Sunday, March 29, 2020

COVID-19 : le point après deux semaines de travail à domicile

Je m'étais juré de ne pas parler d'un sujet aussi évident, dont tout le monde parle, et trop, mais, en même temps, je ressens le besoin de le faire. Ecrire sur la situation actuelle a un effet cathartique.

En gros, la situation est surréaliste. Difficile de réaliser, de pleinement comprendre comment on en est arrivé là, petit à petit, mais finalement très, très vite. La grande majorité des magasins fermés. Les écoles fermées. Les gens confinés chez eux. Le travail a domicile. C'est une situation unique dans nos vies. Une sorte de mauvais rêve.

Assez vite, je me suis fais du souci, non pas pour moi, ma femme ou mon fils, mais pour mes parents, mes beaux-parents, mes oncles, mes tantes, les gens plus âgés que je connais. Et puis ensuite un peu pour tous les gens que je connais, il faut bien le dire.

Très vite, la problématique de la garde de notre fils, qui a bientôt deux ans, s'est posée. En temps normal, il est gardé un jour par mes parents, un jour par ma femme, un jour par moi et deux jours par la crèche. Sans grands-parents et sans crèche, ma femme et moi travaillant tous les deux, même à temps partiel (80%), l'équation est insoluble, à moins de sacrifier jours de congé et temps libre, ce qui n'est certainement pas la solution si nous voulons tenir plusieurs semaines ou mois ainsi. Le calcul est vite fait :  si ma femme et moi voulons garder notre fils, il nous faut passer de 80% à 50% de taux d'activité professionnelle, donc sacrifier un jour et demi de travail par semaine chacun. Mon employeur ayant officiellement déclaré que les enfants et les proches sont une "priorité absolue" et qu'il se montrera "flexible", je n'ai en principe pas trop à m'en faire, mais je suis plutôt du style à me mettre la pression.

Du coup, je ris doucement, et un peu jaune, lorsque je vois certaines personnes se demander dans des forums ce qu'ils vont faire avec tout ce temps gagné en n'ayant pas besoin d'aller au travail. C'est vrai que je gagne trois heures par semaine en restant chez moi, mais la situation en exige encore bien plus de moi. Résultat : j'ai au final moins de temps à disposition. Ou c'est tout du moins l'impression que j'ai.

Côté couple, il y a clairement une charge psychologique supplémentaire. Le fait d'être tout le temps ou presque ensemble, du moins dans le même appartement, n'est pas trop problématique. Nous en avons l'habitude. C'est plus le fait de devoir garder notre fils et avancer malgré tout dans notre travail qui est une grosse source de stress. Du coup, il est très important de bien communiquer, de détecter les mauvaises humeurs avant qu'elles ne se déclarent complètement, etc. Je crois que nous gérons cela plus ou moins bien pour l'instant.

Pour ce qui est de mon activité professionnelle, l'adaptation au travail à distance s'est faite facilement pour moi : je suis développeur ; je pratique déjà le travail à distance de temps à autres, depuis des années. Pour mes collègues non-développeurs, il a fallu penser à de nouvelles tâches (difficile de numériser des bandes magnétiques à distance, par exemple) ou réfléchir à des moyens d'accéder plus facilement à des fichiers audiovisuels parfois très lourds (transcodage des fichiers plus tôt dans les processus, etc.). Nous avions anticipé le travail à distance plusieurs semaines avant. La transition s'est faite assez facilement.

Pour mon épouse, enseignante, les choses se font faites de manière plus chaotique. Pas parce que les outils, les moyens ou les motivations ne sont pas là, mais plus à cause d'une certaine incompétence des politiques. C'est du moins comme cela que je résumerais les choses de mon point de vue.

En dehors de la garde de mon fils, il y a un autre phénomène qui entame ma productivité : l'anxiété ambiante. Difficile de continuer à travailler comme si de rien n'était, avec l'actualité, les annonces des gouvernements, etc. J'ai heureusement la chance d'avoir un employeur compréhensif. Je ne sais pas si tout le monde a la même chance.

De manière générale, d'ailleurs, les informations qui circulent, via les médias traditionnels, mais aussi sur les réseaux sociaux ou les messageries instantanées, sont de qualité très variable. Il faut faire le tri, tenter de garder son esprit critique. Pas toujours facile...

Cela est évident et je l'ai déjà dit : la situation actuelle est très anxiogène. Pour tout le monde, mais surtout pour les gens déjà anxieux à la base, comme moi. Alors c'est l'occasion de se forcer à méditer vraiment régulièrement, alors que j'aurais peut-être envie de faire autre chose (c'est souvent dans les situations où j'en ai le plus besoin que je médite le moins, je l'ai déjà remarqué). C'est aussi un prétexte pour appliquer un peu plus la philosophie des stoïciens (la dichotomie du contrôle, la visualisation négative, etc.). J'ai aussi plus que jamais besoin de mon système d'organisation (GTD), de mes rituels, etc. Ce sont des repères vraiment importants.

J'essaie de relativiser, aussi. Je sais que nous avons de la chance, que nous sommes privilégiés. Ma femme et moi avons tous les deux un travail. Nous ne risquons pas de le perdre à cause de la situation actuelle. Nous avons des finances saines. Nous pouvons travailler à distance. Personne n'est encore malade dans notre entourage. Nous avons un appartement qui n'est pas gigantesque, mais qui n'est pas minuscule non plus. Nous pouvons nous isoler si nécessaire. Nous habitons à la campagne. Nous pouvons rapidement nous retrouver dans la nature. Bref, nous ne sommes clairement pas à plaindre.

Tout cela ne fait d'ailleurs que mettre en évidence une inégalité (de plus ?) dans la société. Il y a des gens qui peuvent rester tranquillement chez eux, continuer à travailler, sans trop de soucis, se faire livrer leurs courses à domicile, pendant que les autres perdent leur emploi, ont des problèmes financiers, doivent continuer à travailler dans des conditions forcément plus difficiles (poste, livreurs, etc.) ou carrément cauchemardesques (personnel soignant, etc.).

On peut se poser la question des effets positifs de cette pandémie, en particulier sur le monde du travail. Certaines entreprises ont été forcées de proposer le télétravail à leurs employés, à clarifier et optimiser du coup leurs processus et leur communication, etc. Plein de gens ont découvert de nouveaux outils. C'est une bonne chose. J'aimerais croire que cela aura des effets sur le long terme, mais je peine à être complètement optimiste.

Je pense qu'il y a des gens qui sont faits pour le télétravail et d'autres, non. Je pense faire partie des gens qui s'en sortent plutôt pas mal. Je suis un introverti. Je n'aime pas être dérangé. Je pense être organisé et avoir suffisamment d'auto-discipline. Mais pour beaucoup de gens, ça va être un calvaire, j'en suis certain. Les extravertis ont besoin de contacts. Ils s'en nourrissent. Je tombe peut-être dans la caricature, mais je pense que ça joue un grand rôle. Les managers incompétents qui se sentent obligés d'avoir les membres de leur équipe sous leurs yeux toute la journée ne vont pas soudainement devenir compétents en étant chez eux. Tous les processus temporaires mis en place pour continuer à travailler avec des gens chez eux seront, dans bien des cas, je le crains, plus du bricolage temporaire que des solutions adaptées au long terme. J'espère me tromper, mais je pense que pour beaucoup de gens, on assistera à un grand phénomène de "plus jamais ça".

Plus que ce que la situation actuelle met en évidence, n'oublions pas que, même en principe, le télétravail a des défauts inhérents. En télétravail, il y a une absence de sérendipité : les petites discussions dans le couloir ou autour de la machine à café qui débouchent sur de nouvelles idées ne sont pas un mythe. Cela arrive réellement. Alors, oui, Slack et autres permettent aussi les "petites discussions", mais je suis certain que ça n'est pas exactement pareil.

Autre problème : les Skype, Zoom, Hangout et autres, après toutes ces années, restent globalement assez médiocres du point de vue de la qualité audio et vidéo. Les micros des laptops sont meilleurs qu'il y a 5-10 ans, mais restent assez mauvais dans l'absolu. J'ai toujours un peu de peine à suivre une discussion vidéo. Il y a les délais, les gens qui parlent en même temps. On n'entend pas tout. On ne remarque pas les nuances subtiles du langage corporel. Ça reste une expérience assez frustrante. Et je ne parle même pas du bête tableau blanc qu'on prend en photo avec son smartphone en fin de meeting, qui reste bien plus intuitif à utiliser que les outils en ligne.

Bref, si on m'avait posé la question il y a 10-15 ans, j'aurais été hyper-enthousiaste concernant le travail à distance. Je le suis toujours dans une certaine mesure, mais tout en reconnaissant que les outils sont encore bien lacunaires et en admettant que le fait de se rencontrer physiquement et régulièrement a des avantages. Le travail, c'est aussi le contact social. Après, je déteste toujours autant être interrompu lorsque je suis concentré, les meetings inutiles avec trop de personnes, etc. Il y a donc du bon et du mauvais dans les deux situations (travail dans un bureau avec d'autres collègues et travail à distance).

Et une autre évidence : la plupart des gens (je n'ai pas réussi à trouver de chiffres) ne peuvent tout simplement pas travailler à distance.

Mais revenons à la situation actuelle. Quels seront les effets positifs ? Se pourrait-il que certaines personnes se rendent compte de l'importance de l'Etat, des excès d'un certain libéralisme, que la croissance à tout prix n'a pas beaucoup de sens ? On peut toujours rêver...

De manière plus certaine, il y a la baisse du trafic aérien (il suffit de lever le nez et de regarder le ciel), une baisse de la circulation sur les routes et, donc, de la pollution et du bruit. Tout cela est agréable, mais temporaire. Et à quel prix ! On peut en profiter, mais certainement pas s'en réjouir.

Enfin, on peut aussi rêver à un meilleur système de santé, où les informations ne transitent pas par fax (j'exagère à peine, malheureusement), où le matériel et les lits ne manquent pas, mais je prédis que, dans quelques temps, la population aura presque oublié tout cela et exigera à nouveau des primes d'assurance maladie plus basses (un classique, en Suisse).

Pour ce qui est des effets négatifs, l'économie souffre, évidemment. Les gens perdent leurs emplois. Les entreprises font faillite. La violence conjugale augmente. Les animaux sont abandonnés. Les festivals annulent leurs éditions (l'absence de Cully Jazz cette année m'attriste tout particulièrement). Et j'en passe... Tout cela ne va pas améliorer la situation de nos retraites. Bref, plus qu'une abstraction collective, ce sont des gens bien concrets qui souffrent et vont souffrir. Malgré mon pessimisme (j'en suis bien conscient), j'espère que cela ne sera pas vain, qu'il y aura réellement du positif dans tout cela.

Pour revenir à quelque chose de plus personnel, ces deux premières semaines de confinement relatif et de travail à la maison ont été un peu stressante, mais il y a eu un certain rapprochement entre les gens. Plus de messages sur WhatsApp, plus d'apéritifs à distance, etc. On a le sentiment que les gens ont besoin de communiquer sur cette expérience exceptionnelle qui isole, mais qui est en même temps partagée par des milliards de personnes. Qu'en sera-t-il dans quelques semaines ? Je ne sais pas. Il s'agit peut-être juste d'un engouement initial. On verra.

Je me suis surpris à aller un peu plus sur les réseaux sociaux, Facebook en particulier. Là, rien de bien nouveau : c'est un lieu rempli de choses amusantes/divertissantes, mais aussi de toutes sortes de bêtises, de réactions anxiogènes, de fausses informations, etc.

Nous avons l'habitude depuis des années de nous faire livrer nos courses à domicile, chaque semaine, via LeShop. Leur service a été complètement débordé. Au moment où j'écris ces lignes, il y a un délai de trois semaines pour être livré. C'est frustrant, mais pas étonnant. 

Du coup, nous avons été obligés de faire quelques courses supplémentaires dans des magasins physiques. C'est une expérience que je déteste en temps normal, mais, là, c'est devenu encore plus pénible. Il y a quelques jours, dans un grand supermarché de la région lausannoise, pourtant en pleine journée de semaine, je me suis retrouvé parmi une foule à mon avis trop nombreuse. Certaines personnes faisaient bien attention à garder leur distance. D'autres, non. Il y avait des gens seuls, mais aussi beaucoup trop de gens en couple (incompréhensible) et des familles avec des enfants (encore plus incompréhensible). Certains rayons étaient plus entamés que d'autres. Côté papier toilette, on prend ce qui reste. Il n'y a plus beaucoup de choix. Je ne veux pas dénoncer, mais j'ai aussi vu le boucher en train de se mettre les doigts à la bouche pour séparer les feuilles plastifiées utilisées pour emballer la marchandise (je n'invente rien !). Récemment, un anthropologue expliquait que les supermarchés sont maintenant devenus "un des seuls lieux où on peut nouer des interactions sociales, où on peut sortir de chez soi". Je ne sais pas sur quel planète il habite, mais ça ne correspond en tout cas pas à ce que j'ai vu. L'ambiance dans le supermarché où j'étais était plutôt pesante et je ne pense pas que ce soit uniquement une projection de mon état d'esprit.

Côté activités, j'ai fait moins de sport (il faudra que je fasse un effort) et écouté moins de podcasts (normal, sans les trajets jusqu'au travail). Les brunches et les promenades-goûters me manquent un peu. Nous avons dû annuler un week-end à Bâle au mois d'avril. Pour l'instant, nous l'avons déplacé au mois de septembre.

Les musées, festivals, orchestres, opéras, etc. profitent de l'occasion pour proposer une offre en ligne, souvent gratuite. Mais ça n'est pas pareil. J'aime bien les musées, mais j'aime surtout les visiter, physiquement. Sentir l'espace autour de moi. Pouvoir regarder un tableau sous différents angles. Voir un concert ou un opéra en vrai (je comptais d'ailleurs aller voir "Candide" à Lausanne), à nouveau, ça n'est pas pareil. La tentation d'appuyer sur "pause" pour aller faire autre chose n'est tout simplement plus là.

Je vais m'arrêter là. Cet article est un peu parti dans tous les sens et est déjà beaucoup trop long. Comme dit, le but était de vider un peu mon sac, de tenter de donner un peu de sens à tout cela. Je suis curieux de voir comment ces prochaines semaines vont se passer.

Mise à jour (8 avril 2020). J'écrivais que je n'avais pas trouvé de chiffres concernant le nombre de personnes qui peuvent travailler depuis chez elles. Un papier qui vient d'être publié ("How Many Jobs Can be Done at Home?")  mentionne le chiffre de 37% pour les Etats-Unis. En Suisse, je parierais sur le fait que ce taux est plus élevé, mais, comme suspecté, la majorité des gens ne peuvent pas travailler depuis la maison.

Sunday, March 22, 2020

Point méditation : début 2020

Fin 2019 et début 2020, j'ai définitivement repris goût à la méditation. Il m'arrive parfois de méditer sans application, mais je suis de plus en plus convaincu que le fait d'être guidé est une bonne chose, même après des années d'expérience. Cela correspond moins à l'image que l'on se fait de quelqu'un qui médite (tout seul, dans la nature, assis en tailleur, etc.), mais, au-delà des clichés, cela a vraiment un intérêt pour progresser.

J'utilise toujours l'application Waking Up de Sam Harris. Elle me correspond bien. Pour l'instant.

Je fais toujours des sessions de dix minutes, au lieu de quinze ou vingt minutes en 2017 et les années précédentes. Je pourrais, je pense, augmenter à nouveau progressivement la durée de mes sessions, mais l'application de Sam ne propose le choix qu'entre dix et vingt minutes. C'est une limitation qui me bloque un peu psychologiquement.

Une chose qui a changé, en une année, c'est que j'essaie de faire de la méditation metta plus régulièrement. En tout cas une fois par semaine, en principe, depuis septembre 2019. En anglais, on parle de loving kindness meditation. En français, on traduira cela par méditation de bienveillance, voire méditation d'amour bienveillant.

Si cela vous évoque des images des années 60 (des hippies, des fleurs et tout ça), c'est normal. Cela m'a fait la même chose lorsque j'ai découvert la méditation metta, lors de ma retraite vipassana en 2018. Et puis j'ai changé d'avis. J'ai peu à peu réalisé à quel point cet exercice était difficile et, donc, nécessaire.

En gros, il s'agit de développer, via un exercice de visualisation, sa bienveillance et sa compassion envers d'autres personnes, d'abord envers des gens avec qui c'est facile (des gens que l'on aime bien, naturellement, sans effort), puis envers des gens, disons, un peu plus problématiques... Enfin, il s'agira d'appliquer l'exercice à soi-même (très important). Ça n'est pas quelque chose que je fais (et que la grande majorité des gens font, j'en suis quasiment certain) facilement. D'où l'intérêt de s'entraîner, régulièrement.

Un des trucs pour développer un sentiment de bienveillance envers une personne "difficile", c'est d'imaginer que cette personne a aussi été enfant, un jour, qu'elle est le fruit de son environnement, de son parcours, de sa souffrance, etc. Mais c'est surtout le fait de l'imaginer enfant, qui me parle, ces temps-ci. S'imaginer qu'une personne a pu être "un enfant innocent", un jour, aide à être plus compréhensif, plus indulgent.

D'ailleurs, indépendamment de la méditation metta, il y a un autre phénomène similaire que j'ai remarqué : depuis que je suis père, j'ai plus tendance à voir les autres personnes comme "les enfants de quelqu'un". Quel que soit leur âge, avec un petit effort d'imagination, je peux me mettre à la place de leur père. À nouveau, c'est quelque chose qui a tendance à augmenter mon empathie.

Enfin, il m'est arrivé plusieurs fois de regarder la liste des cours vipassana de trois jours. Je pourrais être tenté d'en faire un, dans un avenir proche. Je n'ai encore vu aucune date qui pouvait me convenir, toutefois.

Friday, February 28, 2020

Les podcasts que j'écoute (encore)

Il y a deux ans et demi, j'avais déjà écrit à propos du temps que je consacre à l'écoute des podcasts. Le temps : c'est un thème très récurrent dans ma vie ces dernières années. Je ne veux pas (trop) radoter, mais j'aimerais faire le point sur ce sujet.

Peu de choses ont en fait changé quant aux podcasts que j'écoute. Je me permets un peu plus souvent de sauter des épisodes. Si le sujet paraît vraiment inintéressant, c'est facile. Parfois, c'est plus difficile. C'est un peu comme arrêter la lecture d'un livre plus décevant que prévu : on se demande toujours s'il y a un espoir que ça devienne plus intéressant par la suite...

Malgré cela, j'écoute à peu près toujours les mêmes podcasts depuis des années : le podcast de Sam Harris, Very Bad Wizards et Peach and Black. J'ai dû malheureusement arrêter Daniel and Jorge Explain the Universe par manque de temps. L'astronomie/astrophysique est pourtant un sujet qui m'a toujours passionné. Dommage, mais il faut faire des choix. Il m'est arrivé ponctuellement d'écouter des épisodes de The Tim Ferriss Show. Je n'arrive pas à suivre régulièrement son podcast, en partie par manque de temps, mais aussi parce que la quantité de publicités que Tim nous assène m'exaspère toujours autant. J'ai également écouté la première saison de The Happiness Lab, qui est une extension, en quelque sorte, du cours Coursera The Science of Well-Being de Laurie Santos. Enfin, j'écoute aussi certains épisodes de The Peter Attia Drive Podcast, un podcast un peu plus pointu ("ultra-deep-dive podcast focusing on maximizing health, longevity, critical thinking… and a few other things").

L'évolution du podcast de Sam Harris est assez surprenante. Dès les premières années (2014-15), on pouvait constater que c'était une activité un peu expérimentale pour Sam, qui, après avoir passé des années à écrire des livres et des articles, essayait, en gros, d'avoir des discussions constructives avec différentes personnes, parfois avec qui il n'était pas du tout d'accord, souvent sur des sujets sensibles (religion, etc.). Une approche assez inhabituelle, donc, alors que la plupart des podcasts misent sur des interviews plus traditionnelles ou, en tout cas, sur des discussions beaucoup plus sereines.

Avec le temps, il y a eu quelques épisodes particulièrement mauvais, puis quelque chose a changé. Je ne sais pas exactement quoi, mais le podcast de Sam a perdu quelque chose. Une sorte d'étincelle. Les discussions sont peut-être devenues un peu répétitives. En parallèle, Sam a sorti son application de méditation, dans laquelle sont inclues des leçons, qui sont en fait des interviews avec des personnes spécifiquement autour du thème de la méditation. Une sorte de podcast parallèle, plus spécialisé.

Récemment, Sam a rendu son podcast payant et cela fait plusieurs épisodes qu'il essaie une forme plus spontanée, en l'occurrence des discussions moins formelles avec Paul Bloom. C'est assez plaisant, mais je ne sais pas si c'est une formule qui peut fonctionner sur le long terme.

Bref, je suis toujours le podcast de Sam Harris, malgré les accidents de parcours et les changements parfois étonnants, mais j'apprécie aussi le fait qu'il se concentre plus sur un sujet qu'il connaît bien, la méditation, dans son application.

Question temps, j'écoute toujours mes podcasts dans ma voiture entre la maison et le travail. Comme je travaille à 80%, cela me laisse quatre jours à disposition. Deux de ces jours correspondent aux jours de crèche de mon fils. Notre crèche est pour l'instant juste à côté de mon travail, donc je n'écoute pas forcément autant mes podcasts ces jours-là. C'est au final au maximum deux heures et demie par semaine que je peux consacrer aux podcasts. Ça n'est pas énorme, mais je n'ai pas envie de dégager plus de temps pour cette activité. Au contraire, je serais plutôt tenté de la remplacer par l'écoute de livres audio, voire de musique.

Parce qu'il y a quand même un problème, avec les podcasts, c'est celui de la densité informationnelle. Il y a des podcasts très produits, mais la plupart sont basés sur des discussions, souvent des interviews. L'approche est donc assez différente par rapport à un livre ou un article, qu'un auteur va en général construire autour d'un plan très précis et qu'il peut écrire et ré-écrire à volonté. Un cas illustrant parfaitement ce que je veux dire est le podcast de Joe Rogan, dont les épisodes, peu produits, très bruts, peuvent facilement dépasser les quatre heures. Et cela reste un problème, même avec une lecture rapide (je dépasse rarement les 1.25-1.50x), avec silences abrégés, etc.

En résumé :
  • Il faut encore que j'apprenne à être plus agressif lorsqu'il s'agit de sauter les épisodes d'un podcast que je suis, à être moins attaché à l'idée de tout regarder.
  • Le cas échéant, il faut aussi que j'apprenne à sauter les sections d'un épisode où seule une partie me paraît intéressante. Very Bad Wizards est un exemple typique, les épisodes étant très souvent construits autour de 2-3 sections indépendantes.
  • Je n'ai aucun problème à écouter des podcasts juste pour le divertissement, tel que Peach and Black. Pas besoin de trop philosopher, ici : le fait de rire tout seul dans ma voiture est une raison, je pense, suffisante.

Monday, February 17, 2020

Ecrire plus librement

Ayant eu de la peine à écrire régulièrement sur mon blog, l'année passée, j'ai tenté une nouvelle approche à la fin de l'année : je me suis donné comme but d'écrire plus ou moins chaque jour, aussi peu ou autant que je le souhaite. Ça pouvait être deux ou trois phrases. Ou une seule. Ou alors plusieurs paragraphes. Sur n'importe quel sujet. Pourvu qu'il soit plus ou moins cohérent.

Ça a marché : après six mois sans écrire, je suis parvenu à écrire un ou deux articles par mois. Rien d'impressionnant, mais, par rapport à rien du tout, c'est toujours ça. Mon but est toujours le même depuis des années : écrire pour m'exercer à l'écriture ; si, pas hasard, je parviens à écrire quelque chose d'intéressant, c'est un bonus.

On peut voir les choses sur une échelle continue : d'un côté, il y aurait l'écriture spontanée (avec des services tels que 750 Words, par exemple), dont le but est d'écrire pour soi, le plus régulièrement et le plus vite possible, sans trop réfléchir, quitte à écrire des séquences de mots qui n'ont aucun sens ; de l'autre, il y aurait les livres sur lesquels les auteurs travaillent des mois ou des années. Mon but se trouve plutôt du côté de l'écriture spontanée. Une forme d'écriture relativement rapide, presque automatique, mais pas trop.

Cet exercice se rapproche de celui proposé par un professeur de français que j'ai eu lorsque j'avais 14 ans. Chaque semaine, nous devions écrire un texte. Une page A4 minimum, je crois. Nous pouvions écrire sur n'importe quel sujet. L'exercice n'était pas noté, mais obligatoire. Mon professeur sélectionnait quelques textes, lus devant la classe par leurs auteurs. Je me souviens avoir lu un de mes textes une fois. Peut-être deux.

Sur une feuille ou sur un blog, dès qu'il y a un public potentiel, l'exercice reste difficile. Je m'en suis rendu compte ces dernières semaines. Au début, comme dit, cela marchait relativement bien. Puis l'auto-censure a refait son apparition. J'ai essayé d'écrire un article. Je me suis dit que ce que j'écrivais était médiocre. Je suis passé à autre chose. Avec difficultés, toujours. Les voix autocritiques, mais aussi celles des critiques imaginaires, sont presque impossibles à museler...

Bref, je vais essayer de revenir à un peu plus de spontanéité.

Monday, February 3, 2020

Learning How to Learn: my notes

The following are my notes for the "Learning How to Learn" Coursera course:
  • pomodoro: to counter procrastination, do something, at least for some time, discomfort will then disappear ; then reward yourself
  • if you’re stuck: take a break, take a walk, daydream (i.e. alternate between focused and diffuse mode)
  • spaced repetitions (i.e. avoid cramming)
  • sleep/dreams: helps learning
  • physical exercise: helps the brain (helps new neurons to be used/created)
  • we can hold only 4 pieces of information in our conscious mind at the same time
  • link between anxiety/depression and procrastination, perfectionism, fear of failure, habit, pain avoidance, etc.
  • creativity/problems: it helps to zoom in and zoom out to have different perspectives (i.e. look at details but also wonder “Why am I doing this?”, etc.) ; zooming out = consciously do what sleeping/walking/daydreaming does unconsciously
  • writing tips
    • do not edit (i.e. re-read) while writing ⇒ hide what’s before what you’re writing
    • do not outline (really ?)
    • try to be in diffuse mode (rather than focused mode) while writing the core of the text, then re-read (i.e. edit) yourself
  • practice + repetition ⇒ chunks of knowledge (me: “Chunks are little networks of information that gradually become units of knowledge through practice and repetition”)
  • chunks = easy-to-access items
  • forming chunks: bits by bits, steps by steps, repetition
  • example of big picture process: look at the chapters of a book/course
  • chunking: focused attention, understanding, practice
  • practice and recall (i.e. actively recalling what you just learnt) leads to better learning
  • recall = mental retrieving of the key ideas
  • summing up ideas (in margins) instead of highlighting (which gives the illusion of understanding/competence)
  • tip: change the environment (i.e. physical place where you are learning)
  • chunks can be applied in different context (transfer)
  • an initial idea of how to do something can prevent better ideas (i.e. intuitions can be misleading)
  • mistakes are good (help fight the illusion of competence)
  • interleaving (e.g. skipping around exercices, etc.): helps learning more deeply
  • 4 parts of habits
    • the cue (e.g. seeing the first item on your to-do list)
      • location
      • time
      • how you feel
      • reactions
    • the routine (= zombie mode)
      • plan (e.g. ritual like having a favorite chair)
    • the reward
      • find a more rewarding reward than procrastination
      • mini-deadlines usually work well
    • the belief (we need to change our underlying beliefs to develop habits)
      • gain trust in your new system
  • tackling procrastination: process bit by bit, day after day
  • tip: focus on process, not product (e.g. aim for spending 20 minutes working, instead of finishing something) ⇒ it’s important to “just start” something (hence the effectiveness of pomodoro)
  • tip: quiet space (or noise-cancelling headphones)
  • willpower: only needed to change your reaction to the cue
  • weekly/daily to-do lists
    • choosing tasks for a day the day before is good (night ⇒ put you in zombie mode)
    • mix tasks with walks or chores ⇒ gives the brain the space it needs (diffuse mode)
    • important to have break times
    • having a quitting time (e.g. 5 PM) is good
    • don’t be too unsettled by unexpected events, meetings, obligations, etc. (they’re part of life)
    • starting by what you least want to do (at least for a while) might be a good idea
  • tip to learn: visualize things, use sounds as well (i.e. say things out loud)
  • tip to learn: use flash cards ⇒ interleave + spaced repetition (e.g. repeat something just going to bed)
  • learning “hacks” such as visualizing list items in a familiar place actually help “real learning” (i.e. it’s not only a quick hack to memorize lists)
  • tip: funny visualizations are more efficient
  • memory = long term memory + working memory
  • use groups/associations (between numbers and familiar dates, for example)
  • metaphors/analogies
  • Einstellung is “the development of a mechanized state of mind. Often called a problem solving set, Einstellung refers to a person's predisposition to solve a given problem in a specific manner even though better or more appropriate methods of solving the problem exist.” = “being blocked by thinking about a problem in the wrong way”
  • being smart/intelligent might mean being able to hold more things in your working memory (e.g. 9 instead of 4), but it also makes being creative more difficult, because you are more likely to get stuck by Einstellung
  • imposter syndrome is very common
  • perseverance = the virtue of the less brilliant (actually a good thing to go further than what your intelligence alone allows you to go)
  • studying with others: allows to check if you really understood something or not
  • tests: revisit your answers (take a “big picture” perspective)
  • tests: begin with hard problems first, quickly switch to easy problems if stuck (to trigger the diffuse mode) = hard start - jump to easy
  • calm yourself by deep breathing (belly must move, not the chest)
  • procrastination tip: set appointments with yourself

Saturday, January 18, 2020

Le streaming va-t-il tuer la musique ?

J'ai définitivement cessé d'acheter de la musique sur support physique en 2012. Malgré tous les efforts de l'industrie du disque, il n'a jamais été aussi facile de pirater la musique, mais je tiens tout de même à encourager les artistes que j'apprécie en achetant leur musique. Je le fais en achetant des fichiers lossless sur des plateformes telles que Qobuz, HDtracks ou CD Baby.

Les services de streaming, bien que beaucoup plus simples que la gestion d'une collection personnelle, ne m'ont jamais particulièrement attiré, pour plusieurs raisons. D'abord, les catalogues de ces services sont encore largement incomplets (artistes ou labels manquants, etc.) et, évidemment, s'en tiennent à des enregistrements officiels. Pour tout ce qui est bootlegs, il faut de toute façon passer par d'autres canaux.

Un autre défaut de ces services est qu'ils contiennent souvent des versions incorrectes de certains morceaux. Je n'en ai pas fait l'expérience personnellement, mais je lis régulièrement dans des forums que tel ou tel morceau sur tel ou tel album n'est pas la version "album", mais une version "edit" ou provenant d'un single ou d'une compilation, par exemple. Pour la plupart des gens, cela passera inaperçu. Pour quelqu'un de sérieux à propos de la musique, c'est parfaitement inacceptable. Il est de plus très difficile de remonter ce genre d'erreurs et lorsqu'elles sont communiquées au service de streaming, il est rare qu'elles soient corrigées, tout du moins dans un temps acceptable.

Un autre cas non supporté par les services de streaming : les éditions multiples d'albums. A nouveau, j'imagine que c'est un cas relativement pointu, mais je peux lister de nombreux exemples où je sais que différentes versions d'un album contiennent une version différente d'un morceau ou un mix particulier. Par exemple, pour Bitches Brew de Miles Davis, les premières éditions en CD contenaient un très mauvais mix. Il y a eu un remix réalisé en 1997, avec certaines imperfections. Un remaster réalisé à partir du mix originel a été réalisé plus tard, sorti d'abord au Japon, si je me souviens bien. Pour les albums Agharta et Pangaea, il existe en tout cas 2-3 versions de chaque album avec des durées et des mixes/effets différents. En tant que fan/collectionneur, je me dois d'avoir ces différentes versions et il m'arrive réellement d'en écouter l'une ou l'autre selon l'envie du moment.

Pire encore : les éditions streamées ne sont désormais plus exactement identiques aux versions des supports physiques. C'est quelque chose que j'ai découvert en achetant le dernier album de Keith Jarrett, Munich 2016, l'année passée, sur Qobuz. Je racontais sur un groupe de discussion consacré à Keith Jarrett que le choix de supprimer les applaudissements à la fin de chaque morceau sur cet enregistrement live était un choix intéressant : cela amplifiait pour moi le sentiment de solitude de l'artiste, jouant live, mais comme sans public. En effet, Keith Jarrett s'est retiré de la vie publique suite à des problèmes de santé et n'a plus joué le moindre concert depuis février 2017. Je trouvais que c'était un choix artistique judicieux. Quelqu'un m'a toutefois rapidement fait remarquer que, sur le CD qu'il avait acheté, il y avait des applaudissements. Etrange : les fichiers FLAC que j'achetais sur Qobuz ont pourtant toujours été identiques au CD.

Renseignements pris auprès de Qobuz, puis de la maison de disque ECM, j'ai appris que les services de streaming imposent désormais aux labels de supprimer les applaudissements de leurs albums live pour permettre aux morceaux de se retrouver dans des playlists automatiques. Les plateformes comme Qobuz ne faisant aucune distinction entre les versions streamées et téléchargées des albums, les labels ne fournissent donc plus qu'une version tronquée/incomplète des morceaux aux plateformes de streaming/téléchargement. Il n'y a plus qu'un seul moyen d'obtenir la version numérique complète d'un album live : acheter le CD. On croit rêver. C'est la mort dans l'âme qu'ECM a accepté de se plier à cette règle complètement absurde portant atteinte à l'intégrité artistique de certains albums. Pour des raisons financières, évidemment. ECM est un petit label. Ils n'ont pas beaucoup de marge de manoeuvre. Pour ce cas bien précis, l'employé d'ECM avec qui j'étais en contact m'a spontanément proposé de me mettre à disposition des fichiers FLAC complets, mais il n'y a désormais plus aucun moyen d'acheter ces fichiers FLAC en ligne, de manière légale.

Bref, pour toutes ces raisons, je n'ai pas beaucoup d'admiration pour les plateformes de streaming (c'est bien entendu une litote, j'essaie de rester poli...). Et n'oublions pas que, pour ne rien arranger, les musiciens sont très peu payés pour leur musique lorsqu'elle est streamée sur ces plateformes.

Pourtant, le streaming, d'un point de vue technique, c'est idéal. D'ailleurs, je streamais déjà ma musique avec Squeezebox / Logitech Media Server en 2005, alors que Spotify n'existait pas encore. J'utilise désormais Plex, mais le principe est le même : je streame ma musique, mais depuis ma collection personnelle, que je maîtrise complètement. Alors, oui, c'est plus de travail et tout ce temps que j'ai passé, depuis 2000-2001, à ripper mes CDs, compresser mes fichiers au format FLAC, tagger ma collection, etc. me semble maintenant un peu fou, mais, lorsque je vois ce qui est en train d'arriver, je ne suis pas mécontent d'avoir un peu le contrôle sur tout cela.

Et, non, selon la loi des titres de Betteridge, le streaming ne va pas tuer la musique. Je suis bien conscient que je fais partie d'une minorité de personnes qui prennent très au sérieux la musique qu'ils écoutent. Pour la plupart des gens, le streaming permet un accès facilité à une quantité phénoménale d'artistes. Au détriment d'une certaine rigueur, malheureusement, mais c'est un compromis.

Sunday, January 12, 2020

Lire plus de fiction II

J'ai passé un bon moment à fusionner les listes de livres mentionnées dans mon article précédent, à l'aide de quelques expressions régulières bien choisies pour l'extraction des données, avant de m'apercevoir qu'il existe déjà un site faisant ce que je cherchais à faire : The Greatest Books.

Seulement, au lieu d'utiliser les 5-6 listes que j'avais sélectionnées, ce site en utilise une centaine. C'est beaucoup mieux que ce que j'avais en tête. Il n'utilise pas toutes les listes de ma première sélection, mais ça n'est pas vraiment grave, vu la quantité totale de listes exploitées. Je regrette peut-être juste que la liste "Best Books Ever" de Goodreads ne soit pas inclue.

Un rapide coup d'oeil à la liste de livres sur The Greatest Books permet de se convaincre de son côté international. Proust est en tête, suivi par James Joyce, puis par Miguel de Cervantes.

Dans les cent premières entrées, on trouve les livres français suivants :
  • À la recherche du temps perdu de Marcel Proust (1)
  • Madame Bovary de Gustave Flaubert (14)
  • L'Étranger d'Albert Camus (35)
  • Le Rouge et le Noir de Stendhal (39)
  • Candide de Voltaire (50)
  • Les Misérables de Victor Hugo (52)
  • Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (82)
  • L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert (84)
  • Gargantua et Pantagruel de Francois Rabelais (91)
  • Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire (95)
10% de livres français, donc, ça n'est pas énorme, mais ça me paraît raisonnable. Pour une sélection de dix oeuvres françaises incontournables, ça m'a également l'air totalement acceptable.

Pour comparaison, la liste "Top des meilleurs classiques de la littérature française" sur SensCritique contient les livres suivants dans les dix premières positions :
  • Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire
  • Les Misérables de Victor Hugo
  • L'Étranger d'Albert Camus
  • Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos
  • Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry
  • Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline
  • Madame Bovary de Gustave Flaubert
  • Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand
  • Bel-Ami de Guy de Maupassant
  • Le Rouge et le Noir de Stendhal
6 de ces livres se retrouvent dans les 10 premiers livres français de The Greatest Books. Les Liaisons dangereuses arrive en position 136 dans The Greatest Books ; Le Petit Prince, en position 107 ; Cyrano de Bergerac, en position 511 ; Bel-Ami n'apparaît pas dans la liste. Quoique imparfaite, on a donc une certaine cohérence entre ces deux listes.

Bref, je ne vais pas m'étendre encore plus sur le sujet. Tout ça pour dire que je vais adopter The Greatest Books comme liste de référence pour mes "classiques" littéraires. En 2020, j'ai déjà lu Candide, avec beaucoup de plaisir.

Côté cinéma, j'utilise désormais le site Phi-Phenomenon comme référence. Il s'agit d'un site qui synthétise également plusieurs listes de films "classiques". J'ai rapidement été convaincu : comment ne pas faire confiance à une liste qui contient 2001: A Space Odyssey en première position ? :)

Saturday, December 28, 2019

Lire plus de fiction

Je me faisais la remarque, récemment, en regardant la liste des livres que j'ai lus en 2019, que je ne lis pas énormément de fiction. C'est pourtant quelque chose que j'aimerais faire plus, mais, naturellement, j'ai plutôt tendance à lire des essais ou des ouvrages de vulgarisation.

Je réalise progressivement que cette tendance est due à l'idée, peut-être inconsciente, que la littérature non fictionnelle cache une promesse, celle de permettre au lecteur d'apprendre quelque chose, de découvrir de nouvelles idées et, au final, de devenir une personne un peu meilleure. C'est particulièrement flagrant avec les livres de développement personnel (self-help, en anglais), mais il me semble que cette promesse est presque toujours là, implicitement, qu'il s'agisse d'un ouvrage de psychologie, de philosophie ou d'une biographie. Voire d'un livre de recettes de cuisine.

Du coup, il y a presque quelque chose de l'ordre de l'addiction. Et si ce livre-là, le prochain que je vais lire, me permettait de développer ma compassion envers les autres ? Ou d'améliorer ma santé ? Ou de devenir un meilleur ingénieur ? Un meilleur père ?

Je m'étais donné comme but il y a plusieurs années de lire en tout cas un "classique" chaque année (quelle que soit la définition que l'on donne à ce mot). Il y a quelques temps, j'ai à nouveau réalisé avec frustration que c'est beaucoup trop peu. J'ai vraiment envie d'être plus ambitieux.

Le problème, c'est que les classiques sont souvent longs à lire. La plupart des livres que je lis font peut-être 150-300 pages, rarement plus. Les classiques peuvent en faire 900 ou 1000, facilement.

Un autre problème, c'est que les livres non fictionnels peuvent être résumés. Et j'aurais tendance à dire qu'ils peuvent souvent l'être sans grande perte. Je n'ai pour l'instant lu qu'un seul résumé de livre (Summary: The 4-Hour Body, un résumé de The 4-Hour Body de Tim Ferriss), mais je pourrais être tenté d'utiliser un service tel que Blinkist à l'avenir. Pour un livre de fiction, au contraire, lire un résumé au lieu de l'oeuvre complète n'a aucun sens.

Pour les films, j'arrive pour l'instant facilement à regarder 2-3 "classiques" par mois, donc 25-30 par année. En dix ans, j'arriverai donc à regarder un nombre raisonnable de ces films. Disons 200-300 environ. C'est déjà pas mal.

Pour les livres, comme dit, c'est beaucoup plus problématique, mais j'ai tout de même envie de faire un effort. Concrètement, je vais viser dans un premier temps les classiques qui se trouvent au moins sur plusieurs listes de livres considérés comme des classiques.

Mais quelles listes ?

Rapidement, j'en trouve plusieurs :
Littérature française, point de vue français, vingtième siècle : ces listes sont quelque peu biaisées. Si l'on va voir du côté de Goodreads, c'est le biais anglo-saxon qui ressort, cette fois-ci. C'est un phénomène qu'on retrouve beaucoup moins quand on regarde des listes similaires pour les films.

En dehors de la liste établie par le Cercle norvégien du livre, il semblerait donc qu'il faille "choisir son camp". Etant de langue maternelle française, je favoriserais donc plutôt un point de vue francophone. Par contre, il me paraît inutilement contraignant de s'en tenir à la littérature du vingtième siècle, aussi riche soit-elle.

Et puisqu'on parle de langue : en dehors du français et de l'anglais, je devrai me contenter de traductions. Même pour l'allemand, que j'ai pourtant étudié durant des années. Or, une bonne traduction, c'est chose plutôt rare, si j'en crois les arguments convaincants de Milan Kundera. Il faudra donc que j'accorde une attention toute particulière à ce point.

Pour ce qui est de la longueur des livres et pour ne pas me décourager en enchaînant des pavés, il me semble sain d'alterner des livres plutôt longs et des livres plutôt courts. Le site Reading Length donne des approximations pour ce qui est du nombre de mots et du temps de lecture d'un livre. Pour les films, c'est un critère que je n'ai pas besoin de prendre en compte, puisque la plupart des films durent entre 90 et 180 minutes, rarement plus.

Voilà pour la théorie. On verra ce que ça donne en pratique !

Saturday, December 14, 2019

Getting Things Done (GTD) : point 2019

Il y a un peu plus de quatre ans, j'ai écrit un article sur mon système GTD. Très peu de choses ont changé depuis. J'utilise toujours les mêmes outils (Google Drive, Google Calendar, Gmail), la même structure de documents et le même processus.

Je suis toujours aussi convaincu par GTD. L'une des idées principales de cette méthode est qu'il est primordial de se vider la tête, régulièrement, de manière systématique, et d'organiser toutes ces idées, toutes ces tâches, sous forme de listes. Cela paraît intuitif et, lorsque les gens se sentent submergés, confus, nombre d'entre eux ont le réflexe de mettre par écrit leurs idées, mais peu ont une véritable méthode pour les organiser par la suite. Souvent, ces idées terminent par conséquent sur des feuilles ou des Post-it, qui s'entassent sur un bureau, sans jamais être véritablement traitées ou suivies. J'en ai été témoin personnellement, à de maintes reprises.

L'intérêt d'une liste de prochaines actions ou de tâches, psychologiquement, est qu'il suffit ensuite de parcourir cette liste, de choisir une tâche et de "machinalement" l'effectuer. Evidemment, il faut toujours du temps, de l'énergie et de la motivation, mais il y a définitivement un côté automatique à ce processus. Un obstacle psychologique en moins.

En novembre 2013, j'ai commencé à faire une planification de mes projets/tâches semaine par semaine. Petit à petit, je me suis retrouvé à planifier mes tâches pour chaque jour de la semaine, chaque dimanche. Comme expliqué dans mon article de 2015, je trouvais que c'était une granularité intéressante. Moins d'une semaine avant, je connais en principe mon agenda et, donc, le temps libre que j'ai à disposition. Si un imprévu surgit, cela "bouleverse" peut-être un jour dans la semaine, au grand maximum deux ou trois jours. En général, cela me permet d'équilibrer ma semaine.

Mais cet outil, mon planning hebdomadaire, est progressivement devenu trop contraignant. J'ai perdu toute spontanéité. Le côté automatique/robotique a pris le dessus. En mai 2019, j'ai ressenti le besoin de laisser tomber ma planification journalière, qui était devenue source de stress.

Depuis, je fais toujours une to-do list hebdomadaire, mais je ne décide pas précisément de l'organisation de mes journées. Je dresse une liste générale des tâches que je souhaite réaliser dans la semaine, ce qui me permet, chaque jour, de choisir mes tâches en fonction de ma motivation, de mon énergie et de mon temps à disposition

Je conserve toutefois une checklist journalière pour les choses que je souhaite réaliser tous les jours (sport, méditation, lecture, etc.). Cette checklist reste pour moi plus une source de motivation que de stress. Tant que je ne la charge pas trop.

Je crois que la conclusion, c'est que mon système GTD doit constamment évoluer en fonction de mes besoins psychologiques, de mon rythme de vie. Je ne l'ai pas assez remis en question ces dernières années. Je vais tâcher d'être un peu plus attentif à ce point, d'exploiter les forces de GTD, sans tomber dans une forme de rigidité.

Saturday, November 30, 2019

Top IMDb

Cette année, je m'étais donné comme but d'avoir regardé les cent premiers films du top 250 d'IMDb. Au moment d'écrire ces lignes, c'est chose faite : j'ai regardé les 110 premiers films de cette liste.

Officiellement, je me donne ce genre de buts en partie parce que la vie est courte : j'aime regarder des films ; autant regarder ceux qui sont considérés comme les meilleurs.

En réalité, je le fais aussi parce que c'est ludique. A tout moment, un film peut apparaître à une position élevée dans le top. Cela peut arriver avec des films récents, comme Joker, qui est entré à un moment dans le top 10, si je me souviens bien, et que nous sommes finalement allés voir au cinéma. Cela est aussi arrivé il y a quelques temps avec Harakiri, de 1962, qui a subitement fait son apparition dans le top 30.

Aussi, cela me pousse à regarder des films que je ne regarderais pas sinon : des films de samouraïs, des westerns, des comédies indiennes, des films DC/Marvel, etc.  Il y a eu de très bonnes surprises, qui font que je ne regrette pas de m'être "forcé" à regarder ces films. Il y a aussi eu des déceptions, mais qui restent toutes relatives. Et très peu nombreuses, somme toute.

Enfin, il faut noter que le top 250 d'IMDb est très connu, mais ce n'est qu'une liste de films parmi d'autres : le top 250 de Letterboxd, Phi Phenomenon, la liste des meilleurs films de Wikipedia, le top de Metacritic, le top 100 de Rotten Tomatoes, etc. Certains films - de vrais classiques, on dira - se retrouvent sur la plupart de ces listes. Pour d'autres, le consensus n'est pas au rendez-vous.

Mais soyons ambitieux : mon but, à terme, est d'avoir vu au moins les cent films les mieux classés de chacune de ces listes ! :)