammes contenus dans les cafés décaféinés. Auparavant, j'arrêtais d'en consommer vers 15h, sans toujours respecter strictement cette limite (thé vers 17h, par exemple). Sur ce point, c'est essentiellement Matthew Walker (auteur du livre Why We Sleep) qui m'a fait changer d'avis. Ce changement me semble  pour l'instant sain et parfaitement supportable.

Du côté de l'alcool, l'expérience m'a un peu moins apporté. Je savais déjà que j'étais capable de m'en passer durant des semaines, sans que je ressente de manque. Ce qui a changé, c'est que j'essaie désormais d'éviter un peu plus systématiquement une consommation tard dans la journée, à cause de l'impact négatif de l'alcool sur le sommeil (profond, en particulier). Je ne suis pas encore prêt à m'abstenir totalement : l'alcool, à dose modérée, a un certain rôle de "lubrifiant social".


Tuesday, March 8, 2022

Premier café après un mois

Hier matin, j'ai bu mon premier café depuis un mois. J'écrirai plus longuement sur mes semaines d'abstinence, mais je voulais me concentrer un peu plus sur cette journée d'hier, car l'expérience a largement dépassé mes attentes : je m'attendais à ressentir un effet notable, mais pas à ce point-là. 

Durant plusieurs heures, j'ai très clairement ressenti un niveau d'énergie, de motivation et de bien-être supérieur à la normale. Que ce soit durant mes activités physiques (sport du matin) ou intellectuelles (travail), j'avais l'impression d'être tiré vers l'avant ; j'avais naturellement envie d'enchaîner les choses, sans que ce soit un effort. Par rapport aux semaines précédentes, c'était comme si un voile s'était levé.

Le phénomène était à la fois subtil (je n'étais pas agité ou incapable de me contenir), mais trop évident pour qu'il s'agisse d'un effet placebo.

Sans vraiment que ce soit calculé, mon premier café s'est avéré être un lungo, qui contient plus de caféine qu'un espresso. Il se trouve que j'avais aussi décidé de très peu manger le matin, comme je faisais du sport, ce qui a potentiellement accéléré la métabolisation de la caféine. Ce sont deux éléments qui expliquent peut-être l'effet particulièrement important que j'ai ressenti hier.

Je ne m'attends pas à ce que mes cafés de ces prochains jours aient le même impact, mais je suis curieux de voir si je peux trouver un rythme un peu plus sain qu'auparavant et me permettant de maximiser l'effet psychoactif de la caféine sur la durée (i.e. de réduire l'accoutumance). Pour le moment, il me semble qu'un café 30-60 minutes après m'être levé et un second café en fin de matinée pourrait être un bon protocole. On est loin des 5-6 cafés quotidiens que je pouvais boire il y a 5-10 ans !

Mise à jour (9 mars 2022). J'étais passé à côté du fait que Michael Pollan avait publié un livre à propos de la caféine, de son histoire et de son impact sur l'humanité. Il parle avec Joe Rogan de son expérience sans café et de sa première tasse de café après trois mois d'abstinence, qu'il compare - et cela ne m'étonne pas trop - avec l'effet de la cocaïne.

Wednesday, October 17, 2018

Cheapest vegan omega-3 supplements on the market

It has been known for years now that omega-3 supplements are useless for heart health. They're still useful for brain health, though, especially for vegetarians, vegans, and people who don't eat fish regularly (i.e. most people I know, probably).

I've been taking vegan (i.e. algae) omega-3 supplements since 2007 and I've always bought the same brand: Nuique (previously called V-Pure). I'm aiming for a low omega-6-to-omega-3 ratio (2:1, ideally 1:1). The average ratio in the US is apparently 17:1. I'm currently at 3.5:1 (with an omega-3 index of 14.4%). Not bad. I can probably do better, but I'm quite happy with those numbers.

Vegan omega-3 supplements are quite expensive, unfortunately, so, recently, I've tried to find a cheaper alternative to Nuique. Here are the products I've considered and the price in USD per 1000 mg of DHA for each product:
Conclusion: Vegetology is the cheapest vegan omega-3 supplement I've found so far and it is significantly cheaper than Nuique. They also seem to have vegan D3 supplements, which I thought was impossible (D3 supplements are usually made from sheep wool). So it's settled: I'll give my money to Vegetology from now on.

Wednesday, April 25, 2018

LASIK + 13 : retour aux lunettes

Il y a presque trois ans, je racontais mon expérience suite à mon opération LASIK (opération des yeux). En résumé : j'en étais satisfait. Il y a peu, je me suis tout de même dit que ma vue avait peut-être un peu baissé. Je suis allé tester ma vue.

Résultat :
  • oeil droit : 0.00 (-1.50) 105°
  • oeil gauche : 0.00 (0.75) 65°
Un peu d'astigmatisme, donc. Ni myopie ni hypermétropie. Je vois bien sans lunettes. Passant presque toutes mes journées sur un écran, j'ai tout de même suivi le conseil de mon ophtalmologue et suis allé acheter des lunettes.

Ce sont les premières lunettes de vue que je porte depuis presque treize ans. L'adaptation a été longue. Au début, j'avais l'impression de voir les choses plus nettes, mais comme à travers... quelque chose. Mon champ visuel était réduit. C'est presque une banalité, mais, malgré le fait que je porte régulièrement des lunettes de soleil, il m'a fallu des semaines pour me rhabituer à porter des lunettes de vue.

Je ne les porte pas tout le temps. C'est l'avantage d'une correction aussi faible. Au travail, j'abandonne régulièrement mes lunettes sur mon bureau lorsque je quitte ma place, par exemple. C'est quelque chose que je ne faisais pas du tout avant.

En une dizaine d'années, les lunettes ont également beaucoup changé, esthétiquement. J'ai plus de plaisir à en porter maintenant, alors que j'avais clairement envie de m'en débarrasser lorsque j'ai décidé de me faire opérer.

Friday, October 16, 2015

LASIK : 10 ans après

Je me suis fais opérer des yeux, au LASIK, la technique la plus fréquemment employée dans le domaine de la chirurgie de l'oeil au laser, le 11 octobre 2005 à 12h45, après environ une année de réflexion. Sans entrer dans les détails, l'opération en elle-même n'a duré qu'un quart d'heure, mais je suis resté presque quatre heures dans la clinique où elle a eu lieu, à Lausanne, en comptant l'attente avant et après l'opération.

L'intervention n'a pas duré longtemps, donc, mais a été relativement désagréable. Mes yeux ont été anesthésiés localement à l'aide de gouttes. Les pires moments ont ensuite été la cécité temporaire lors de la découpe du capot (microkératome), puis l'odeur de cornée brûlée lors de l'utilisation du laser. Je crois que je n'ai pas besoin d'en dire plus...

Après 30-60 minutes de récupération, je suis rentré chez moi, accompagné, bien entendu. J'avais dû oublier mes lunettes de soleil, car je me souviens que la lumière du jour m'a été particulièrement désagréable (pupilles encore dilatées).

En tout, j'ai pris congé durant trois jours et ai recommencé à travailler le quatrième jour. Durant cette période initiale, la nuit, j'ai dû porter des coques en plastique pour empêcher un contact trop important entre mon oreiller et mes yeux. Comme je dors sur le ventre et non sur le dos, ces coques m'ont empêché de bien dormir. Ces premiers jours ont donc été relativement éprouvants, malgré le retour d'une vision plus ou moins normale dès le premier soir.

Je n'avais pas fait énormément de recherche avant l'opération. Pour le choix du chirurgien, j'ai suivi le conseil de mon ophtalmologue. Je me suis renseigné sur les équipements utilisés (modèles des microkératome et laser). Et, surtout, j'ai passé beaucoup de temps à lire les histoires d'horreurs qui foisonnent sur internet. Il faut dire que le LASIK est une technique très utilisée. Probablement trop. Comme tous les actes chirurgicaux, il y a des risques. Et plus il y a de personnes opérées, plus il y a d'échecs, de complications, d'effets secondaires et, donc, de témoignages effrayants.

Si je devais donner quelques conseils à quelqu'un qui hésiterait aujourd'hui à se faire opérer, je dirais que si, dans le domaine du LASIK, la technologie est presque plus importante que le chirurgien, il ne faut pas négliger l'importance de ce dernier. De nos jours, en 2015, s'il n'existe pas (encore) de TripAdvisor de la médecine, il existe de nombreux forums où il est possible d'obtenir des recommandations de chirurgiens.

Il est également important de vérifier qu'une opération est possible sans risques. Je ne me souviens plus exactement quels éléments doivent être contrôlés, mais je sais qu'il y a des contre-indications au LASIK. Celles-ci ne doivent pas être prises à la légère. J'imagine qu'une partie des opérations ratées sont causées par des chirurgiens plus intéressés par l'argent que par le confort des patients.

Il ne coûte rien de demander une description exacte de l'équipement utilisé par le chirurgien (fabriquant, modèle, année, etc.). Si ces informations sont données facilement par le chirurgien ou la clinique, j'imagine que c'est plutôt bon signe.

Je n'ai pas d'avis tranché sur la question de savoir si c'est une bonne idée de voyager pour se faire opérer dans des pays moins chers. A priori, je répondrais plutôt par la négative (que faire en cas de complications, par exemple ?), mais j'imagine qu'il doit y avoir des cliniques sérieuses un peu partout.

Enfin, si c'était à refaire, je me ferais opérer à nouveau aujourd'hui, sans trop hésiter. En fait, je serais probablement plus motivé à le faire aujourd'hui qu'en 2005, comme il s'agit d'un acte chirurgical qui dépend beaucoup de la technologie employée. J'imagine donc que les équipements utilisés en 2015 sont en moyenne plus perfectionnés et plus sûrs qu'il y a dix ans.

Sunday, October 23, 2011

Les médecines alternatives, une nouvelle religion ?

L’expression “médecine alternative” (ou médecine “douce”, “complémentaire”, “parallèle”, etc.) regroupe en réalité de nombreuses pratiques, très différentes les unes des autres. Mon but n’est pas ici de discuter leurs mérites (ou, le plus souvent, absence de mérites) respectifs ou de présenter en détail ce qu’est l’effet placebo, mais de faire un parallèle avec la religion. Y compris dans ses dangers, car la médecine alternative tue régulièrement (exemples récents : Steve Jobs et un enfant italien de trois ans).

Pour faire court et en simplifiant à l’extrême, on peut dire que la plupart des gens se tournent vers la religion pour y trouver un réconfort, des réponses qu’ils ne trouvent pas ailleurs. La plupart de ces questions concernent le sens de la vie. D’où venons nous ? Où allons-nous ? Quel sens a notre existence ?

La science peut répondre à la question de notre origine et de notre destinée physique. Elle n’a par contre pas pour but de répondre à la question du sens de la vie. Ce qu’elle nous apprend, toutefois, est que le cerveau est un organe spécialisé dans le traitement de l’information : il interprète en permanence une multitude d’influx nerveux en provenance de nos sens (yeux, oreilles, etc.). Associer des noms à des visages, des notes de musique à des sons, des souvenirs à des odeurs, etc. Les exemples sont innombrables.

Consciemment ou, la plupart du temps, inconsciemment, notre cerveau extrait des idées, des concepts, du monde qui nous entoure et de nos souvenirs. On pourrait presque dire qu’il ne peut pas s’en empêcher. C’est un réflexe, qui, parfois, nous joue des tours : en regardant les nuages, on peut aisément y percevoir des objets, souvent incongrus. Autrement dit, notre cerveau voit également des choses qui n’existent pas (voir à ce sujet le concept de paréidolie). Parce qu’il est fait pour cela : donner du sens, que ce sens corresponde à la réalité ou non.

Ce mécanisme explique toute une série de phénomènes. Par exemple, pourquoi certaines personnes sont incapables d’accepter les coïncidences et y voient toujours un lien de cause à effet. Ou pourquoi certaines personnes voient des conspirations là où il n’y en a pas (participation du gouvernement américain dans les attentats du 11 septembre 2001 ou dans la dissimulation d’extra-terrestres, pour n’en citer que quelques-unes). De mon point de vue d’athée, ce même mécanisme explique également bien des pratiques et croyances religieuses (existence d’un ou plusieurs dieux, de l’âme, de la vie après la mort, etc.).

La question du sens de la vie semble donc devoir avoir une réponse, parce que nous avons l’habitude de donner un sens à tout ce que nous percevons, à tout ce que nous vivons, mais, en réalité, il se peut très bien qu’il s’agisse d’une question sans réponse. La vie peut très bien ne pas avoir de sens intrinsèque. On peut toutefois lui donner le sens que l’on souhaite. Cette position intellectuelle (qui est celle des existentialistes, entre autres) est inconfortable, voire déprimante, en tout cas à première vue, mais logiquement tout à fait acceptable.

Ainsi, certaines personnes “tournent le dos”, pour ainsi dire, à la science et à la philosophie, se tournent vers la religion, en quête de réponses, qui doivent exister, pensent-elles. On peut constater un comportement similaire chez les gens qui, déçus par la médecine conventionnelle, se tournent vers la médecine alternative, en quête de traitements pour leurs problèmes de santé. Un traitement efficace doit exister, après tout.

Loin de moi l’idée de vouloir prétendre que la médecine conventionnelle est parfaite. Elle ne l’est pas. Souvent, elle se concentre trop sur les symptômes et pas assez sur la véritable source de nos maladies. La chirurgie est encore, à bien des égards, de la boucherie. L’industrie pharmaceutique devrait probablement être mieux régulée. Les médecins n’ont pas assez de temps à consacrer à leur patient. J’irai même jusqu’à dire que la médecine conventionnelle a à apprendre de la médecine alternative. Cependant, je reste convaincu que c’est en se servant de la raison et en essayant de comprendre le corps humain que la médecine vaincra les maladies, pas en se soumettant à la superstition.

Si la médecine conventionnelle ne peut aider quelqu’un, ne peut lui proposer un traitement, cela ne signifie pas forcément que la médecine alternative le pourra. Il y a dans l’homéopathie, l’acupuncture et bien d’autres de ces pratiques douteuses une facilité que l’on retrouve également dans les réponses toutes faites de la religion : “Vous voulez un traitement ? En voici un !” Peu importe qu’il s’agisse de gouttes d’eau ou de pilules sucrées. Il y a une demande, donc il y a une offre. L’industrie des “médicaments” homéopathiques et autres traitements phytothérapiques n’a rien à envier à l’industrie pharmaceutique : elle amasse également des milliards.

Comme je l’ai déjà dit, je ne compte pas expliquer ici comment entrent en jeux l’effet placebo ou les mécanismes d’auto-guérison du corps humain, souvent sous-estimés, comment ils donnent l’impression, tout à fait illusoire, dans la plupart des cas, que la médecine alternative pourrait être efficace. J’aimerais juste insister sur le fait qu’il y a des alternatives - certes, plus difficiles à mettre en oeuvre - à la “médecine superstition”.

Pour ne citer que quelques pistes, combien de gens font réellement des efforts pour manger mieux, faire plus de sport, réduire leur stress, dormir plus ou arrêter de fumer ? Autrement dit, prendre leur santé au sérieux, de manière responsable ? Certainement pas assez. Cela paraît évident, mais, avant de guérir, il faudrait d’abord penser à prévenir, lorsqu’on sait comment le faire. Toutes ces approches n’ont pourtant rien à voir avec la médecine alternative. Elles ont, au contraire, été validées par des études scientifiques. On peut mettre en évidence les effets positifs de la méditation, par exemple, et les effets néfastes de la fumée sont connus depuis longtemps.

En guise de conclusion, je dirais que ce retour aux “sources”, cet attrait renouvelé pour la médecine alternative, a quelque chose de profondément malsain. Bien entendu, il ne faut pas “jeter le bébé avec l’eau du bain”, comme diraient les anglophones. La médecine conventionnelle a encore beaucoup de choses à apprendre, y compris des médecines alternatives (l’écoute du patient, le conseil, etc.), mais il faut savoir reconnaître ses côtés positifs et, surtout, prendre ses responsabilités, accepter que notre santé de dépend pas uniquement de la médecine, mais aussi des choix de vie que nous faisons.