Sunday, October 23, 2011

Les médecines alternatives, une nouvelle religion ?

L’expression “médecine alternative” (ou médecine “douce”, “complémentaire”, “parallèle”, etc.) regroupe en réalité de nombreuses pratiques, très différentes les unes des autres. Mon but n’est pas ici de discuter leurs mérites (ou, le plus souvent, absence de mérites) respectifs ou de présenter en détail ce qu’est l’effet placebo, mais de faire un parallèle avec la religion. Y compris dans ses dangers, car la médecine alternative tue régulièrement (exemples récents : Steve Jobs et un enfant italien de trois ans).

Pour faire court et en simplifiant à l’extrême, on peut dire que la plupart des gens se tournent vers la religion pour y trouver un réconfort, des réponses qu’ils ne trouvent pas ailleurs. La plupart de ces questions concernent le sens de la vie. D’où venons nous ? Où allons-nous ? Quel sens a notre existence ?

La science peut répondre à la question de notre origine et de notre destinée physique. Elle n’a par contre pas pour but de répondre à la question du sens de la vie. Ce qu’elle nous apprend, toutefois, est que le cerveau est un organe spécialisé dans le traitement de l’information : il interprète en permanence une multitude d’influx nerveux en provenance de nos sens (yeux, oreilles, etc.). Associer des noms à des visages, des notes de musique à des sons, des souvenirs à des odeurs, etc. Les exemples sont innombrables.

Consciemment ou, la plupart du temps, inconsciemment, notre cerveau extrait des idées, des concepts, du monde qui nous entoure et de nos souvenirs. On pourrait presque dire qu’il ne peut pas s’en empêcher. C’est un réflexe, qui, parfois, nous joue des tours : en regardant les nuages, on peut aisément y percevoir des objets, souvent incongrus. Autrement dit, notre cerveau voit également des choses qui n’existent pas (voir à ce sujet le concept de paréidolie). Parce qu’il est fait pour cela : donner du sens, que ce sens corresponde à la réalité ou non.

Ce mécanisme explique toute une série de phénomènes. Par exemple, pourquoi certaines personnes sont incapables d’accepter les coïncidences et y voient toujours un lien de cause à effet. Ou pourquoi certaines personnes voient des conspirations là où il n’y en a pas (participation du gouvernement américain dans les attentats du 11 septembre 2001 ou dans la dissimulation d’extra-terrestres, pour n’en citer que quelques-unes). De mon point de vue d’athée, ce même mécanisme explique également bien des pratiques et croyances religieuses (existence d’un ou plusieurs dieux, de l’âme, de la vie après la mort, etc.).

La question du sens de la vie semble donc devoir avoir une réponse, parce que nous avons l’habitude de donner un sens à tout ce que nous percevons, à tout ce que nous vivons, mais, en réalité, il se peut très bien qu’il s’agisse d’une question sans réponse. La vie peut très bien ne pas avoir de sens intrinsèque. On peut toutefois lui donner le sens que l’on souhaite. Cette position intellectuelle (qui est celle des existentialistes, entre autres) est inconfortable, voire déprimante, en tout cas à première vue, mais logiquement tout à fait acceptable.

Ainsi, certaines personnes “tournent le dos”, pour ainsi dire, à la science et à la philosophie, se tournent vers la religion, en quête de réponses, qui doivent exister, pensent-elles. On peut constater un comportement similaire chez les gens qui, déçus par la médecine conventionnelle, se tournent vers la médecine alternative, en quête de traitements pour leurs problèmes de santé. Un traitement efficace doit exister, après tout.

Loin de moi l’idée de vouloir prétendre que la médecine conventionnelle est parfaite. Elle ne l’est pas. Souvent, elle se concentre trop sur les symptômes et pas assez sur la véritable source de nos maladies. La chirurgie est encore, à bien des égards, de la boucherie. L’industrie pharmaceutique devrait probablement être mieux régulée. Les médecins n’ont pas assez de temps à consacrer à leur patient. J’irai même jusqu’à dire que la médecine conventionnelle a à apprendre de la médecine alternative. Cependant, je reste convaincu que c’est en se servant de la raison et en essayant de comprendre le corps humain que la médecine vaincra les maladies, pas en se soumettant à la superstition.

Si la médecine conventionnelle ne peut aider quelqu’un, ne peut lui proposer un traitement, cela ne signifie pas forcément que la médecine alternative le pourra. Il y a dans l’homéopathie, l’acupuncture et bien d’autres de ces pratiques douteuses une facilité que l’on retrouve également dans les réponses toutes faites de la religion : “Vous voulez un traitement ? En voici un !” Peu importe qu’il s’agisse de gouttes d’eau ou de pilules sucrées. Il y a une demande, donc il y a une offre. L’industrie des “médicaments” homéopathiques et autres traitements phytothérapiques n’a rien à envier à l’industrie pharmaceutique : elle amasse également des milliards.

Comme je l’ai déjà dit, je ne compte pas expliquer ici comment entrent en jeux l’effet placebo ou les mécanismes d’auto-guérison du corps humain, souvent sous-estimés, comment ils donnent l’impression, tout à fait illusoire, dans la plupart des cas, que la médecine alternative pourrait être efficace. J’aimerais juste insister sur le fait qu’il y a des alternatives - certes, plus difficiles à mettre en oeuvre - à la “médecine superstition”.

Pour ne citer que quelques pistes, combien de gens font réellement des efforts pour manger mieux, faire plus de sport, réduire leur stress, dormir plus ou arrêter de fumer ? Autrement dit, prendre leur santé au sérieux, de manière responsable ? Certainement pas assez. Cela paraît évident, mais, avant de guérir, il faudrait d’abord penser à prévenir, lorsqu’on sait comment le faire. Toutes ces approches n’ont pourtant rien à voir avec la médecine alternative. Elles ont, au contraire, été validées par des études scientifiques. On peut mettre en évidence les effets positifs de la méditation, par exemple, et les effets néfastes de la fumée sont connus depuis longtemps.

En guise de conclusion, je dirais que ce retour aux “sources”, cet attrait renouvelé pour la médecine alternative, a quelque chose de profondément malsain. Bien entendu, il ne faut pas “jeter le bébé avec l’eau du bain”, comme diraient les anglophones. La médecine conventionnelle a encore beaucoup de choses à apprendre, y compris des médecines alternatives (l’écoute du patient, le conseil, etc.), mais il faut savoir reconnaître ses côtés positifs et, surtout, prendre ses responsabilités, accepter que notre santé de dépend pas uniquement de la médecine, mais aussi des choix de vie que nous faisons.

Monday, January 17, 2011

fring : encore un moyen de donner moins d'argent à Swisscom

J'ai récemment réalisé que fring facturait la minute de communication vers le réseau mobile suisse 6.9 centimes (0.069 francs suisses, donc, ou 5.3 centimes d'euro) par minute. C'est bien moins que les 54.7 centimes par minute de Skype. J'ai contacté le service clientèle de fring, qui a confirmé ce tarif d'autant plus étonnant que la minute de communication vers le réseau fixe est facturée 15.36 centimes !

Il est intéressant de savoir que fring, contrairement à Skype, ne facture pas de frais de connexion. Chez Skype, ces frais s'élèvent à 6.8 centimes.

Par conséquent, fring devient dans certains cas une alternative avantageuse à Swisscom si vous disposez d'un smartphone. Voici un tableau donnant la meilleure option dans les cas les plus courants (hors appels internationaux), pour un abonnement NATEL liberty de Swisscom :



Notes :

Thursday, December 02, 2010

Téléphonie mobile : comment donner moins d'argent à Swisscom & Co.

La situation de la téléphonie mobile en Suisse n'est pas avantageuse pour le consommateur. Pour simplifier, on pourrait dire qu'on a le choix entre, d'un côté, une bonne couverture réseau et des prix élevés (Swisscom) et, de l'autre, une mauvaise couverture réseau et des prix à peine plus avantageux (Orange et Sunrise). Difficile de comparer directement les différentes offres des opérateurs, de toute manière.

Dans tous les cas, si vous accédez à Internet via votre téléphone mobile, il y a moyen d'économiser de l'argent, dans plusieurs cas.

Prenons les SMS chez Swisscom, par exemple. Si vous disposez d'un abonnement NATEL liberty, chaque SMS vous coûtera 20 centimes. Une fortune, autrement dit. Sur Android, BlackBerry, iPhone et Nokia, une application appelée WhatsApp vous permet d'envoyer facilement des messages à vos contacts (qui devront au préalable avoir installé la même application). Sur iPhone, cette application coûte 1.10 frs. Moins de six SMS chez Swisscom ! D'autres solutions existent, comme Boxcar (interfaçage possible avec Twitter, Facebook, etc. et leur système de messages directs). Dans le cas où un message n'aura pas besoin d'être lu tout de suite, un email fera tout aussi bien l'affaire, bien entendu.

Pour les MMS, les tarifs de Swisscom sont tout aussi ridicules : 50 centimes pour un MMS jusqu'à 30 Ko et 90 centimes pour un MMS jusqu'à 300 Ko. Dans le pire des cas, avec un abonnement NATEL liberty, si vous avez épuisé votre quota de données mensuel (100 Mo, 250 Mo ou 1 Go), chaque tranche de 100 Ko supplémentaire vous coûtera 1 centime. Pour envoyer une image jusqu'à 30 Ko (via WhatsApp, email ou autre), il vous en coûtera donc 1 centime (et non 50 centimes). Pour une image jusqu'à 300 Ko, il faudra compter 3 centimes (et non 90 centimes). Faites le calcul : Swisscom vend ses MMS en tout cas plusieurs dizaines ou centaines de fois plus chers que les données Internet. Cherchez l'erreur...

Pour les appels téléphoniques, la situation est un peu plus compliquée. Si vous êtes connectés à un réseau Wi-Fi (chez vous, par exemple) et que votre interlocuteur dispose de Skype ou d'une application VoIP similaire (fring, iCall, etc.), la question ne se pose presque pas : il faut utiliser l'application VoIP (communication gratuite) au lieu de passer par Swisscom & Co.

Si votre interlocuteur dispose d'un téléphone fixe, alors le coût de la communication avec un abonnement NATEL liberty grande ou mezzo est de 50 centimes par tranche de 60 minutes entamée. Un prix presque aussi ridicule que celui des SMS et des MMS, à moins que vous ayez l'habitude de faire de longs appels. Via Skype, le prix actuel est de 6.8 centimes (frais de connexion), puis 3.3 centimes par minute entamée. Par conséquent, jusqu'à 13 minutes, un appel via Skype sera plus avantageux.

Si votre interlocuteur dispose d'un téléphone mobile sur le réseau Swisscom, dans ce cas, Skype devient moins avantageux (6.8 centimes, puis 54.7 centimes par minute, contre 50 centimes par heure via Swisscom). Dans le dernier cas (interlocuteur sur le réseau mobile Orange ou Sunrise), Swisscom est également plus avantageux (10 centimes par tranche de 12 secondes).

Imaginons maintenant que vous n'ayez pas accès à un réseau Wi-Fi, mais que vous ayez un bon accès au réseau 3G (pas évident !) et que vous désiriez appeler un téléphone fixe. Selon les informations que j'ai pu trouver, un appel Skype a besoin, dans le pire des cas, de 70 kbps de bande passante, donc 8750 octets par seconde. Une tranche de 100 Ko (1 centime maximum) sera donc "consommée" en un peu plus de 11 secondes. Via Skype, 4 minutes de conversation vous coûteront donc 6.8 centimes de frais de connexion, plus 3.3 centimes par minute x 4 minutes, plus 21 centimes de données (à 1 centime la tranche de 100 Ko), soit 41 centimes. Au-delà de 4 minutes, Swisscom redevient plus avantageux.

(J'ai pris ici les forfaits Swisscom comme base, mais j'imagine que des calculs similaires peuvent être faits pour Orange et Sunrise.)

Il est donc plus facile d'économiser sur les SMS/MMS (hyper-surtaxés !) que sur les appels téléphoniques, mais c'est déjà un début. Si les centaines de milliers (millions ?) d'utilisateurs suisses de smartphones profitaient des alternatives à leur disposition (applications, etc.), il est probable qu'ils pourraient globalement économiser des millions de francs par an.

Mise à jour (3 décembre 2010). Kik Messenger est une autre application de messagerie instantanée (destinée à remplacer les SMS), gratuite, celle-ci, similaire à WhatsApp et disponible pour Android, BlackBerry et iPhone. Merci à Miguel pour l'information !

Mise à jour (18 janvier 2011). J'ai corrigé l'article en prenant en compte que les frais de connexion facturés par Skype sont de 6.8 centimes (avec TVA) et non 5.9 centimes (sans TVA).

Monday, November 15, 2010

Streaming music from Squeezebox Server to an iOS device

A few years ago, I noticed that it was not possible to stream music from Squeezebox Server (previously called SlimServer, then SqueezeCenter) to an iPod Touch. Fortunately, things have changed: bugs have been fixed and iOS 4 now supports multitasking (since June 2010). A few weeks ago, I reinstalled Squeezebox Server on my Ubuntu server and realized that it was finally possible to use my iPhone to play music from my server. Here’s how I currently do it:
  1. Start Safari on your iPhone
  2. Enter the following URL: http://myserver:9000/stream.mp3 (or http://user:password@myserver:9000/stream.mp3, but this is less secure and will cause Safari to display a warning message)
  3. Start iPeng (a remote control application for Squeezebox Server) or any other equivalent application
  4. Add tracks to the player matching your iPhone and play them
I don’t know if it’s the optimal way to do it or not, so any hints or suggestions will be appreciated. In my experience, the main drawback of this method is that Safari buffers a lot of audio before playing it, so expect a long delay (15-30 seconds) when playing a new track. Also, you won’t be able to use Safari to access any other sites. I guess a dedicated streaming client (instead of Safari Mobile) could help, but I don’t know if such an application even exists.

Update (November 27, 2010). There's a streaming client called OPlayer Lite that, according to my experience, buffers about half as much audio as Safari Mobile. I've also just discovered another application called Squeezecast, but it's not free (it's $5.99, which sounds expensive as it apparently still requires iPeng to manage the playlists). Does anybody have any experience with it?

Another "trick" that I'm now using is to connect from my iPhone using the following URL:

http://user:password@myserver:9000/stream.mp3?name=Olivier%27s+iPhone&bitrate=160

The "bitrate" parameter in the URL forces the bitrate to the specified value if the player doesn't exist yet (so you don't have to change it in the settings). The "name" parameter is the name of the player to use or create. That way, your iPhone won't create a new player every time your IP address changes. Unfortunately, that feature is still not supported in Squeezebox Server. There's a feature request for that on bugs.slimdevices.com that has been open since 2005! The good news is that it's pretty straightfoward to patch Squeezebox Server. In the processURL function in Slim/Web/HTTP.pm, add the following lines:

if ($params->{'name'}) {
  $address = $params->{'name'};
  main::INFOLOG && $log->is_info && $log->info("processURL using address=$address");

}

just before:

$client = Slim::Player::Client::getClient($address);


and the following lines:

if ($params->{'name'}) {
  $client->name($params->{'name'});

}

just after:

if ( $params->{userAgent} ) {
  ...
  $client->name( $agent . ' ' . string('FROM') . ' ' . $address );

}

Update (February 9, 2011). iPeng now supports playback (i.e. it can act as a Squeezbox player without any third-party application). The feature is not free (it is available as an in app purchase), but, according to my tests, it is well worth the price ($4.99).

Saturday, May 29, 2010

How I rescued my corrupted RAID 5 array

My setup was the following: four 500-GB drives connected to a Gigabyte GA-8I955X Royal motherboard from 2005 and configured as a RAID 5 array for a total of 1397 GB of usable space. On that motherboard, the RAID 5 functionality was provided by an Intel 955X Express Chipset ("Intel Matrix Storage Technology").

After a few years, the motherboard started to show problems (my PC would reboot randomly, for example). At the beginning, it only happened once every few weeks. My data never got corrupted and the RAID 5 array was always reconstructed when needed. After a while, though, booting my PC became harder and harder (requiring several reboots every time), until I couldn’t boot it at all.

My first attempt at retrieving the data from my hard drives was unsuccessful. I bought another motherboard (the exact same model, of course) from eBay and connected the four drives to it. I naively expected the motherboard to recognize the hard drives as a RAID 5 array and boot from it without any problem. That’s not what happened, though. Instead, the Intel Matrix Storage Manager complained that two of my drives were "Non-RAID Disks" (although it did detect the presence of a RAID 5 array).
That’s when I started panicking. Of course, my most important data was backed up (DVDs, Jungle Disk, etc.), but some of my files were not backed up at all (large audio/video files, downloads, etc.). I contacted Intel for advice, but they were not very helpful. After a few searches on the Web, I decided to try a RAID recovery tool (something I didn't know even existed): the demo/trial version of RAID Reconstructor. Other recovery tools are also available, but that’s the first one I tried.

The idea is to create a BartPE "boot CD-ROM", boot from it, and then let the recovery software analyze the drives and automatically (more or less) detect the RAID parameters (start sector, drive order, block size, etc.). Using that trial version, I was able to view all the files on my hard drives and no error was reported, so I decided to buy the RAID Recovery Bundle (which includes the full version of RAID Reconstructor). It’s pretty expensive, but I guess it’s better than losing all my files...

Using the full version of RAID Reconstructor, I created an image of my RAID array on another hard drive (not a single image file, actually, but a set of more than 2100 688-MB files). I don’t remember how much time that step took exactly. Probably a couple of days at least (!). Files can then be extracted from that image using two different tools: Captain Nemo (if the file system is in good shape) and GetDataBack (if deleted files need to be recovered or if the file system is corrupted).

According to my experience, Captain Nemo and GetDataBack both have bugs/limitations:
  • Captain Nemo (4.20) cannot retrieve files whose full names are longer than 260 characters; every time it tries to extract such a file, it will display an error and wait for the user to choose an option ("Ignore", "Abort", or "Ignore all"). Some large files (a few hundreds megabytes or more) are also incorrectly copied (the resulting file is zero-sized).
  • GetDataBack (4.00) doesn’t have any problem with long file names or large files, but it won’t extract/copy empty folders (not a serious limitation, I admit).
Since I’m a bit paranoid with my data, I chose to extract my files both with Captain Nemo and GetDataBack. I then compared the two sets of files using DiffMerge (GNU diff doesn’t handle large files well, as it apparently tends to load them into memory...) and replaced the zero-sized files extracted by Captain Nemo with the same (correctly sized) files extracted by GetDataBack. I also compared the files from the RAID array with my backups and checked the integrity of a subset of those files (mainly FLAC, JPEG, ZIP, and GZ files) using a small utility I wrote.

The moral of the story is that you should never trust a hard drive or, more generally, the hardware your data depends on (a RAID controller, a motherboard, etc.), as it will always fail, eventually. So, always backup your data. All of it.

Tuesday, May 11, 2010

Les végétariens ne mangent pas de poisson

Il s’agit d’une erreur dont je suis régulièrement témoin. Lorsque j’annonce que je suis végétarien, dans un restaurant ou une soirée, on me demande régulièrement si je mange du poisson. Récemment, j’ai même été témoin d’une discussion, dans le train, durant laquelle quelqu’un prétendait que les végétariens pouvaient manger du poisson et que c’étaient les végétaliens qui n’en mangeaient pas. Véridique.

En réalité, il n’existe pas trente-six définitions de ce terme : un végétarien est une personne qui pratique le végétarisme, c’est-à-dire un système d’alimentation excluant la consommation de chair animale (voir par exemple Wiktionnaire ou Wikipedia). Par “chair animale”, on entend donc la viande rouge, la volaille, le gibier, le poisson, les crustacés, les fruits de mer, etc. Un végétarien peut parfaitement consommer des oeufs ou du lait.

Un végétalien, quant à lui, ne consomme aucun produit d’origine animale. Cela inclut la viande, le poisson, mais aussi les oeufs, le lait, le fromage, le miel, etc.

Il existe des termes un peu plus compliqués pour désigner quelqu’un qui ne mange pas de viande, mais uniquement du poisson, ou qui ne mange pas de viande rouge, mais uniquement de la volaille, par exemple. Il s’agit des termes “semi-végétarien”, “pesco-végétarien” et “pollo-végétarien”, mais, à mon avis, ils ne font qu’ajouter à la confusion déjà existante. Devra-t-on bientôt inventer un mot pour désigner les personnes qui n’aiment pas les choux de Bruxelles ?

J’ajouterais encore (pour répondre à une question qu’on me pose souvent) qu’à ma connaissance, il est difficile d’avoir des carences (protéines, vitamines, etc.) en étant végétarien, si l’on mange de manière équilibrée - ce qui est une condition valable également pour les non-végétariens, bien entendu ! Le végétalisme, quant à lui, est plus problématique (mais pas insurmontable) de ce point de vue. Enfin, on peut être végétarien principalement pour des raisons éthiques (c’est mon cas, à la base), écologiques, économiques ou de santé.

Sunday, November 08, 2009

Non, l'athéisme n'est pas une religion

Récemment, l'émission Le Grand 8 de La Première (Radio Suisse Romande) a diffusé un débat à propos d'une campagne, lancée le mercredi 28 octobre 2009 en Suisse par l'Association Suisse des Libres Penseurs (ASLP), dont le slogan principal est : "Dieu n'existe probablement pas, cesse de t'en faire, profite de la vie". Les invités étaient Eric Jaffrain ("spécialiste en marketing non marchand, a réalisé des campagnes de communication pour les églises") et Pierre Weiss ("vice-président du Parti libéral-radical suisse, sociologue"). Aucun membre de l'ASLP ou athée n'était présent, ce qui est bien regrettable, car ce "débat", à mon sens, ne volait pas très haut.

Il me semble qu'un certain almalgame a été fait entre les appellations "libre penseur" et "athée". J'utiliserai donc par la suite de préférence le terme "athée". Je ne crois pas que cela trahisse l'esprit du débat du Grand 8. Je précise également que je ne suis que très peu familier avec l'ASLP. Voici quelques idées qui ont été évoquées (par M. Jaffrain et M. Weiss) et auxquelles j'aimerais réagir :
  1. L'athéisme est une religion comme les autres. Il suffit de revenir aux définitions de la religion et de l'athéisme pour réaliser qu'il s'agit d'une idée absurde. Le fait qu'une association (l'ASLP, en l'occurence) regroupe des personnes ayant une vision plus ou moins commune de la spiritualité ou, de manière générale, des dogmes, ne suffit pas à en faire une religion. Ou même une secte. Le fait d'avoir affaire à une organisation hiérarchisée (l'ASLP, pas l'athéisme, bien entendu) n'est pas non plus un critère suffisant. Il s'agissait peut-être pour M. Jaffrain d'une manière de ramener un concept étranger et "menaçant" (l'athéisme) à quelque chose de connu. Au final, c'est une preuve d'ignorance ou, tout du moins, de malhonnêteté intellectuelle.

  2. La science n'est rien sans une dimension spirituelle. C'est une idée très courante et un peu naïve, que dénonce en particulier Richard Dawkins, selon laquelle la religion (qui répondrait au "pourquoi") est nécessaire pour éclairer la science (qui répondrait au "comment"). Soit, la science n'est pas habilitée à répondre au "pourquoi", mais la religion ne l'est en réalité pas beaucoup plus. On a souvent tendance à oublier le rôle de la philosophie, qui est parfaitement à même de proposer sinon des réponses, en tout cas des pistes de réflexion autour de cette question du "pourquoi".

  3. L'athéisme ne propose pas de vision à long terme. Je paraphrase et je simplifie, car il était plus question du slogan ("Profite de la vie") que de l'athéisme en général, mais j'ai eu l'impression que tout était mis dans un même sac. L'athéisme répondrait à un besoin contemporain d'hédonisme, de pragmatisme, d'individualisme, etc., alors que la religion permettrait une vision de fond, une vision à long terme. A nouveau, c'est une représentation dualiste et simpliste des choses. La religion n'a pas l'apanage de la "réflexion sur le long terme", loin s'en faut. Je me répète, mais la philosophie, l'éthique et, oui, même la politique ont là un rôle à jouer. Beaucoup plus que la religion.

  4. Cette campagne est un défi pour les croyants. Elle cherche à susciter une réflexion (le terme "probablement", par exemple, est important), mais, présenter les choses ainsi, en parlant de défi, c'est un peu inviter les croyants à s'attacher, coûte que coûte, à leurs croyances. Cela me rappelle la façon dont certains créationistes considèrent les fossiles : un défi lancé par Dieu aux croyants, au lieu d'éléments indiquant que la théorie de l'évolution est valide.

  5. Être athée, c'est nier ses racines spirituelles et historiques. On peut changer de point de vue, de manière de voir le monde, sans "nier ses racines". Je peux être végétarien, par exemple, et accepter que l'homme ait évolué pour devenir omnivore. Les valeurs que partagent la plupart des Suisses (et les "pays occidentaux" en général) ont une origine judéo-chrétienne, mais ces valeurs ne sont pas intrinsèquement liées à la religion, qui n'en a été que le vecteur. Ce dernier point n'est pas une fatalité. L'éthique, par exemple, peut exister indépendemment de la religion (heureusement, on peut être athée et ne pas être automatiquement un criminel assoiffé de sang !). Tout comme la politique peut (et devrait) faire abstraction des questions religieuses (point sur lequel M. Weiss ne semblait pas convaincu).

  6. Avec cette campagne, les athées cherchent à élargir leur part de marché. Ce n'est pas faux, mais c'est une manière plutôt péjorative de présenter les choses. L'athéisme n'est pas une entreprise commerciale. C'est un courant de pensée. Une attitude par rapport à la vie. Comme cela a été mentionné plus haut, cette campagne répond à des campagnes similaires d'associations chrétiennes. Il est presque normal qu'elle utilise les mêmes "armes" (affiches, slogans, etc.).

  7. Les villes ne devraient pas refuser cette campagne, car les croyants ont suffisamment la foi. A nouveau, je paraphrase. Il est positif que M. Jaffrain et M. Weiss soient plutôt "pour" cette campagne de l'ASLP, mais ils devraient l'être pour de bonnes raisons, pas parce que "37% des Suisses prient tous les jours", alors que seuls 11% se déclarent "sans appartenance religieuse". La liberté d'expression ne devrait pas être limitée aux seuls cas où elle ne menace pas le courant de pensée dominant.
Au final, je dirais que l'athéisme mérite mieux que ce genre de "discussions de café du commerce". Je ne suis pas forcément non plus convaincu par le slogan de l'ASLP. Pourquoi avoir choisi la piste de l'hédonisme ? L'athéisme est bien plus que cela. Il est lié à des valeurs humanistes, à la raison, etc. J'apprécie particulièrement les slogans qui ont vu le jour ces derniers mois aux Etats-Unis, qui s'adressent avant tout aux athées et aux agnostiques. "Vous ne croyez pas en Dieu ? Vous n'êtes pas seuls.", par exemple. Une idée pour une prochaine campagne en Suisse ?

Mise à jour (28 novembre 2009). Le blog Friendly Atheist propose une compilation de slogans datant de 2008 et 2009. J'espère que des campagnes similaires atteindront l'Europe (et la Suisse en particulier) un jour.

Wednesday, March 04, 2009

Flagrant délit de manipulation

Il y a quelques jours, sur le parking d'un magasin, mon amie et moi-même avons été abordés par une jeune fille, peut-être une étudiante, nous demandant, sans introduction aucune, ce que nous pensons des jeunes qui "bougent" pour faire avancer leurs projets. "Probablement un sondage", me dis-je. Une question vague dont la réponse est pourtant évidente : nous pensons qu'il est positif que les jeunes s'impliquent dans des projets. Nous exigeons tout de même quelques précisions. Quelles sortes de projets ? Qu'entend-elle par "bouger" ? La conversation est engagée. Notre curiosité est piquée. Malgré nous. S'ensuit un discours assez bien rodé de la part de la jeune fille concernant une nouvelle publication réalisée par de jeunes écrivains et poètes. Qu'il serait bien cruel de décourager, j'imagine. Le numéro n'est pas vraiment bon marché, mais cela n'est pas un problème. En effet, il n'est pas nécessaire d'acheter un abonnement. La jeune fille est souriante et enthousiaste. C'est très efficace.

Je suis certain que, ce jour-là, de nombreuses personnes lui auront acheté ce qu'elle vendait. Et je serais peut-être moi-même tombé dans le "panneau", il y a quelques temps. De peur de décevoir la personne en face de moi. De peur d'être pris pour quelqu'un qui n'encourage pas les jeunes dans leurs projets. De peur de me contredire.

Et c'est bien là le fonctionnement du discours de la jeune fille : amener la personne, "librement", à n'avoir plus qu'un seul choix, celui d'acheter. Durant toute la durée de notre conversation, je n'ai pas cessé de penser à un livre que j'ai lu il y a deux ans et que je ne peux que recommander : Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens, de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois. On y retrouve les mécanismes qu'a utilisés la jeune fille du parking et bien d'autres : dépense gâchée, piège abscons, escalade d'engagement, effet de gel, amorçage, leurre, porte-au-nez, pied-dans-la-porte, pied-dans-la-bouche, pied-dans-la-mémoire, toucher, crainte-puis-soulagement, étiquetage, mais-vous-êtes-libre-de, etc.

Les techniques de manipulation sont nombreuses. Certaines sont évidentes. D'autres sont plus subtiles. Toutes sont régulièrement utilisées quotidiennement, en management ou en marketing, bien entendu, mais aussi, de manière plus générale, dans toutes les relations humaines. Nous n'en sommes tout simplement pas toujours conscients, car nous sommes tous des manipulateurs.

Alors, à quand remonte la dernière fois que vous avez été manipulés ?

Saturday, November 01, 2008

"Little Miss Lover" sample in "Tick, Tick, Bang"

This is old news, but, a few days ago, I was listening to Jimi Hendrix's "Axis: Bold as Love" album for the first time in my life (yes, I know: shame on me) and it struck me: I had already heard the drum introduction to "Little Miss Lover" (MP3 excerpt) somewhere. Once again and as it was the case with Roger Limb's "Passing Cloud" track, I heard it in a Prince song, "Tick, Tick, Bang" (MP3 excerpt), from the "Graffiti Bridge" album, released in 1990. You can clearly hear Mitch Mitchell's drums throughout Prince's song. As you can expect from Prince, the sample is not credited.

Note that you can hear the sample more prominently in the 1989 unreleased version of "Tick, Tick, Bang" (MP3 excerpt), as most of the extra instrumentation is missing. As for the 1981 unreleased version (MP3 excerpt), it uses live drums instead of a sample.

Any other interesting samples I've missed?

Monday, September 01, 2008

Rivella Jaune + Ragusa Noir = ?

La Suisse est un pays calme et il en faut peu pour avoir l'impression de vivre une révolution. Je suis pourtant relativement hermétique à la publicité, lis très peu les journaux et ne regarde presque jamais la télévision, mais il m'a été impossible d'ignorer ce qui pourrait bien être l'évènement majeur de la fin du mois d'août en Suisse : l'introduction sur le marché du Rivella Jaune et du Ragusa Noir. Tout le monde en parle, je n'ai pas pu y résister : il m'a fallu y goûter. Résultat des courses : contrairement à la fondue pour micro-ondes, le Rivella Jaune et le Ragusa Noir sont parfaitement comestibles. L'honneur est sauf. À quand le nouvel Ovomaltine ou le nouveau Cenovis ?